Paris Roubaix 2026 🇫🇷 - Parcours, engagés et favoris de la 123e édition
- Titouan Lallemand
- il y a 49 minutes
- 9 min de lecture
Dimanche prochain marque la fin de la période des "Flandriennes" avec Paris-Roubaix. L'Enfer du Nord sera particulièrement intéressant à suivre lors de cette 123e édition avec beaucoup d'enjeux et d'adversité. Présentation du parcours, des engagés et des favoris de Paris-Roubaix 2026, qui aura lieu le 12 avril prochain.

Date de Paris Roubaix 2026 : dimanche 12 avril
Horaire de Paris-Roubaix : départ à 11h05 et arrivée estimée à 16h30 environ
Diffusion TV / Retransmission TV : France 3 / Eurosport Max 1
Présentation de l'Enfer du Nord
Chaque printemps, la course la plus singulière du calendrier WorldTour revient rappeler que le cyclisme peut être autre chose qu’une question de watts et de stratégie millimétrée. Ici, c’est une lutte. Contre les pavés, contre la poussière ou la boue, contre la malchance aussi. Une épreuve hors normes.
Créée en 1896, Paris-Roubaix est l’un des cinq Monuments du cyclisme, mais sans doute le plus imprévisible. Ses 250 à 260 kilomètres ne racontent qu’une partie de l’histoire : tout se joue dans une trentaine de secteurs pavés, disséminés dans la seconde moitié du parcours.
Le surnom “l’Enfer du Nord” apparaît après la Première Guerre mondiale, lorsque les organisateurs découvrent une région dévastée. Il restera, même si aujourd’hui il évoque autant la difficulté sportive que l’histoire du territoire.
Au fil des décennies, Paris-Roubaix devient une course de spécialistes, où la puissance pure ne suffit pas. Elle sacre des coureurs capables d’encaisser, d’improviser et de résister au chaos.
Niveau palmarès, la Belgique domine avec 55 succès en 122 éditions, soit plus de 40% de victoires. les français ne sont pas en reste une trentaine de victoire mais aucune depuis Jacky Durant, en 1997. Ca ne devrait pas être pour cette année. Les plus grands spécialistes des pavés ont fait d Paris-Roubaix leur jardin, comme Cancellara, Museeuw ou de Vlaeminck. Mais la star, le recordman est bien Tom Boonen, unique détenteur du record de victoires avec 4 succès. Avec trois succès sur les trois dernières années, Mathieu Van der Poel peut venir égaler Tommeke. Historique.
Le profil de Paris Roubaix 2026

Parcours détaillé de Paris Roubaix 2026 :
Au départ de l’Oise, ce n’est qu’au bout de 96.3 kilomètres, une fois rentré dans le département du Nord, que les premiers pavés font leur apparition. Chacun des coureurs au départ de l'Enfer du Nord aura en mémoire :
la deuxième place de Florian Vermeersch en 2021 ;
la deuxième de Silvan Dillier en 2018 ;
la victoire de Matthew Hayman en 2016.
Même Jonas Rutsch, 6e l'an dernier, a réussi une belle performance.

