Découverte de col 1ère Cat : Le Col de Portes, le calvaire du Bugey

Après avoir consacré le premier opus de notre série dédiée à l’Ain au Géant du Bugey, le fameux col du Grand Colombier, puis à la découverte d’un itinéraire à vélo Le tour de la cluse des Hôpitaux, ce troisième volet nous transporte au col de Portes. Méconnu du grand public mais très prisé des cyclises locaux, il fait partie des cols incontournables du Bugey. Le 10 août 2022, il sera à l’honneur de la 2e étape du Tour de l’Ain avec une double ascension, le propulsant ainsi en rampe de lancement et en juge de paix ! Normal pour ce col qui abrite la Chartreuse Notre-Dame de Portes, fondée en juin 1115 par des moines Bénédictins, troisième chartreuse en termes d'ancienneté et deuxième plus importante de France après la Grande Chartreuse. Découverte en Bugey.

A travers l'article, vous comprenez ainsi pourquoi le col de Portes est aussi appelé le « calvaire de Portes », bien que le calvaire en lui-même corresponde au sentier reliant l’édifice religieux à la croix érigée au sommet du Mont Frioland (1029 m) où une table d’orientation permet de contempler un des plus impressionnants panoramas de la région, s’étalant du Mont Blanc aux Cévennes. Mais, pour le cycliste, le col de Portes peut aussi se révéler être un calvaire…

Le col de Portes (alt. 1010 m) peut à lui seul être un motif de sortie et, comme le Grand Colombier, il propose un challenge sportif très intéressant (tout en restant plus abordable) à l’initiative de la confrérie des Toqués. Le principe est simple : relever le défi de gravir dans la même journée de 2 à 5 fois le Col de Portes par des routes d'accès différentes (au moins une sur chaque versant : Rhône et Albarine / Furans). Vous aurez ainsi le choix entre 8 villages départ et pas moins de 10 ascensions se terminant toutes par l'une des deux pentes finales présentant un pourcentage de plus de 10 %.


Si le col de Portes est d’apparence « facile », libre à vous de choisir quel sera votre calvaire :

Comme souvent, les apparences sont trompeuses : si les chiffres reflètent les passages de « répit » (bienvenus, surtout lorsqu’on enchaîne les ascensions), soyez certains que ce n’est que reculer pour mieux sauter !

  • 1 : Une vue imprenable sur la plaine du Rhône (jusqu’aux Monts du Lyonnais) et les Alpes et la Chartreuse. Une ascension magnifique, en deux temps, avec un passage ombragé !

  • 2 : Variante de l’ascension précédente sur la partie basse, la première partie n’en est que plus dure…

  • 3 : Considérée comme la plus difficile car ne présentant pas de replat ou de partie en descente. Le dernier kilomètre offrira un pourcentage maximal de 13 %, tout sauf anodin après deux ou trois ascensions ! Mais une variante est possible par la Correrie, permettant d’atteindre alors le col en rejoignant la route depuis Lagnieu.

  • 4 : Ascension pittoresque, très agréable, et relativement abordable (jusqu’au passage à 13 % dans le dernier km !) malgré sa longueur.

  • 5 : A n’en pas douter, l’ascension la plus « sauvage » ! Mais aussi l’une des plus dure car la difficulté « moyenne » est trompeuse : la première moitié jusqu’à Conand étant un long faux-plat… La fin est donc assez brutale surtout en considérant qu’elle intègre un bon kilomètre de replat (descendant) !

  • 6 : Peut-être la moins connue. Pourtant, avant d’atteindre Arandas, cette route offre une vue majestueuse sur l’entrée de la cluse des Hôpitaux ! Et la belle traversée (en faux plat) entre Arandas et Ordonnaz peut être l’occasion d’observer furtivement le Mont Blanc.

  • 7 : Le début de l’ascension offre une vue imprenable sur les Alpes du Nord et le Mont Blanc ! C’est aussi un point de vue privilégié sur le vignoble de Manicle (le plus réputé du Bugey) ! Cette route consiste contourner la cluse des Hôpitaux jusqu’à bifurquer en direction du col de Portes à proprement parlé à hauteur d’Ordonnaz.

  • 8 : Si vous ne deviez en faire qu’une… Le départ est plutôt raide mais relativement court : environ 5 km vous conduiront à Cleyzieu après avoir traversé Mont de l’Ange. De là, après une descente très courte, une remontée douce de quelques kilomètres vous permettra d’apprécier toute la beauté des lieux et une géologie chahutée. Ensuite, après avoir repris la route montant depuis Vaux-Févroux (voir nota ci-dessous), un enchaînement de côtes vous conduira jusqu’au col de Fay. De là, changement radical de paysage : place à la majesté de la vallée du Rhône ! Une nouvelle bascule plus tard et, juste en-dessous du village de Souclin, vous rejoindrez l’ascension du col de Portes depuis Lagnieu ou Sault-Brénaz. Pour la descente, et un retour en vallée de l’Albarine, nous vous conseillerions alors de descendre par Conand et sa vallée sauvage.

Nota : Une autre variante intéressante, sur le versant Rhône, consiste à escalader le col de Fay depuis Vaux-Févroux, puis à rejoindre l’ascension vers le col de Portes via le col de Fay. Ce sera d’ailleurs la version choisie par le Tour de l’Ain pour lancer les hostilités le 10 août prochain ! La deuxième ascension consacrera pour sa part la version n°4.

En conclusion, s’il y a une chose dont il faut se méfier ici (c’est l’Ain !) c’est bien des % moyens… que ce soit sur la route ou dans le verre ! Mais si vous cherchez à vous faire plaisir en – moyenne – montagne, en évitant le trafic dense et la longueur des cols alpins, le tout dans une région au caractère authentique, alors le Bugey n’attend que vous !


Par Jérôme TOME

@jer_ToMMEke


Liens utiles :

https://www.cols-cyclisme.com/

https://toquesducoldeportes.jimdofree.com/

https://tourdelain.com/


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