Découverte de Col H.C : Le col de la Lombarde entre en piste

Une seule fois au programme de la Grande Boucle en 2008, le col de la Lombarde fait partie de ces cols encore mystiques. Du haut de ses 2350m d'altitude, la Lombarde ne possède pas un emplacement idéal pour en faire une animation régulière du Tour de France. Pourtant, son ascension pourrait être une véritable pépite pour l'organisation d'ASO. VéloFuté décrypte ce col qui rentre dans notre top 10 des ascensions les plus difficiles de France.




Situé entre la France et l'Italie, ce col transfrontalier fait la jonction entre la Vallée de la Tinée dans les Alpes-Maritime et la Vallée de la "Stura di Demonte" dans le piémont italien. Il comporte deux versants soutenus d'une vingtaine de kilomètres, les deux étant catégorisés à nos yeux comme hors catégorie. C'est rare ! Mais notre côté frenchouillard nous fait dire que le versant français (au diable les Italiens et leur coupe du monde 2006) est bien le plus joli et c'est bien sur celui-ci que nous allons nous attarder.


1ere partie : L'ascension - du km 0 à 9


C'est la plus exigeante. L'ascension démarre du charmant village d'Isola. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'entrée dans le bain est relativement brûlante avec un départ dans de terribles pentes avoisinant les 10%. Chaud ! Quelques hectomètres suffisent pour se sentir déjà au cœur de la nature et dans l'immensité alpestre. Les bas côtés bitumés de la ville laissent rapidement place à la forêt et à la caillasse. Un côté roche et un autre arboré. Rien de tel pour se sentir bien.

Avec son côté rectiligne, le premier kilomètre peu sembler long. C'est coutumier du fait dans ces cols transalpins. Comme dit précédemment, l'avantage avec la Lombarde, c'est que vous vous retrouvez dans un environnement enchanteur en longeant un cours d'eau, le torrent de Guercha, qui sera votre sparring partner durant la majeure partie de l'ascension.


Après avoir délaissé les 3 premiers kilomètres à 9%, s'en suit une dizaine de kilomètres à travers les lacets de la Lombarde. C'est à cet endroit que les pourcentages restent des plus sévères avec une moyenne qui ne descendra que rarement en-dessous des 8% et montera même à certains endroits à 11%, notamment entre les kilomètres 7 et 8.

La température continue de monter mais les lacets permettent de se relancer et amènent un côté ludique à la montée. Vous enchainerez les traversées de ponts au-dessus du torrent tout en bénéficiant d'une belle vue sur la vallée s'offrant devant nous. La difficulté et l'effort sont lissés et on aurait tendance à se laisser glisser tel le ruisseau à nos cotés. La montée est agréable... pour le moment.

La suite est moins plaisante avec des lignes droites et de nombreux tunnels paravalanche. L'enchantement initial redescend avant les derniers lacets...

2ème partie : Chemin de croix - du km 9 à 16


Nous avons eu droit à une des parties les plus ennuyeuses de l'histoire de notre vie de cyclo. Au moins top 5 de l'ennui. Après l'enchaînement des lacets, on passe du coq à l'âne. On a compté... 4 véritables virages sur 8km pour arriver à la station d'Isola 2000. Mon dieu que c'est long ! Un pourcentage moyen de 5%, des lignes droites ultra usantes ouvertes au vent et sans réelle beauté. Tout ce qu'on déteste ! Se rajoute à la raideur des jambes, la difficulté mentale. Et l'ennui arriva. Ce sera votre deuxième sparing partner de la journée. Seuls quelques paysages peuvent tirer bénéfice de cette montée bien que dans cette portion, tout a tendance à se ressembler. Si vous avez le malheur d'avoir le vent contre en plus, on vous conseille de jeter le vélo en contrebas tel Bjarn Riis lors du Tour 97 et de rentrer en taxi. Votre mental sera mis à rude épreuve. Difficile pour nous de décrire cette partie de manière plus... gaie mais nous ne trouvons aucun mot. Pourtant, on s'est promis de donner envie à nos lecteurs de faire la Lombarde... Bref, passons rapidement à la suite qui devrait vous réconcilier avec le col. Après 16km, on arrive à la station d'Isola 2000 qui animera un peu plus notre curiosité.


3ème partie : La résurrection - du km 16 à la fin


Isola 2000 derrière nous, la troisième partie vous reconciliera avec la Lombarde. Enfin pour nous, cela a été le cas ! Les quatre derniers kilomètres repartent dans des pentes décentes à 9% (on se la raconte c'est vrai) digne d'un HC. Des lacets magnifiques surplombant la vallée sont de retour (alléluia) entre caillasses et sapins. La route s'est rétrécie. On jubile à nouveau.

Dans cette partie, les paysages sont fabuleux. De nombreuses pierres jonchent sur le sol comme si elles avaient dévalé depuis le sommet. Elles forment une coulée de part et d'autre du paysage avec pour seule séparation la route que nous empruntons. C'est une des particularités qui nous a frappés.

Les pourcentages vacillent entre 8% et 10% sur la partie finale. Mais c'est plus facile à gérer quand on aperçoit le sommet. La motivation prend le pas sur les cuissots tétanisés. Le nombre de voitures diminue, le bruit du vent sur notre tenue s'accentue. La fraîcheur est montée d'un solide cran au rythme de la fréquence cardiaque. Nous sommes bien au-dessus des 2000m avec tous les ressentis qui vont avec. Quel pied ! Le paysage s'est sublimé en quelques coups de pédales. On retrouve l'extase des ascensions alpines et de ses hautes cimes. On a aimé détester une partie de ce col car cela permet d'apprécier encore plus les autres.


Vous l'aurez compris, la Lombarde est un col usant par bien des aspects : sa longueur de 21km, son pourcentage élevé au pied, sa monotonie en son sein, et son altitude sur la fin. L'ensemble en fait son charme. Il en reste un col très esthétique avec son environnement tapis de pierres, ses sapins et son ruisseau qui nous aura accompagné le long de la montée.

Nous ne pouvons pas dire qu'il fait partie de notre top 10 des plus appréciés mais paradoxalement, et pour l'ensemble de son œuvre détaillée un peu plus haut, il fait assurément partie de notre top 10 des plus durs... aspect psychologique compris. La Lombarde est un chemin de croix dont il faudra être digne pour en sortir indemne.


Conseil VéloFuté : évitez de réaliser la sortie vent de face, vous auriez à le regretter ! En terme de conseils techniques, un 34x26 ou 36x28 suffit largement. Si vous souhaitez ne prendre aucun risque, 34x28 et 36x30 seront vos amis pour terminer plus sereinement. La longueur peut surprendre.

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