Dylan Groenewegen - Unibet Rose Rockets : " J'ai toujours le sentiment d'être parmi les plus rapides en 2026"
- Titouan Lallemand
- il y a 17 minutes
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C'est un des mouvements les plus sympas du mercato 2025. Dylan Groenewegen, 32 ans et 6 fois vainqueur d'étape sur le Tour de France, a rejoint l'équipe Unibet Rose Rockets en Pro Teams. Un énorme coup de la part de Bas Tietema, le directeur et fondateur de cette jeune formation, qui espère ainsi découvrir le Tour de France en 2026. Le sprinteur néerlandais s'est confié à Vélofuté pour une interview sur les raisons de son choix, ses objectifs ou encore la singularité de sa nouvelle formation. Entretien.

Très heureux d'avoir rejoint Unibet Rose Rockets, Dylan Gronewegen se prépare à débuter sa saison en Espagne, à Valence. Confiant et en forme, il se pense toujours être parmi les sprinteurs les plus rapides du monde et reste ambitieux grâce aux moyens mis à disposition dans sa nouvelle équipe, avec notamment la présence de Marcel Kittel.
Dylan Groenewegen - Unibet Rose Rockets : " J'ai toujours le sentiment d'être parmi les plus rapides en 2026"
Dylan, tu as gagné une étape du Tour de France il y a à peine un an et demi, et aujourd’hui tu cours pour une Pro Teams alors que tu pouvais sans doute rester en World tour. Qu’est-ce qui t’a motivé à faire ce choix ?
C’est un ensemble de nouveautés qui m’a motivé, notamment l’arrivée de nombreux jeunes coureurs. Ça me stimule beaucoup. L’équipe est très patiente, ce qui est vraiment appréciable, et elle fonctionne un peu différemment des autres, notamment au niveau des médias. Tout cela me motive énormément.
Ils veulent aussi vraiment mettre en place une excellente équipe de sprint, ce qui est très important pour moi. Ça me stimule lors des entraînements et des réunions de sprint avec Marcel Kittel. L'avoir à mon côté est une chance. Tout cela contribue à faire de grands progrès, aussi bien individuellement qu’au sein de l’équipe. Ils ont beaucoup progressé et c’est vraiment génial d’y contribuer. C’est surtout ça qui me motive.
D’autres équipes étaient intéressées par ton profil ?
Oui, certaines équipes étaient intéressées. Mais j’ai eu de très bonnes discussions avec Unibet Rose Rockets, et pour moi il était vraiment évident que je prendrais ma décision en leur faveur.
Nous voulons progresser ensemble, étape par étape, en construisant un excellent train de sprinteur. Travailler avec Marcel pour donner le meilleur de moi-même et trouver de nouvelles sources de motivation à l’entraînement, par exemple en faisant des sprints avec un coéquipier, c’est très motivant. Cette équipe m’offre une excellente opportunité pour donner le meilleur de moi-même.
Qui sera ton lanceur principal cette saison ?
Il n’y aura pas un seul lanceur, mais plutôt trois ou quatre coureurs capables d’assurer ce rôle. Elmar Reinders aura par exemple un rôle très important dans ce secteur. Il est arrivé après Jacob Müller et a rejoint l’équipe Rockets. Il est vraiment important pour nous.
Rory Townsend a aussi beaucoup d’expérience. Il est professionnel depuis de nombreuses années, il sait ce qu’il a à faire et a déjà travaillé avec des sprinteurs. Il a d’ailleurs remporté le Tour de Hambourg l’an dernier. C’est un coureur très agile qui sait parfaitement gérer les fins de courses.
Nous avons aussi des jeunes coureurs. Il faudra voir en course comment ils se comportent, comment ils anticipent les différentes phases. Je pense que nous avons une équipe vraiment solide et beaucoup d’options. Cela changera parfois selon les courses, mais nous avons un très bon groupe.
"L'équipe média qui nous entoure est beaucoup plus importante!"
Peux-tu nous parler de l’ambiance au sein de l’équipe ? Qu’est-ce qui est différent par rapport à tes expériences précédentes, comme chez Jayco ou Visma-Lease a Bike ?
Ce qui est vraiment différent, c’est l’équipe média qui nous entoure. Elle est plus importante que dans la plupart des équipes. C’est un peu différent, mais tout est très positif.
On constate aussi que les effectifs ont beaucoup augmenté, que ce soit chez les mécaniciens, les entraîneurs, les directeurs sportifs ou les préparateurs physiques. J’ai l’impression que tout a doublé par rapport à l’année dernière. L’équipe est très équilibrée, avec des coureurs expérimentés et des jeunes qui ont soif de progression. C’est un excellent mélange, chacun se soutient et cela permet d’atteindre un niveau supérieur. C’est vraiment positif.
