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Tour de France 2024 : Bardet, le jour de gloire est arrivé

Il attaquait son dernier Tour de France avec décontraction, sans aucune volonté de jouer le général et une envie, se faire plaisir. Romain Bardet s'impose sur la première étape du Tour de France 2024, au terme d'une échappée avec son équipier Van den Broeck. Une performance exceptionnelle pour un coureur unique. Récit d'une histoire qui finit en beauté

Il y a quelques jours, Romain Bardet annonçait qu'il prendrait sa retraite en 2025, après le Dauphiné. Le Tour de France 2024 est donc devenu son dernier. Un rendez-vous à ne pas rater.


Le Tour de France et Romain Bardet, c'est une histoire qui a tout de suite fonctionné. 6e pour son premier Tour en 2014, le jeune Français était alors éclipsé par Pinot et Péraud, tous deux sur le podium. Mais l'Auvergnat prenait date avec la Grande Boucle pour une histoire d'amour qui a parfois failli tourner à l'amertume mais qui finit en apothéose.


Au départ du Tour de France 2024, Romain Bardet était détendu, comme il l'expliquait à Ouest France : « C’est le Tour que j’aborde le plus détendu. Je ne ressens aucune pression. Je me sens bien, je l’aborde d’une manière un peu inédite, sans ambition au classement général. Peut-être que samedi, je perdrais déjà 20 minutes ! Je n’ai plus l’envie ni les jambes pour être là sur trois semaines. Je prends vraiment ce Tour comme une succession de rendez-vous. Mais si on est là, c’est avant tout pour briller. Donc ce sera important pour moi de faire quelque chose de spécial, avec une victoire d’étape. Et surtout d’être acteur sur les belles étapes de montagne et prendre du plaisir à l’avant. » Pour la première fois de sa carrière, il n'allait pas jouer le général. Enfin, c'est ce qu'il disait mais quand on connaît Romain Bardet, on sait que ce n'est jamais totalement vrai. Il fallait donc que cette première étape soit un quitte ou double. Une manière d'abandonner le général par la force des choses en tentant un numéro que beaucoup qualifieraient d'improbable. Et sincèrement, c'est ce à quoi ressemblait son attaque dans San Leo. Une tentative suicidaire qui permettrait au moins à Bardet de profiter et courir décomplexé par la suite.


Mais en reprenant l'échappée matinale et son équipier, qui deviendra héroïque par la suite, Romain Bardet avait creusé un petit écart. De son côté, UAE avait compris qu'elle ne lâcherait pas Vingegaard et Visma imposait un faux rythme.


Au sommet de la dernière bosse, même avec 1min45 d'avance, rien ne semblait joué mais on pouvait sentir déjà que la fin de l'histoire entre Bardet et le Tour de France ne se terminerait pas dans l'anonymat.


Derrière, c'est son histoire qui s'écrit... car en remportant l'étape, au nez et à la barbe du peloton, Romain Bardet enfile donc son premier maillot jaune, la seule fois où il ne courait pas après. Quel paradoxe ? Lui, l'homme aux deux podiums sur le Tour de France, qui a passé les années 2010 à courir après ce précieux sésame face à la Sky de Froome notamment. Un sésame qu'il n'a jamais pu effleurer. Sa victoire à Peyragudes, en 2017, est sûrement l'un des moments forts de sa carrière mais aujourd'hui, Bardet a probablement écrit la plus belle page de son histoire, en terminant un livre qu'il avait commencé à écrire dix ans auparavant. Une victoire et un maillot jaune, qu'il défendra le plus longtemps possible, même s'il peut le perdre dès demain. Une victoire à son image, celle d'un coureur offensif, qui n'abandonne jamais et qui aura tout fait pour s'imposer et sortir par la grande porte. Il peut aussi remercier un grand, un très GRAND Franck Van den Broeck, présent dans l'échappée matinale et encore très fort dans les derniers kilomètres, puis hectomètres, pour tracter et offrir à Bardet cette victoire de légende.



Quoiqu'il arrive, Bardet a soigné sa sortie. Il aura réussi là où Pinot aura échoué - même si l'ancien leader de la FDJ aura réussi à nous toucher au cœur - remporter une étape pour clore le chapitre de sa carrière de cycliste professionnel. Une carrière riche en régularité mais pas aussi étoffée en victoires que son niveau l'aurait suggéré. Sa 11e seulement, peu pour un coureur de sa trempe. Mais celle-ci, il est allé la chercher, et elle restera à jamais gravée dans sa mémoire et celle de ses supporters. Et ce n'est peut être pas fini.


Bravo Romain et merci !

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