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Damiano Cunego, le Petit Prince d'Italie

Gueule d'ange et surnommé "Le Petit Prince", Cunego a vécu une carrière quelque peu atypique. Révélé très tôt via sa victoire sur le Giro à seulement 22 ans, le Veronais n'a jamais confirmé les immenses espoirs placés en lui sur les Grands Tours.

Plein de ressources, il va briller sur le terrain des Classiques en faisant sa loi sur le Tour de Lombardie. Il restera sans doute comme un goût d'inachevé tant sa carrière semblait prometteuse.


Une histoire contrariée avec le Giro


Damiano Cunego passe professionnel à 20 ans au sein de la formation Saeco. Ses deux premières saisons lui permettent d'engranger de l'experience en tant qu'équipier.

C'est en 2004 qu'il va se révéler au plus haut niveau. Après un début de saison réussi, il prend part au Giro, toujours comme équipier de son leader Gilberto Simoni, double vainqueur de l'épreuve (2001, 2003). Il va cependant créer la surprise sur ses terres, voler le leadership et ainsi refroidir ses relations jusque là excellente avec son leader. Sa victoire dès la 2ème étape, sa première sur un Grand Tour, avant de récidiver sur la 7ème étape en montagne, lui permet de prendre la tête du classement général. Le Petit Prince gagne à nouveau les 17ème et 18ème étapes, se payant le luxe de rouler derrière son "leader" Simoni, tentant le tout pour le tout en s'isolant à l'avant de la course.


A l'arrivée de l'étape, Simoni n'est pas tendre avec Cunego. Le vaincu parle de « traître », allant jusqu’à lui dire, dans un moment de colère : « Tu es un bâtard, tu es vraiment stupide. » Cunego remporte le Giro, Simoni termine troisième et la collaboration entre les deux garçons devient un supplice. La victoire de Cunego est totale, à tout juste 22 ans. Un vrai triomphe, qui le propulse au sommet de la sphère sportive italienne, mais auss médiatique. Les superlatifs, d'ailleurs, ne manquent pas : "Le bébé phénomène" est déja comparé à Pantani.


Beaucoup imaginent alors que cette consécration précoce est annonciatrice d'une domination sur le Giro pour les années futurs. Il n'en fut rien. L'Italien ne confirmera jamais le succès acquis en 2004, butant sur des coureurs qui vont le surclasser en montagne.


En 2005, il rejoint l'équipe Lampre mais est handicapé par une mononucléose et se classe seulement 18ème à l'arrivée à Milan. L'année suivante, il décide de doubler le Giro et le Tour. Si il va retrouver le haut du classement général avec une 4ème place, il échoue tout de même à monter sur le podium, loin derrière le vainqueur Ivan Basso, qui écrase la course cette année-là. S'il réalise un bon Tour de France en finissant meilleur jeune et en se montrant en montagne, il tarde néanmoins à confirmer là encore. Le Giro 2007 le voit finir 5ème alors qu'il était favori pour le podium, voire une éventuelle victoire finale. Il rétrograde ensuite dans la hiérarchie mondiale, finissant 19ème en 2009, 11ème en 2010, 6ème en 2012 avec notamment une deuxième place au sommet du Stelvio lors de l'échappée fleuve qui a vu De Gendt monter sur le podium. Il finit 19ème en 2014, abandonne en 2015 et achève l'édition 2016 à une anonyme 44ème place.

Promis à un avenir radieux sur son tour national, le Veronais n'aura jamais confirmé les espoirs placés en lui. Il triomphera au final sur d'autres courses et se bâtira un joli palmarès sur les classiques, avec l'Italie comme principal terre de jeu.

2004, l'année de Damiano Cunego


Le chef d'oeuvre du "Petit Prince" réside à n'en pas douter dans cette formidable année 2004.


Avant que son talent n'éclate aux yeux de tous sur les routes du Giro, Cunego réalise un très bon début de saison, remportant cinq courses (le Grand Prix de l'industrie et de l'artisanat de Larciano, le Tour des Apennins, le Tour du Trentin avec deux étapes remportées). Nous l'avons dit, il brille sur le Tour d'Italie en remportant 4 étapes et en s'adjugeant le classement final. Il va poursuivre ce bel élan en se classant 16ème de la Vuelta et 9ème des Championnats du Monde organisés chez lui à Verone.


Il prépare idéalement son ultime chef-d'oeuvre de la saison, le Tour de Lombardie. Il s'impose au sprint devant Michael Boogerd et Ivan Basso et signe ainsi son premier Monument ! C'est en toute logique qu'il finit la saison numéro 1 du classement mondial UCI World Tour, devant le gratin du cyclisme mondial (Bettini, Zabel, Freire, Valverde). Il n'a alors que 22 ans et s'impose comme le nouvel enfant prodige du cyclisme italien.


  • 1er Tour de Trentin (Actuel Tour des Alpes) - 2 étapes

  • 1er GP Industria

  • 1er Giro d'Italia (4 étapes)

  • 1er Tour de Lombardie

Un coureur de classiques


Longtemps attendu sur les classements des Grands Tours suite à ce Giro 2004, Cunego va finalement plutôt gagner sur les courses d'un jour et mettre ses qualités de grimpeur-puncheur pour se bâtir un joli palmarès sur les classiques.


Cunego, c'est surtout Monsieur Lombardie. Le Veronais va signer 3 succès de prestige sur la "classique des feuilles mortes". Vainqueur au sprint en 2004, il domine Riccardo Ricco en 2007 et triomphe en solitaire en 2008, signant un époustouflant triplé ! C'est également sur les classiques ardennaises que Cunego va briller. En 2008, pour ce qui restera sa deuxième meilleure saison parmi l'élite, il s'impose sur l'Amstel Gold Race dès sa première participation. Il devance Franck Schleck au sprint et signe un succès de prestige au Pays-Bas. Il finira 3ème de la Flèche Wallonne quelques jours plus tard, confirmant son statut de puncher de talent.


Il restera comme un goût d'inachevé en repensant à la carrière de Cunego. L'insolence de sa victoire italienne n'aura pas de suite sur les Grands Tours, malgré de très belles place d'honneur. Le Petit Prince est devenu roi, sans pour autant se créer l'empire qui lui était promis.



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