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Lotto-Dstny, un projet qui monte en 2024

Descendue en Pro Tour fin 2022 après 8 saisons en World Tour, la formation Lotto-Dstny s’est transformée pour retrouver le top 10 mondial dès 2024. Grâce à son directeur Stéphane Heulot et la richesse de son équipe de développement, l’équipe belge est lancée dans un projet clair et ambitieux. Analyse.


Lotto Dstny, direction le world tour en 2026

Parfois, les échecs sont la source des réussites. Tomber de haut permet de mieux se relever et entamer une nouvelle ère. Lotto-Dstny en est le parfait exemple. Reléguée du World Tour fin 2022 après avoir terminé à la 19e place du classement UCI, la formation belge payait des mauvais choix et la défaillance de certains leaders. Un an et trois mois après cette relégation, les Belges pointent à la 9e place UCI, avec 6 000 points d’avance sur le 18e, et semblent plus que bien partis pour retrouver la première division. Une transformation totale.


Revenons en septembre 2022. Le manager général John Lelangue annonce son départ de l’équipe, qui s’appelle alors Lotto-Soudal. Arrivé fin 2018, le Belge revient à son métier d’origine en prenant la tête de l’organisation du Tour de Pologne. Alors que l’équipe est en pleine lutte pour le maintien, ce départ est vu comme une fuite de celui qui a contribué à la chute de cette formation historique. En cause notamment, des transferts très coûteux : ceux de John Degenkolb et Philippe Gilbert, arrivés à 31 et 38 ans, et qui ont rapporté 3 victoires en 2 et 3 saisons en Belgique. Bref, Lelangue incarne pour beaucoup cette descente aux enfers.


Stéphane Heulot, un nouveau directeur aux décisions fortes d’entrée


A cela s’ajoute un changement de sponsor titre qui interroge : nommée Lotto-Soudal depuis 2015, la Lotterie Nationale Lotto, propriétaire de la structure, voit Soudal quitter le navire pour rejoindre l’équipe rivale QuickStep de Patrick Lefévère. Une perte compensée par l’entreprise Dstny, une société de télécommunication nouvelle dans le sponsoring sportif. Financièrement, la donne semble quasi identique : le budget pour 2023 était estimé à 17 millions d’euros par le Het Laatste Nieuws, contre 16 millions les années précédentes. Mais ces accords ont été officialisés en février 2022, bien avant la fin de saison. « Si j’avais su en janvier ce que je savais en mai, je ne pense pas que j'aurais signé ce contrat de sponsoring », a lâché en octobre Daan de Wever, patron de Dstny. Bref, la situation était tout sauf agréable et il fallait rapidement relever le navire pour retrouver le WT. Et notamment un capitaine pour le piloter.



La formation belge a utilisé une méthode peu commune dans le monde du vélo, mais répandue dans les grandes entreprises : un cabinet de recrutement. Si des noms fuitent, c’est finalement le Français Stéphane Heulot qui est l’heureux élu et devient le premier manager non-Belge de la formation, le 22 décembre 2022. Une nomination surprise pour l’ancien dirigeant de Saur-Sojasun, alors directeur de sa société de coaching d’entreprises. « J’étais très surpris d’être sollicité », nous confiait le Français en mai dernier. « J’ai reçu beaucoup de messages du type ‘bon courage’, ‘pas facile comme projet’. Mais malgré ça, j’avais beaucoup d’enthousiasme, car j’aime beaucoup la philosophie de Lotto, de ce projet global, avec beaucoup de ficelles à tirer », poursuivait-il. Heulot a directement pris deux décisions fortes : élargir l’effectif à 28 coureurs en signant Jarne Van de Paar et Alec Segaert de l’équipe de formation, et sortir des « mono-stratégies » en faisant comprendre aux traditionnels équipiers qu’ils devaient eux aussi penser à aller chercher des points. Deux leviers avec des effets positifs à court terme, puisque dès le mois de mars, Lotto-Dstny était 8e au classement UCI.


Prolonger les leaders et s’appuyer sur l’équipe de développement


Mais le gros chantier de Heulot était de construire un effectif capable d’enchainer et de monter en World Tour fin 2025. Il avait un plan précis en tête, à commencer par la prolongation du prodige maison Arnaud De Lie, en fin de contrat en 2024. « On ne veut pas construire une équipe autour de lui, mais avec lui. […] C’est une priorité : nous sommes une équipe belge, Arnaud est Belge, il a un talent de folie », ne cachait pas Heulot. Et cet objectif a été rempli en ce début 2024, avec l’annonce de la prolongation du Taureau de Lescheret jusqu’en 2026. Mais De Lie n’était pas le seul coureur à prolonger, puisque d’autres gros scoreurs arrivaient en fin de contrat fin 2024. « On a de grands talents, comme Maxim Van Gils, Lennert Van Eetvelt, et dans la dévo aussi, on a plein de jeunes qui seront bientôt des références », terminait Heulot. Effectivement, les deux jeunes Belges, eux aussi formés dans la maison Lotto, sont des coureurs importants. Le 1er a d’ailleurs rapporté près de 10% des points de l’équipe en 2023 et son début de saison tonitruant, avec 1 victoire en Andalousie et deux top 10 d’envergure sur les Strade Bianche et Milan-San Remo montrent qu’il n’a pas encore atteint son plafond. Le second a lui entamé 2024 pieds au plancher avec 3 victoires, dont le général de l’UAE Tour après un succès en costaud sur l’étape reine face à des habitués des sommets, à seulement 22 ans. Ces deux coureurs pallient d'ailleurs à merveille le difficile début de saison de De Lie, mis au repos après avoir enchaîné les galères début 2024.


« Je suis particulièrement bluffé par la qualité de la formation chez Lotto », Stéphane Heulot, sur l'équipe de développement

En évinçant Caleb Ewan l’an passé, avec qui le courant ne passait pas et que les performances ne sauvaient pas, Stéphane Heulot a non seulement fait le ménage dans l’effectif, mais il lui a donné une vision : celle d’un projet à l’identité belge, où chaque coureur a sa chance, incarné par la jeunesse grâce à l’équipe de formation. « Je suis particulièrement bluffé par la qualité de la formation chez Lotto », disait le Français. D’après notre classement des équipes de formation, la conti Lotto est la plus prolifique depuis 2019, avec 29 coureurs formés vers le peloton professionnel. Un vivier riche qu’Heulot a su exploiter. Et avec des talents comme Steffen De Schuyteneer (vainqueur de Gent-Wevelgem Juniors) ou Matys Grisel (vainqueur de Paris-Roubaix Juniors), la tradition devrait se poursuivre. La dévo est également un atout pour combler les manques de l’effectif dans l’optique d’un calendrier plus dense (Lotto n’a pas participé au Giro e, 2023 et 2024, mais y sera obligé s’il monte en WT). Tous les éléments sont réunis pour que Lotto-Dstny se pérennise en World Tour grâce à un projet robuste, sain et bien piloté. Lotto-Dstny, ou comment rebondir après un échec.

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1 Comment


Guest
Mar 28

Pas de chance, ils sont tous blessés actuellement ! Mais bien joué d'avoir renouvelé ces pépites

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