Tour de France 2026 : les 10 cols et ascensions qui feront basculer la Grande Boucle
- Quentin Durand

- il y a 3 heures
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54 450 mètres de dénivelé positif, cinq massifs traversés, cinq arrivées en altitude. Le Tour de France 2026 ne fait pas semblant. De Barcelone à Paris, la 113e édition de la Grande Boucle a été construite comme une montée en puissance progressive, des Pyrénées aux Alpes, en passant par le Massif central, les Vosges et le Jura. Au programme : des cols mythiques, des sommets inédits, et une dernière semaine qui s'annonce comme l'une des plus exigeantes de l'histoire récente. Voici les dix ascensions que les prétendants au maillot jaune ont cochées sur leur calendrier.

1. Col du Tourmalet (2 115 m), Étape 6, jeudi 9 juillet
17,1 km à 7,3 % depuis Sainte Marie de Campan

Le monument. L'incontournable. Le col le plus emprunté de l'histoire du Tour de France. Depuis Sainte Marie de Campan, la montée s'étire sur 17 kilomètres dans un décor minéral qui s'ouvre progressivement jusqu'au passage à 2 115 mètres. Régulier par portion, il monte en puissance au fil des kilomètres, avec des sections à plus de 10 % dans la partie haute. Le vent au sommet peut y être dévastateur.
En 2026, le Tourmalet s'inscrit dans l'enchaînement Aspin, Tourmalet, Gavarnie, sur 186 kilomètres au départ de Pau. Christian Prudhomme le présente comme "la plus sélective des étapes pyrénéennes". Une explication entre les grands favoris est plausible ici, avant les 40 kilomètres de final vers Gavarnie. L'histoire du Tour s'écrit depuis 1910 sur ses pentes. Elle continuera en 2026.

2. Col d'Aspin (1 489 m), Étape 6, jeudi 9 juillet
12 km à 6,5 % depuis Sainte-Marie-de-Campan

Mis en bouche, l'Aspin ? Sur le papier, oui. Dans les jambes, c'est une autre affaire. Douze kilomètres à 6,5 % de moyenne, réguliers, propres, avec une vue ouverte sur la vallée d'Aure qui offre des panoramas splendides au gré des clairières. Un col qui permet un rythme soutenu, une première sélection dans le peloton, et qui sert traditionnellement de révélateur discret.
Ce qui rend l'Aspin redoutable en 2026, c'est son positionnement. Premier col de l'étape, avant le Tourmalet et Gavarnie. Celui qui n'est pas dans le bon groupe ici risque de ne jamais revenir dans les deux ascensions suivantes. Un col de mise en condition qui peut décider d'une journée entière.

3. Gavarnie-Gèdre (1 380 m), Étape 6, jeudi 9 juillet - Arrivée inédite

18,7 km à 3,7 %, décor classé UNESCO
Jamais le Tour n'était arrivé ici. Le cirque de Gavarnie, site naturel classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, accueille pour la première fois la Grande Boucle. La montée est longue, roulante, à 4 % de moyenne sur 18,7 kilomètres, mais une pente traîtresse qui use les jambes déjà chargées par l'Aspin et le Tourmalet. Par endroits, la route se raidit jusqu'à 7 %, sans prévenir.
Le décor est à couper le souffle : falaises monumentales de 1 700 mètres, chutes d'eau, cirque glaciaire, silence de haute montagne. Si les favoris se sont neutralisés au Tourmalet, une échappée matinale jouera ici sa victoire d'étape dans un cadre que le Tour n'avait encore jamais offert.

4. Le Markstein (900 m), Étape 14, samedi 18 juillet - Arrivée
Par le col du Haag

Les Vosges ne font peur à personne, dit-on. Et pourtant, l'étape 14 entre Mulhouse et Le Markstein s'annonce comme un piège en règle. Cinq ascensions au programme : Grand Ballon, col du Page, Ballon d'Alsace, col du Hundsruck, avant le col du Haag — inédit sur le Tour — pour finir au Markstein, station vosgienne à 900 mètres. Des pourcentages modestes sur le papier, mais une accumulation d'efforts qui peut faire exploser les organismes en manque de fraîcheur, à la veille du deuxième jour de repos.
Une étape pour puncheurs et baroudeurs, qui pourrait sourire à un profil atypique ou offrir une belle journée de spectacle populaire dans les Vosges.

5. Plateau de Solaison (1 947 m), Étape 15, dimanche 19 juillet - Arrivée inédite

11,3 km à 9,1 % depuis Bonneville, route étroite de bout en bout
La grande nouveauté des Alpes. Le Plateau de Solaison n'a jamais figuré sur le Tour de France, et sa réputation dans le Critérium du Dauphiné suffit pour comprendre ce qui attend le peloton. Onze kilomètres et des poussières à 9,1 % de moyenne, sur une route étroite, sans aucun répit, dans le massif des Bornes au-dessus de Bonneville. Hors catégorie, violent, sauvage.
L'étape sera précédée du Salève par son versant le plus court et le plus raide (4,2 km à 11,2 %) puis de la côte d'Arbusigny, non répertoriée mais épuisante. À la veille du deuxième jour de repos, cette montée inédite pourrait creuser des écarts décisifs. Le lac Léman en toile de fond pour couronner le tout.

