Marco Brenner - Tudor Pro Cycling : "J'aimerais pouvoir briller sur trois semaines dans le futur"
- Titouan Lallemand
- il y a 12 heures
- 6 min de lecture
Après la présentation de l'équipe Tudor mercredi, Marco Brenner nous a accordé une interview exclusive. A notre micro, il s'est exprimé sur son année 2025 compliquée, gâchée par les chutes, alors qu'il avait pourtant bien commencé. Sa dernière année de contrat, son profil, son calendrier, ses chutes, son rôle ou encore ses ambitions futurs, Marco Brenner se livre. Interview.

L'Allemand de 23 ans entame, déjà, sa 6e saison chez les professionnels. Mais souvent malchanceux, il n'a pas encore réussi à exploser comme il le devait, vu le potentiel entrevu chez les Juniors. Il faut dire qu'en 2021, passer de Juniors aux Espoirs était encore plus rare qu'en 2026. Il sera en fin de contrat à la fin de l'année et doit montrer son vrai visage cette saison.
Marco Brenner - Tudor Pro Cycling : "J'aimerais pouvoir briller sur trois semaines dans le futur"
Marco, on s'est entretenu ensemble avant le Giro 2025 et malheureusement pour toi, depuis, il ne s'est pas passé grand chose, notamment à cause des chutes. Comment vas-tu?
Je vais beaucoup mieux. L’an dernier, avec ma chute sur le Giro, ma saison a évidemment été un peu gâchée. J’ai ensuite suivi une longue période de rééducation, qui s’est très bien déroulée. J’ai pu reprendre la compétition en fin de saison et, compte tenu des circonstances, je me sentais déjà plutôt bien. Jusqu’ici, ma préparation s’est bien passée et, physiquement, je n’ai plus aucune séquelle de cette chute. Je suis donc content d’aborder la saison prochaine et j’espère qu’elle sera bonne.
Tu sembles vraiment malchanceux, avec beaucoup de chutes depuis le début de ta carrière. Penses-tu que ce soit uniquement de la malchance, ou parfois le fait de ne pas être au bon endroit au bon moment ?
L’an dernier, j’ai vraiment manqué de chance. J’ai chuté une première fois à Majorque, sur des routes extrêmement glissantes sous la pluie. La course avait d’ailleurs été neutralisée, donc c’était surtout lié aux circonstances : on ne pouvait pas faire grand-chose. Ensuite, à la Drôme Classic, j’ai lourdement chuté après avoir terminé deuxième la veille. Il y avait un incident dans le peloton juste devant moi et je n’ai rien pu faire pour l’éviter. Sur le Giro, honnêtement, je ne sais toujours pas exactement ce qui s’est passé. Mon pneu a peut-être éclaté… ou pas. On ne le saura sans doute jamais, mais au final, ça ne change rien. L’an dernier, j’ai vraiment accumulé la malchance. Les saisons précédentes s’étaient plutôt bien passées, même s’il y avait déjà eu quelques grosses chutes. Ça fait malheureusement partie du cyclisme, et l’an dernier j’ai été pas mal concerné. Je dirais donc que c’était surtout de la malchance, pas un problème technique ou une erreur de ma part.
Tu avais fait un excellent début de saison l’an dernier, notamment avec cette deuxième place prometteuse en Ardèche. Penses-tu pouvoir retrouver ce niveau en ce début d’année ?
L’approche de cette saison sera un peu différente. Je débuterai en Australie, mais sans me mettre trop de pression dès le départ. Je veux surtout me concentrer sur les courses par étapes d’une semaine, puis voir comment les choses évoluent. Peut-être viser un top 10 au classement général, et ensuite aviser. Après la saison dernière, l’idée est d’aborder les courses l’une après l’autre.
Je reste très ambitieux et je fais tout pour être prêt. Je pense pouvoir retrouver la forme que j’avais en début de saison l’an dernier, et je suis assez confiant dans ma capacité à la reproduire.
Quand on voit la composition de l’équipe pour le Tour Down Under, tu en seras le leader. Tu dis ne pas vouloir te mettre de pression, mais tu seras quand même le chef de fil en Australie.
Bien sûr. Je ferai de mon mieux et on verra bien. On a aussi des coureurs pour les sprints et pour les étapes difficiles. Certaines étapes plus dures me conviennent bien, donc j’essaierai d’y faire un bon résultat.
Ton profil semble bien correspondre à des arrivées sur de courtes ascensions.
Oui, je pense aussi que ce genre de parcours peut bien me convenir. Mais c’est la première course de la saison, donc je ne veux pas trop m’emballer. Je ferai de mon mieux et on verra.
