Thymen Arensman, le Hollandais volant

Éblouissant sur le Tour des Alpes et le Giro, en lieutenant de Romain Bardet, la pépite néerlandaise Thymen Arensman a éclot en 2022. De quoi lui ouvrir les portes de la formation Ineos Grenadier dès 2023. Retour sur l’ascension d’un garçon talentueux et polyvalent.

Voici un nom de plus à ajouter à une liste comprenant déjà ceux de Marc Hirschi et Ilan Van Wilder : ceux des talents bruts polis par le Team DSM avant de s’envoler vers d’autres cieux. Le Suisse et le Belge, extrêmement prometteurs avec la formation germano-néerlandaise, ont quitté leur équipe formatrice pour UAE Team Emirates et la maison Quick-Step, lors d’une fin en eau de boudin. Thymen Arensman ne devrait pas connaître le même sort, lui qui a accepté une offre « qu’il ne pouvait pas refuser », comme l’a communiqué DSM en plein Giro, le 12 mai dernier.


Une saison 2022 de haut vol


Il faut dire que le jeune homme, né en 1999, a fait preuve d’un professionnalisme à toute épreuve. Désigné lieutenant de Romain Bardet dans sa quête malheureuse du Giro, le natif de Deil a impressionné. Aligné sur l’UAE Tour, le Tirreno-Adriatico et le Tour des Alpes, Arensman a su mettre le Français dans les meilleures conditions sur chaque étape montagneuse. Que ce soit sur les pentes de Jebel Hafeet (13e, juste derrière le Clermontois) ou de Carpergna (10e aux côtés de Bardet), il a fait jeu égal avec des lieutenants confirmés comme Rafal Majka ou Pello Bilbao. Mais la vraie révélation fut le Tour des Alpes : Arensman, volant sur les pentes alpestres, a su mener son leader vers une victoire référence, à quelques jours du Tour d’Italie.


Malheureusement pour l’ancien d’AG2R, un virus l’a rattrapé et empêché de terminer un Tour d’Italie pourtant bien embarqué. A seulement 22 ans, Arensman a dû endosser une lourde responsabilité sur les épaules : celle de sauver les meubles pour une formation DSM en danger pour le maintien en WT. Le Néerlandais s’est démené, a pris les échappés mais manqué de peu la victoire, trop surveillé par ses adversaires. « Je n’ai jamais rien gagné, je n’ai encore rien prouvé dans le cyclisme, mais tout le monde me regarde. Covi [vainqueur de la 20e étape ce jour-ci, ndlr] a pris beaucoup d’avance à cause de ça. Maintenant, j’ai peur de ne rien gagner », déclarait le jeune grimpeur, visiblement agacé. Il termine le Giro à une prometteuse 18e place, et à la 4e place au maillot blanc. Il a ensuite enfin pu lever les bras sur le Tour de Pologne, avec un chrono de haut vol et une 2e place au général final. Avant de disputer la Vuelta comme leader des DSM, avec un top 10 au général pour objectif, le Néerlandais peut ponctuer une saison riche et brillante.


Un crack en jeunes…


Mais pour dire vrai, cette saison 2022 est loin d’être une surprise au vu du potentiel du garçon. Originaire du cyclocross, où il a brigué 5 titres nationaux chez les juniors, il fut repéré par l’une des meilleures équipes de formation du cyclisme, la SEG Racing Academy, en 2017. Il y côtoie de nombreux coureurs du WT actuel comme Cees Bol, Jordi Meeus et Alberto Dainese. Interviewé pour la première fois par U23 Cycling Zone en 2018, Arensman s’est confié sur ses ambitions et son profil. « Les seules courses que j'ai faites en tant que coureur U23 ont été des courses d'un jour à cause de l'école. Mais j'aime me voir davantage comme un coureur de GC, en raison de mes capacités physiques. Je suis un gars maigre et je ne pèse pas lourd. Je me vois comme quelqu'un qui a de bonnes capacités de grimpeur et un bon TT. Mais je pense que je peux aussi faire des pavés et des petites cotes, alors disons que je suis un coureur polyvalent », développait-il à seulement 18 ans.


Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se connait bien. En junior, il termine 2e de l’Ober Österreich Juniorenfahrt, une course de 3 étapes dans les Alpes autrichiennes, puis 3e de l’Internationale Niedersachsen-Rundfahrt. Mais sa performance la plus prometteuse reste sa 2e du Tour de l’Avenir, derrière un certain Tadej Pogacar et devant des coureurs comme Aleksandr Vlasov, Ivan Sosa ou Joao Almeida, tous plus vieux que lui.


…et une promesse d’avenir


Recruté par le Team Sunweb dès juillet 2020 pour intégrer l’équipe WT, il ne tarde pas à s’adapter. Pour son premier GT, il termine 3e de la 5e étape de la Vuelta, battu dans l’échappée par Tim Wellens et Guillaume Martin. L’année suivante est à l’image de celle de sa formation : un peu décevante, contre-coup d’une adaptation éclair. Avant de confirmer cette saison : outre ses performances précédemment citées, il a signé trois chronos référence. Le premier sur Tirreno-Adriatico (6e devant des spécialistes confirmés comme Sobrero), puis sur l’ultime étape du Giro (2e). Son succès en Pologne n’était donc pas une surprise. De bon augure pour la suite. Et l’avenir s’annonce justement radieux : recruté par Ineos Grenadier, il devrait poursuivre son ambitieuse quête de succès sur le Giro, sa course préférée. Il en a les capacités. « C’est la course que je rêve de gagner, mais si je peux en citer une deuxième, ce serait Paris-Roubaix », confiait-il en 2018. Ses résultats chez les espoirs (3e en 2018) lui donnent espoir. Et ce n’est pas la formation britannique qui va s’en plaindre. Le Hollandais vient d'ailleurs tout juste de remporter l'étape de la Sierra Nevada sur la Vuelta 2022.


Ses principaux faits d'armes :


-Etape de la Sierra Nevada sur la Vuelta 2022

-2e du Tour de Pologne 2022 (+1 étape)

- 2e des 16e et 21e étapes du Giro 2022

- 3e du Tour des Alpes 2022

- 6e du Tirreno-Adriatico 2022

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