6. Orcières-Merlette (1 838 m), Étape 18, jeudi 23 juillet - Arrivée

7,3 km à 6,7 % depuis Gap, 1re catégorie
Station des Hautes-Alpes perchée dans le massif des Écrins, Orcières-Merlette a une histoire avec le Tour. En 1971, Luis Ocaña y avait humilié Eddy Merckx dans une étape légendaire. En 2026, elle revient au programme après une longue absence. La montée finale de 7,3 kilomètres à 6,7 % depuis Gap n'est pas la plus difficile des Alpes, mais le contexte change tout : une étape de grimpeurs-baroudeurs depuis Voiron, avec la côte d'Engins et la montée de Monteynard au programme, suffira à charger les jambes avant le final.
Une station intimiste, un panorama sur les Écrins, et une arrivée qui rappellera à tous que les Alpes du Sud savent aussi organiser un spectacle.

7. Col de la Croix de Fer (2 067 m), Étape 20, samedi 25 juillet

29 km depuis Allemont, 5 600 m de dénivelé sur la journée
Premier acte de l'étape la plus montueuse du Tour 2026, celle que Prudhomme lui-même qualifie de "plus grosse étape de montagne avec 5 600 mètres de dénivelé positif". La Croix de Fer par le versant d'Allemont et la vallée de l'Eau d'Olle est une ascension monumentale : longue, alternant rampes soutenues et passages plus roulants, elle devient plus sauvage et aérée dans sa partie haute. Le panorama sur les Aiguilles d'Arves et le massif de Belledonne est parmi les plus beaux des Alpes françaises.
Dans le contexte de cette étape, la Croix de Fer est le premier morceau d'une trilogie Croix de Fer, Galibier, Sarenne, Alpe d'Huez. Celui qui l'aborde avec légèreté le paiera cher dans les cols suivants.

8. Col du Galibier (2 642 m), Étape 20, samedi 25 juillet — Toit du Tour

Depuis le Télégraphe : 35 km combinés, sommet à 2 642 m
Le toit du Tour 2026. Le Galibier, c'est l'altitude pure, l'air qui se raréfie, les jambes qui ne répondent plus comme au départ. Après le Télégraphe depuis Saint-Michel-de-Maurienne, le col enchaîne sur 18 kilomètres supplémentaires avec une pente moyenne qui s'intensifie dans les derniers hectomètres avant le sommet. Le décor est alpin dans tout ce qu'il peut offrir de plus grandiose.
Le Galibier a vu passer les plus grands. Coppi, Merckx, Hinault, Indurain, Armstrong, Contador, Froome. Il a écrit certaines des pages les plus mémorables de l'histoire du cyclisme. Sur l'étape la plus longue et la plus dénivelée du Tour 2026, il jouera son rôle habituel : décimer, sélectionner, isoler.

9. Col de Sarenne (1 999 m), Étape 20, samedi 25 juillet

12 km à 6,9 % depuis Mizoën, route étroite et confidentielle
Le col de Sarenne est une porte dérobée vers l'Alpe d'Huez. Emprunté par le Tour une unique fois en 2013, dans le sens de la descente, il sera gravi pour la première fois en 2026 comme voie d'accès finale vers la montagne aux 21 Virages. Douze kilomètres à 6,9 % de moyenne sur une route étroite, sauvage, avec des pâturages et des panoramas suspendus au-dessus du lac de Chambon. Terrain vierge, histoire à construire.
Après la Croix de Fer et le Galibier, avec l'Alpe d'Huez en ligne de mire, le col de Sarenne sera le dernier juge de paix avant la montée finale. Un col confidentiel qui joue un rôle historique.

10. Alpe d'Huez (1 850 m), Étapes 19 et 20, vendredi 24 et samedi 25 juillet — Double ration

13,8 km à 8,1 %, 21 virages, 8 fois au programme en 2026
La Montagne aux 21 Virages. L'Alpe d'Huez ne se présente plus. Grimpée deux fois lors de ce Tour 2026, elle sera l'arrivée de l'étape 19 le vendredi, puis le sommet final de l'étape 20 le samedi après le Galibier et le Sarenne. Double ration pour un col qui n'a jamais besoin d'en faire plus pour impressionner.
Treize kilomètres à 8,1 % de moyenne, 21 virages numérotés et baptisés au nom des vainqueurs d'étapes, une atmosphère incomparable dès lors que les supporters hollandais envahissent le virage 7. Un dénivelé de 1 071 mètres depuis Le Bourg-d'Oisans.





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