Portrait : Juan Ayuso, le digne héritier

Après une demi saison de découverte, Juan Ayuso va attaquer sa première saison pleine chez UAE Team Emirates. L'Espagnol est vu comme le digne héritier de Valverde et Contador en terre ibérique. Décryptage d'un des plus grands talents du peloton.


Après avoir signé l'été dernier chez UAE Emirates pour juillet 2021, Juan Ayuso a fini ses gammes dans l'une des meilleures équipes de formation, la Colpack-Ballan. Cinq mois de compétition qui lui ont permis de se confronter à l'élite des jeunes coureurs, avant de rejoindre le monde professionnel. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas fait dans le détail.


Un avenir tout tracé ?


Si UAE Emirates a choisi de saisir l'opportunité de recruter Juan Ayuso, c'est bien parce que celui-ci est naturellement doué. Chez les juniors, il écrase de nombreuses courses. Plus que ses victoires, sa régularité sur chaque épreuve marque les esprits, peu importe le profil.


Sa saison 2021 au sein de la formation Colpack-Ballan n'a fait que confirmer ce que l'on imaginait de lui. Un coureur extrêmement polyvalent et affamé de victoires. Après une entrée en matière intéressante sur la Settimana Coppi e Bartali, dans laquelle il signe deux top 10, au milieu des nombreux coureurs pro, il écrase toutes les courses espoirs auxquelles il participe. Ayuso est comme chez lui, en Italie. Il ne fait qu'une bouchée de ses adversaires sur le Tropheo Piva et récidive 10 jours plus tard, sur le Giro del Belvedere. Le clou du spectacle n'est autre que le Baby Giro, dans lequel il remporte trois victoires d'étape, dont deux étapes vallonnées et une de haute montagne. Deux fois sur trois, il finit en solitaire, avec environ une minute d'avance. Au classement général, il domine Johannessen, futur vainqueur du Tour de l'Avenir 2021, de presque trois minutes. Maillot jaune, maillot vert, maillot à pois et maillot blanc. L'ogre Ayuso a marché sur ses adversaires. De quoi lui donner un surnom déjà utilisé par le passé, "El Imbatido" ? Malheureusement, sa chute sur le Tour de l'Avenir nous a privé d'une nouvelle potentielle démonstration.


Son intégration est très bonne, chez UAE Team Emirates, comme il l'a expliqué via diariodeltriatlon - "Il y a de bonnes vibrations dans l'équipe" - et notamment son entente avec Pogacar :" Nous nous entendons très bien, c'est un garçon très respectueux. Il sera à mes côtés pendant quatre ans, est encore très jeune et me respecte beaucoup, ce que j'apprécie."


Un passé à honorer


Dans la lignée des grands coureurs espagnols, surtout dans un passé récent, Ayuso doit être le successeur des Valverde, Rodriguez et Contador, dominateurs durant plus de 10 ans. Entre 2006 et 2017, l'Espagne a globalement dominé le cyclisme mondial, monopolisant la tête du classement UCI avec Contador (x1), Rodriguez (x3) et Valverde (x5). Elle fut aussi la meilleure nation pendant plusieurs années et a collectionné les grands succès, que ce soit sur les GT grâce à Contador ou sur les Classiques avec Valverde voir Rodriguez.


"Je veux être au sommet de mon sport" - Juan Ayuso

Seulement voilà, El Pistolero et Purito sont partis et il ne reste plus que l'éternel El Imbatido, à 41 ans. Le Murcien est pourtant toujours le meilleur coureur, et de loin, de sa nation et voir Ayuso récupérer le flambeau serait vu de notre part comme un symbole d'un Imbatido marchant sur les traces d'un autre. Car depuis quelques saisons, la relève peine à suivre. Marc Soler a déçu et l'on attend maintenant l'explosion de Carlos Rodriguez, chez Ineos Grenadier. Juan Ayuso, lui, n'attendra pas. Dès l'an prochain, nous pourrions le voir lever les bras, à la manière des débuts fracassants d'Evenepoel et Pogacar. Le jeune coureur UAE est encore plus jeune, mais sa soif de victoire est tout aussi abondante. Il devrait en outre avoir un calendrier assez ouvert, sans Grand Tour, pour prendre de l'expérience et décrocher des victoires dès que possible, tout en ciblant ses limites actuelles, s'il y en a.


Un profil entre Valverde et Contador


Comme souvent, lorsqu'un jeune arrive, les comparaisons vont bon train. Beaucoup s'accordent à dire qu'il y a une ressemblance avec Alberto Contador. Excellent grimpeur comme El Pistolero, il n'en est pas moins un excellent puncheur et possède une très bonne pointe de vitesse. Pour nous, s'il lui ressemble dans le style, il se rapproche davantage d'un Valverde dans ses caractéristiques. Il est d'ailleurs capable de réaliser des finishs assez long, à la manière du Murcien. D'ailleurs, la jeune pépite se reconnaît en Valverde : "Je pense que je me défend bien en montagne mais je suis aussi très explosif. Alejandro a montré tellement de choses pendant tant d'années. C'est vrai que j'ai certaines similitudes avec lui mais j'ai mon propre style et les gens le verront lors des courses."


Ayuso est Ayuso. Peut-être aura-t-il une carrière aussi grande que ses illustres prédécesseurs. Parviendra-t-il à faire mieux que Valverde sur les Grands Tours ? On le pense. Fera-t-il mieux que Contador sur les Classiques ? Sans aucun doute. Son terrain de jeu sera la montagne mais aussi les courtes côtes, ce qui fait que son champ d'action est immense et ses possibilités de victoire tout aussi grandes. On a maintenant hâte de le voir courir en 2022 afin de découvrir un nouveau grand talent sous nos yeux.


Calendrier 2022 :


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