Thibaud Gruel - Groupama FDJ : " Découvrir les Flandriennes et le Tour des Flandres "
- Titouan Lallemand

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Actuellement en stage à Ténérife, aux Canaries, Thibaud Gruel nous a accordé un peu de temps pour une interview exclusive dans laquelle on revient ensemble sur sa saison 2025 convaincante, son programme et son ambition pour 2026 ainsi que sur son profil. Entre autres choses. Il ne participera pas au Tour de France 2026, où il a peu d'occasions de briller, mais va découvrir les Flandriennes.

Thibaud Gruel - Groupama FDJ : "Je rêve du Tour des Flandres "
Bonjour Thibaud Gruel. Ta première saison pleine en 2025 a été excellente. Comment, toi, tu juges ton année ?
J’étais passé pro en mars 2024, donc effectivement, 2025, est ma première complète, on va dire. C’était une bonne année, franchement. J'ai été présent tout du long, j'ai pu engranger de l'expérience et apprendre beaucoup, et surtout j'ai réussi à gagner, ce qui était mon objectif de l'année. Donc oui, c’était vraiment une bonne année pour moi.
Comment sont tes sensations par rapport à l’an dernier à la même époque ?
Je me sens vraiment bien cet hiver. J’ai l’impression d’être un petit cran au-dessus par rapport à la même période l’an dernier.
Tu as gagné un prologue et une étape en ligne, preuve que tu es assez polyvalent. C’est une de tes caractéristiques principales ?
Oui, oui, oui, c’est sûr, c’est une de mes caractéristiques principales. C’est une qualité que j’essaie de garder encore, avec ces efforts en contre-la-montre, ces efforts plus punchy, un peu sprint aussi, et essayer de passer le mieux possible les bosses. Donc oui, j’essaie de garder cette qualité qui me plaît bien.

Ce dont des qualités que tu as toujours eues étant jeune ou que tu as développées avec le temps ?
J’ai toujours eu ces qualités étant jeune, et plus le niveau augmente, plus c’est difficile d’être performant sur tous les terrains, donc on se spécialise un peu plus. Mais oui, c’est quelque chose que j’ai toujours eu.
Comment définirais-tu ton profil ?
Je dirais un puncheur avec une bonne vitesse de pointe. Tous les puncheurs ont une bonne pointe de vitesse, mais Sagan, par exemple, allait plus vite que moi au sprint et faisait des efforts encore plus massifs. Donc pas à ce niveau-là, mais clairement plus puncheur.
Pas puncheur-grimpeur qui peut briller sur les Ardennaises mais plutôt puncheur-sprinter.
Tu t’attendais en début de saison à remporter deux victoires ?
Oui, c’était clairement un de mes objectifs. L’objectif était de lever les bras dès cette saison, puis de gagner deux fois et de confirmer. La première victoire est arrivée assez vite, ce qui était encore mieux. Je savais que ça n’allait pas être simple, donc j’étais très content que ça se réalise. Mais oui, c’était bien l’objectif de la saison.
Tu as aussi été en position de gagner Paris-Tours. il s’est passé ce qu'il s'est passé. Comment as-tu géré cette situation ?
Étonnamment, j’étais assez détendu pendant la course, même dans le final. Quand les AG2R ont décidé d’arrêter de rouler, je suis resté assez calme, avec l’impression que je n’avais rien à perdre. Avec le recul, j'aurais peut-être joué différemment. Je n’aurais certainement pas emmené le sprint depuis 1,5 km de l’arrivée, mais j’aurais peut-être essayé d’anticiper davantage la situation, de réfléchir avant à ce que je ferais s’il arrêtait de rouler.
L’idée aurait été d’aller jusqu’aux 500 derniers mètres tous les deux, puis de se jouer la victoire au sprint. Mais c’est comme ça. Je n’ai pas plus de regrets que ça. Dans tous les cas, je n’allais pas l’emmener sur un plateau pour finir deuxième.
Tu ne l’avais pas anticipé ?
Si, c’était une possibilité et ça faisait partie de sa stratégie. Mais je ne m’étais pas vraiment projeté dans cette situation. On avait très peu de marge avec le groupe derrière, à une dizaine de secondes, donc tout est allé très vite. On n’a pas eu le temps de corriger le tir et de régler ça à deux. Ça s’est terminé comme ça, mais c’est la course, ça arrive, et ça fait partie du jeu.
La Coupe de France peut-elle être un objectif pour toi, notamment avec les points UCI ?
Les points UCI ont clairement fait partie du discours en début de saison. C’est un sujet important, d’autant plus qu’on repart sur un nouveau cycle de trois ans jusqu’en 2028. Les Coupes de France sont des courses importantes, avec beaucoup d’épreuves d’un jour où il est possible de marquer pas mal de points mais pour moi, ce ne sera pas un objectif personnel. Je participerai à quelques courses, mais pas à toutes. Ce ne sera pas mon objectif principal.
Quels sont tes objectifs alors cette année ?
Je vais surtout axer mon début de saison sur les Classiques flandriennes, même si je commencerai par la Classique de Muscat et le Tour d’Oman. Ensuite, je ferai la Classique Var, dans le Sud, puis beaucoup de Flandriennes (Gent-Wevelgem - E3 - A Travers la Flandre - Tour des Flandres). Après, je couperai un peu avant de reprendre en vue du Championnat de France, comme l’an dernier : le Morbihan, le Tro Bro Léon, les Quatre Jours de Dunkerque, les Boucles de la Mayenne et la Route d’Occitanie, normalement.
Il y aura aussi quelques courses en Belgique entre-temps. La deuxième partie de saison devrait ressembler à celle de l’an dernier.
Les Classiques flandriennes sont des courses sur lesquelles tu te vois briller ?
Oui, ce sont vraiment des courses qui me correspondent bien, avec des efforts qui me conviennent et les pavés aussi. C’est le type de course que j’aime, même si je n’en ai pas encore énormément disputées. J’en ai fait quelques-unes en juniors et en espoirs, mais je pense que ce sont des courses où je peux m’exprimer.
Les pavés ne te font pas peur ?
Non, pas du tout. Les fois où j’en ai fait, je me débrouillais plutôt bien, et c’est quelque chose que j’apprécie vraiment.
Quand tu parles des Flandriennes, tu inclus Paris-Roubaix ?
Oui, potentiellement. J’aimerais beaucoup la faire cette année. Il y aura une sélection dans l’équipe, mais normalement, il n’y a pas de raison que je n'y sois pas.
Le Tour de France 2026 est-il prévu à ton programme ?
J’aurais bien aimé, mais ce n’est pas prévu cette année. Peut-être l’an prochain.
Un profil comme le mien ne s’exprime pas forcément le plus sur le Tour, donc j’attends encore un peu.
Et la Vuelta ?
C’est possible, mais il y a aussi beaucoup d’autres courses qui me correspondent mieux, comme les Canadiennes. Et la Vuelta reste très montagneuse, donc la question se pose.
Comment te sens-tu dans l’équipe ?
Je m’entends très bien avec tout le monde. Il y a une super ambiance, peu importe avec qui tu pars en stage ou en course. Après, je suis très proche de coureurs comme Brieuc Rolland, qui est souvent mon compagnon de chambre.
Un mot sur le nouveau vélo ?
C’est un très bon vélo. Plus aéro, plus rigide, plus réactif, et avec de belles couleurs flashy. Franchement, j’adore.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette saison ?
De nouvelles victoires. En gagner encore plus que l’an dernier, même si ce n’est jamais simple.
Et pourquoi pas un top 10 sur le Tour des Flandres ?
Oui, ce serait exceptionnel.








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