Comment s’est passé ton hiver et comment te sens-tu actuellement ?
Ça s’est très bien passé. Je me sens bien et tout semble aller dans la bonne direction, surtout en ce qui concerne les sprints. Nous avons eu d’excellentes réunions, de bonnes séances d’entraînement et de très bons stages. Je suis content de notre niveau actuel.

Quel est ton principal objectif pour cette saison ? Le Tour de France n’est pas encore officiellement certain, même si on imagine que l'équipe sera invité, notamment grâce à sa licence française.
Il faut encore attendre certaines confirmations, bien sûr, mais cela ne change pas vraiment nos plans car nous avons établi un programme jusqu'au Tour. Le calendrier est déjà établi, notamment pour les mois de mai et juin. Si Tour de France il y a, ça ne changera rien à la première partie de saison.
Mon objectif est simple : donner le meilleur de moi-même et avoir le sentiment, au départ d’une course, d’être parmi les plus rapides. Pour l’instant, j’ai ce sentiment. Maintenant, c’est à moi de le prouver en course.
Peux-tu nous dire à quelles courses tu participeras en première partie de saison ?
Je commence en Espagne le 25 janvier à Valence. Ensuite, je vais à Palma pour faire les courses aux profils "plats". Puis direction l'Etoile de Bessèges, avant de retourner en Espagne pour la Clasica Almería.
Ensuite, nous irons en Belgique pour le GP Monséré, le nouveau nom de Panne (Ronde Van Brugge). Le nom exact n’est pas encore très clair pour moi [Rire] et Scheldeprijs.
Avant cela, il est possible que je fasse Kuurne-Bruxelles-Kuurne, mais il faut encore vérifier si c’est bien intégré au calendrier. Après le Grand Prix de l’Escaut, il y aura une petite pause, puis nous irons à Dunkerque avant le Tour de Grèce. Le programme est chargé, mais intéressant.
Être sprinteur est un métier à haut risque. Penses-tu encore à tes chutes quand tu lances un sprint ?
Non, heureusement. Le sprint et le vélo en général peuvent être dangereux, avec parfois des chutes violentes, mais la plupart du temps on ne perd qu’un peu de peau. Je ne pense pas aux accidents ou à ce genre de choses sinon c'est fini, tu n'avances plus.
Comment abordes-tu mentalement un sprint ?
Avec une réunion productive avant la course, en connaissant bien le parcours et le final. Ensuite, on se met un peu la pression, avec l’envie de gagner, et on voit ce qu’on peut faire avec le train de sprinteurs dans les derniers kilomètres.
Tu as remporté 77 victoires dans ta carrière, dont six étapes du Tour de France. Quels sont tes objectifs pour la fin de ta carrière ?
C’est difficile à dire, mais évidemment, j’aimerais gagner encore beaucoup de courses. Si je participe au Tour de France, remporter d’autres étapes sera un objectif majeur. J’en ai déjà six, c’est très bien, mais j’aimerais continuer. L’objectif est aussi de marquer l’histoire avec cette équipe.
La barre des 100 victoires est-elle réaliste ?
Oui, je pense que c’est possible. Atteindre une centaine de victoires serait un très bel objectif, et remporter encore une étape du Tour de France serait vraiment génial. Mais il faut d’abord bien commencer la saison et donner le meilleur de nous-mêmes. Gagner à nouveau serait déjà très bien.
"Le Tour de France reste la plus belle course pour moi !"
Tu n’as jamais gagné d’étape sur le Giro ou la Vuelta. Est-ce un objectif ?
Oui, bien sûr, mais cela dépend aussi des invitations et des programmes. La Vuelta est souvent assez difficile, surtout en début de course. Le Giro serait également une belle opportunité, tout comme la Vuelta. Remporter une étape dans chaque Grand Tour serait quelque chose de spécial. Mais pour moi, la plus belle course de l’année reste le Tour de France. Quand j’étais jeune, je rêvais de le voir courir. C’est de loin la plus grande course au monde.
Quel est ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?
Difficile à dire, car chaque victoire a son histoire. Quand j’étais enfant, je rêvais de gagner une étape du Tour de France. Puis, en devenant sprinteur, mon rêve était de gagner sur les Champs-Élysées. Et je l’ai fait. Chaque victoire sur le Tour a sa propre histoire, donc c’est difficile d’en choisir une seule.
Merci Dylan et bonne saison à toi et ta nouvelle équipe.
Retrouvez notre présentation de l'équipe Unibet Rose Rockets dans notre Guide de la saison 2026