Quel est ton objectif principal cette saison ?
Mon objectif est de me concentrer sur le classement général, de progresser et d’être plus régulier. J’ai déjà prouvé par le passé que je pouvais terminer dans le top 5 ou le top 10 sur des courses par étapes de niveau inférieur. Maintenant, je veux retrouver ce niveau et l’améliorer.
Je vais essayer d’y parvenir lors de la première moitié de la saison. Ensuite, on verra quel Grand Tour je disputerai, mais ce ne sera certainement pas le Giro. Je veux d’abord voir comment je me comporte sur les courses d’une semaine.
Quelle sera ta prochaine course après le Tour Down Under ?
Je participerai à la Classic Var puis à l'Ardèche Classic et à la Drôme Ardèche. Je n'irais pas surParis-Nice, ce n'est pas prévu. Ce qui est certains, c'est que je ne courrais pas le Giro mais peut être le Tour ou la Vuelta. Un des deux.
Marco Brenner - Tudor Pro Cycling : "J'aimerais pouvoir briller sur trois semaines dans le futur"
L’an dernier, tu disais vouloir retravailler ton contre-la-montre. Est-ce le cas cet hiver ?
Oui, je vais davantage me concentrer sur l’entraînement en contre-la-montre. L’an dernier, c’était compliqué : le Giro n’était pas axé sur le classement général, et après ma rééducation, je ne me suis presque pas entraîné sur le vélo de chrono. Cette saison, je veux m’y remettre sérieusement, car c’était l’un de mes points forts lors de mes premières années chez les professionnels.
Avec le recul et malgré les blessures, dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui ?
Il y a beaucoup de jeunes coureurs très talentueux qui arrivent et performent rapidement. De mon côté, je sens que je progresse petit à petit. Ça prend juste un peu plus de temps, surtout avec les contretemps que j’ai connus. Mon objectif reste de devenir un coureur capable de jouer régulièrement les classements généraux. Je ne sais pas jusqu’où ça me mènera, mais je veux montrer ce que je vaux.
Penses-tu pouvoir un jour jouer le classement général sur un Grand Tour ou gagner une grande classique ?
On verra. Je veux d’abord confirmer sur les courses par étapes d’une semaine du World Tour. Ensuite, j’aimerais tenter ma chance sur un Grand Tour. Trois semaines, c’est très différent, mais c’est quelque chose que j’aimerais explorer à l’avenir.
Un mot sur ton équipe junior, que tu diriges depuis plusieurs années.
Tout se passe bien. Ça fait maintenant six ans que je suis impliqué dans cette équipe. Au début, trouver des sponsors demandait beaucoup de travail. Aujourd’hui, c’est plus simple : les partenariats sont en place et il s’agit surtout de renouveler les contrats. On essaie de participer à un maximum de courses UCI, d’organiser de bons stages et de proposer un programme solide pour préparer les coureurs aux Espoirs.
Ce n’est pas trop compliqué de concilier ta carrière et la gestion de cette équipe ?
Au début, c’était plus difficile. Aujourd’hui, tout est mieux structuré, donc ça me prend moins de temps. Et puis, j’aime aussi beaucoup ce rôle, qui est différent de celui de coureur. J’apprécie le contact avec les gens et cet autre aspect du cyclisme.
Quel sera ton rôle chez Tudor cette saison ?
Sur la première moitié de la saison, je serai souvent leader sur les courses par étapes. Parfois aussi dans un rôle de soutien ou de co-leader, selon les épreuves. Je pense disputer pas mal de courses d’une semaine avec l’objectif du classement général.
C’est ta dernière année de contrat. Souhaites-tu rester chez Tudor ?
Je suis très heureux dans cette équipe, qui est en pleine progression. C’est un projet qui me plaît beaucoup et dans lequel j’aimerais continuer à évoluer. Si je reste ici, j’en serai très content.
Quel impact a la présence de Fabian Cancellara au sein de l’équipe ?
C’est très positif. Fabian est assez discret au quotidien, mais il est toujours là quand il faut, avec son immense expérience. Avec Rafi, qui gère davantage l’équipe, c’est une très bonne combinaison.

Que peut-on te souhaiter pour cette saison ?
J’aimerais retrouver le chemin de la victoire. En 2025, je n’ai pas gagné, mon meilleur résultat ayant été une deuxième place en Ardèche. Retrouver la victoire serait vraiment important pour moi.
Nous lui souhaitons une saison sans chute et pleine de réussite, avec pourquoi pas un top 10 au Tour Down Under et un retour à la victoire.




