• Quentin D.

La Colmiane, au cœur du Mercantour à vélo

Troisième épisode de notre série « en route », VéloFuté vous emmène découvrir la Colmiane, sommet sublimé lors du Tour 2020 et traditionnel passage du Paris-Nice en cyclisme sur route.

Il existe des cols peu connus mais qui peuvent avoir une importance capitale dans une course de vélo. Pour ceux qui ne la connaisse pas, la Colmiane n’est pas le surnom d’une cantatrice d’opéra italienne aussi bien que cela puisse y paraître. C’est bel et bien un col cycliste. A l’heure du COVID, où les courses s’annulent les unes après les autres, celles qui ont lieu prennent plus d’importance dans le circuit World Tour. Quand on voit l’ampleur médiatique du Tour de la Provence, Paris-Nice, qui a toujours été au premier plan, tend à devenir encore plus attendue en ces temps de misère. D’ailleurs, il y a fort à parier que le col de la Colmiane sera le véritable juge de paix de cette course avec l’arrivée en son sommet le samedi 13 Mars 2021. VéloFuté part à la rencontre de l’ascension où les favoris devraient se donner RDV la veille de l’arrivée à Nice.


La Colmiane dans l’Histoire


Dans l’histoire de la Grande Boucle, ce col n’a été escaladé que trois fois (1973, 1975 et 2020). Pourtant, le col de Saint Martin ou col de la Colmiane (on n’a toujours pas compris pourquoi certains cols portent deux noms) est entré dans le panthéon du Tour de France lorsqu’Eddy Mercxx y perdit le classement général 1975 lors d’une terrible défaillance au profit de Bernard Thévenet. Ce jour-là, le Cannibale se faisait manger tout cru et concédait plus de deux minutes au Français à quelques jours de l’arrivée à Paris. Le Tour était plié. Cocorico !

En 2020, le col était également au programme de la deuxième étape du Tour de France et Benoit Cosnefroy passait en tête au sommet. Le Français Julian Alaphilippe remportait l’étape à Nice et s’emparait du maillot jaune. Cocorico ! On est chauvin ici… L’an passé, le col de la Colmiane a accueilli bien malgré lui l’arrivée de Paris Nice avec une victoire du Colombien Nairo Quintana qui déposa le Belge Tiej Benoot, le Français Thibaut Pinot et le futur vainqueur de l’épreuve, l’Allemand Maximilian Schachmann.


L’ascension


Située à 70km au nord de Nice, dans le massif du Mercantour, le col de la Colmiane est long de 16,3km avec 6,3% de pente moyenne sur le versant Ouest, et 20km à 4,9% de moyenne sur le versant Est. Il est situé sur la Route des Grandes Alpes. Son ascension permet aussi de faire la liaison entre les Vallées de la Tinée et la Vallée de la Vésubie. C’est bien le premier versant qui nous intéresse car quand on s’y attarde de près, il n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît.


Le départ se fait dans la Vallée de la Tinée à l’intersection de la D2205 et de la D2565. Nous vous conseillons de faire une dizaine de bornes d’échauffement car la première rampe vous met directement dans le bain avec 7,5% de moyenne sur 1,5km. Ça calme ! C’est à cet endroit que les panoramas sur la Vallée seront les plus sympas. Par la suite, la pente sera plus « clémente » avec une moyenne de 6% de moyenne sur de nombreux kilomètres. C’est le genre de montée qui procure un réel plaisir lorsque l’on y trouve son rythme et sa cadence de pédalage. Le pied ! Mais c’est également le type de montée qui peut nous faire littéralement exploser comme un pop-corn si on démarre trop vite et qu’on ne gère pas son effort. On parle en connaissance de cause ! Nous conseillons donc de ne pas partir trop vite. Les traversées des villages de la Bolline, la Roche et Saint Dalmas feront l’animation et permettront de faire des pauses pour ceux qui ont besoin de reprendre des forces. Vous y trouverez différents points d’eau et des superettes pour rassasier pour les plus gros mangeurs qui n’ont plus rien dans la musette. Le reste de la montée reste régulier jusqu’au sommet et ses 1503m d’altitude.


Première recommandation pour les téméraires :


Pour nos amis cyclos les plus téméraires, nous vous conseillons un itinéraire bis passant par le Chemin de Peyre Grosse après Saint Dalmas qui raccourcit la montée de 1km, mais qui obligera les cyclistes à escalader un passage à 12,5%. Imaginez, vous venez de monter 13km à environ 6,5% (soit un col d’Aspin) et vous enchainez avec un Mur de Huy ou un Mur de Bretagne pour finir avec deux dernier kilomètres à 7%. Qu’en dites-vous ?


Cette montée légendaire et au goût du jour vous permettra de profiter d’un panorama assez exceptionnel sur la Vallée tout en profitant des beaux paysages du Mercantour.


Seconde recommandation pour les courageux.. ou les plus fous :


Nous vous conseillons d’ailleurs d’enchainer avec le Col de Turini (15km à 7,4%) dont le pied se trouve au bas de la descente du versant Est.

Que l’on se prenne pour Thevenet, Pinot ou Merckx (voir même Benoit Vaugrenard), que l’on souffre ou que l’on gère bien cette ascension, ce col ravira aussi bien ceux qui débutent que les plus expérimentés. On attend vos retours pour nous dire ce que vous en pensez. Dans tous les cas, rendez-vous sur la course au Soleil.

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