Top 10 des grimpeurs : Gilberto Simoni, héro du Giro

Certains nomsrestent gravés dans l'histoire du cyclisme. Si Gilberto Simoni n'est pas forcément le nom qui vient immédiatement en tête des férus de vélo lorsqu'on parle de grimpette, quand on l'évoque, on se dit "Mais oui, Simoni!". L'italien a marqué ce siècle part sa classe racée de pur grimpeur. Il reste de lui une image noble malgré un passé sulfureux. Sa réussite sur le Giro avec sa double victoire (2001,2003) et ses envolées vers les cimes déposent logiquement Simoni 5ème de notre Top 10 des meilleurs grimpeurs du 21ème siècle.


Né en 1971 à Palù di Giovo, dans la province montagneuse du Trentin en Italie, le petit Gilberto dit "Gibo" était déjà destiné à briller sur le Giro. Dès son plus jeune âge, il remporte le Baby Giro 1993 face à des coureurs amateurs italiens allant jusqu'à 27 ans. A la fin de sa carrière, il révèle au célèbre journal Gazzeta dello Sport : "c'est le Giro qui m'a amené au cyclisme quand j'étais enfant, c'était mon rêve ». Un histoire d'amour qui naissait et qui n'allait cessé de grandir au rythme du pédalage en Montagne.


Pourquoi lui : Prophète en son pays


Sa première grande victoire (et une des seules hors de ses frontières) a lieu sur le Tour de Suisse en 1999. Il gagne en costaud devant l'un de ses plus grand rival Francesco Casagrande lors d'une épique étape de montagne avec son arrivé à Grindelwald.


Mais c'est bien sur le Giro le 28 Mai 2000 qu'il ouvre son compteur au 21ème siècle après une étape passant par le Passo di Gavia et ses 17km à presque 8%. Il règler sur la ligne Mazzoleni, Casagrande (encore) et Belli. Rien de plus normal pour ouvrir son bal des montagnes que le faire sur ses terres, et sur sa course favorite.


Gilberto Simoni a eu comme terre de prédilection son Italie natale, comme la plupart des coureurs nationaux. Sa réussite majeure s'est portée sur son Tour national avec 7 podiums consécutifs dont 2 victoires finales sur le Giro entre 2000 et 2006. Il finira d'ailleurs 3ème en 1999 et 4ème en 2007. Au cours de sa carrière, il a était 24 fois sur le podium en GT sur la botte italienne.

Ses réussites en classement général, Simoni les doit surtout à ses talents de grimpeurs. Incapable de développer les watts nécessaires en chrono, il a dû s'employer en montagne.


Au final Simoni aura dompté les plus gros cols Italien dont 2 fois le terrible Zoncolan mais aussi Bormio ou autre Alpe Pampeago. En tout, ce sont 14 victoires en montagne dont 7 sur les Grands Tours, Grâce à ses aptitudes à grimper, Simoni a aussi ramené deux maillots de meilleur grimpeur à Rome en fin de Giro.


A son palmarès, on compte également une étape de Paris Nice.. au sommet du Mont Faron bien évidemment !


Sa plus belle envolée


Le 23 Mai 2003, la 12ème étape du Giro marque l'arrivée d'un "grand" nouveau, le Zoncolan. Malgré les reconnaissances, personne ne sait vraiment l'impact que ce géant aura sur la course. Au pied, le groupe des favoris est toujours réuni avant d'entamer les 13km à plus de 8% avec des parties à plus de 20% sur le haut. Gilberto porte sur son dos le maillot rose et son joli cuissard fleuri fièrement arboré par dessus son inimitable rouge Saeco.


C'est dans les 3 derniers kilomètres où les pourcentages sont les plus raides que Gibo porte son coup de grâce dans le groupe des favoris comportant les grands grimpeurs italiens de l'époque : Casagrande, le revenant Pantani, Scarponi, Frigo et Garzelli. Sur le haut du col du Frioul, la giclette aérienne de Gibo, debout sur ses pédales comme il aimait le faire, asphyxie ses adversaires. Une première attaque, puis une deuxième qui sème le glas de Casagrande et Garzelli, assis sur leurs selles, seuls à pouvoir limiter la casse. En danseuse dans les pentes vertigineuses alors que ses rivaux piochent à en trouver du pétrole, Simoni creuse l'écart. Le petit mais grand grimpeur de la Saeco termine avec 34 secondes d'avance sur son compatriote proche du malaise, Garzelli. Le maitre a fait parlé la poudre.


Trop irrégulier en dehors des frontières


Ce qui a pu manqué à Gibo pour finir un peu plus haut de notre classement, c'est une certaine régularité en dehors de son pays. Aérien en Mai sur le Giro, il n'a jamais trouvé son coup de pédale sur les autres territoires. Il n'a d'ailleurs qu'une victoire sur le Tour et aucun podium d'étape. Ses prestations étaient loin du potentiel de pur grimpeur affiché sur le Giro. Son meilleur classement reste une anecdotique 17ème place au général. Sur la Vuelta, il aura réussi quelques coups d'éclats sans véritablement peser sur la course, même lorsque la pente s'élevait. Son envie et sa détermination envers son Giro bien aimé lui faisait peut être pousser des ailes. Son passé noir en lien avec les produits dopants nous font également penser que Gilberto préparait au mieux cette course au détriment du reste. Il n'en reste pas moins un tacticien hors pair. et un des meilleurs grimpeurs de ce siècle.


Vidéo de Simoni sur le Zoncolan en 2003 = https://www.youtube.com/watch?v=KZQtysu6Src


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