Pour les exemples non exhaustifs les plus récents, qui tendent à démontrer que Paris-Roubaix est une des rares courses qui peut se gagner en prenant les devants. Comme il est de coutume, le secteur de "Troisvilles-Inchy" ouvre le bal. Un secteur long de 2 kilomètres 200 où débutent les premiers écrémages par l’arrière. Révélateur, il est une indication pour les leaders. À savoir, si ce sera une grande journée ou un calvaire à subir. Durant près de 60 kilomètres, jusqu'à la Trouée d'Arenberg, la course se résume à une guerre de placement et une élimination progressive. En tout, les coureurs devront franchir 31 secteurs pavés (30 si on regroupe Templeuve), qu'on vous présente ci-dessous.
★☆☆☆☆ = Facile – ★★☆☆☆ = Plutôt facile – ★★★☆☆ = Difficile – ★★★★☆ = Très difficile- ★★★★★ = Extrêmement difficile
Nom du secteur | Longueur du secteur | Distance de l'arrivée | Difficulté du secteur |
Troisvilles – Inchy | 2 200 m | 162.5 km | ★★★☆☆ |
Viesly – Quiévy | 1 800 m | 156 km | ★★★☆☆ |
Quiévy – Fontaine | 3 500 m | 153.4 km | ★★★★☆ |
Viesly a Briaste | 2 000 m | 147.2 km | ★★★☆☆ |
Briastre | 1 200 m | 143.4 km | ★★☆☆☆ |
Solesmes à Haussy | 800 m | 134.6 km | ★★☆☆☆ |
Saulzoir à Verchain | 1 200 m | 127.8 km | ★★☆☆☆ |
Verchain à Quérénaing | 1 500 m | 120.8 km | ★★★☆☆ |
Quérénaing – Maing | 2 500 m | 120.7 km | ★★★☆☆ |
Maing – Monchaux sur Écaillon | 1 600 m | 117.6 km | ★★★☆☆ |
Haveluy – Wallers | 2 500 m | 104.7 km | ★★★★☆ |
Trouée d’Arenberg | 2 300 m | 95.3 km | ★★★★★ |
Wallers – Hélesmes | 1 600 m | 89.3 km | ★★★☆☆ |
Hornaing – Wandignies Hamage | 3 700 m | 82.5 km | ★★★★☆ |
Warlaing – Brillon | 2 400 m | 75 km | ★★★☆☆ |
Tilloy lez Marchiennes – Sars et Rosières | 2 400 m | 71.6 km | ★★★★☆ |
Beuvry la Forêt – Orchies | 1 400 m | 65.2 km | ★★★☆☆ |
Orchies | 1 700 m | 60.2 km | ★★★☆☆ |
Auchy lez Orchies – Bersée | 2 700 m | 54.1 km | ★★★★☆ |
Mons en Pévèle | 3 000 m | 48.6 km | ★★★★★ |
Mérignies – Avelin | 700 m | 42.6 km | ★★☆☆☆ |
Pont Thibault – Ennevelin | 1 400 m | 39.2 km | ★★★☆☆ |
Templeuve (l’Épinette) | 200 m | 33.8 km | ★☆☆☆☆ |
Templeuve (Moulin de Vertain) | 500 m | 33.3 km | ★★☆☆☆ |
Cysoing – Bourghelles | 1 300 m | 26.9 km | ★★★☆☆ |
Bourghelles – Wannehain | 1 000 m | 24.4 km | ★★★☆☆ |
Camphin en Pévèle | 1 800 m | 19.9 km | ★★★★☆ |
Carrefour de l’Arbre | 2 100 m | 17.2 km | ★★★★★ |
Gruson | 1 100 m | 14.9 km | ★★☆☆☆ |
Willems – Hem | 1400 m | 8.2 km | ★★★☆☆ |
Roubaix (Espace Charles Crupelandt) | 300 m | 1.4 km | ★☆☆☆☆ |
Les secteurs pavés clés de Paris-Roubaix 2026 :
Secteur 20 : Haveluy – Wallers (km 154.7)
Le secteur d'Haveluy - Wallers précède la mythique Trouée d’Arenberg. Situé 11 kilomètres avant cette dernière, la guerre de position y est intense. Tant et si bien, que le secteur est devenu un des points stratégiques majeurs en vue de l'arrivée sur le Vélodrome de Roubaix. En 2023, les Jumbo - Visma sous l'impulsion de Wout van Aert ont profité du vent de dos pour faire exploser le peloton. Quand l'an passé, seulement 31 coureurs ont pu aborder la chicane de la Trouée à la suite d'un coup de bordures des Alpecin - Deceuninck, à la sortie du secteur 27 "Quiévy à Saint-Python", qui avait vu le peloton commencer à se morceler en plusieurs groupes. A noter que l'équipe de Mathieu van der Poel avait alors profité d'un vent de Sud-Sud-Ouest de seulement 20 km/h pour faire exploser la course, à 149 kilomètres de l'arrivée. Signe que le secteur d'Haveluy - Wallers n'est plus jugé trop loin de l'arrivée et trop proche de la Trouée, pour tenter la décision avant cette longue allée boisée de la forêt Domaniale de Raismes St Amand Wallers.
L'approche 2025 de la Trouée d'Arenberg conservée :

Depuis 2024, le sujet de préoccupation principal des instances (UCI) et des organisateurs (A.S.O en l'espèce) est la sécurité des coureurs. Pour éviter les chutes et les incidents majeurs, que la Trouée d'Arenberg vivait jusqu'en 2023, il a fallu agir en profondeur. Il est désormais inconcevable que le peloton entre à des vitesses supérieures à 60 km/h dans le mythique secteur. Exit la chicane, temporairement instaurée en 2024, les coureurs emprunteront à l'avenir la Rue de Croy. Une approche modifiée à la demande du CPA (l'association Cyclistes Professionnels Associés).

95.9 kilomètres de l'arrivée : premier des quatre virages à angle droit pour casser la vitesse du peloton à l'approche de la Trouée d'Arenberg

95.4 kilomètres de l'arrivée : une sortie qui aura été refaite pour permettre le passage du peloton pour cette édition de 2025.

95.3 kilomètres de l'arrivée : avec cette dernière épingle, les coureurs reviendront en terrain connu, en franchissant à faible vitesse le passage à niveau situé juste avant l'entrée de la Trouée.
Secteur 19 : Trouée d’Arenberg (km 163.9)
Loin de l’arrivée, 95.3 kilomètres pour être précis, la Trouée d’Arenberg est devenu le symbole iconique de Paris-Roubaix depuis son introduction en 1968. À son amorce, la tension est palpable. Les 500 premiers mètres correspondent à l’approche de la passerelle et se font en descente (- 2.2 %) sur un pavé extrêmement disjoint, en piteux état et sur une route parsemée de trous. Une fois passée, un équilibre précaire se met en place : garder une distance de sécurité pour éviter d’être pris par le coureur qui nous précède et conserver le maximum de vitesse possible pour ne pas se faire déborder, et surtout lâché définitivement. A l'instar des bergs du Ronde van Vlaanderen, prendre le haut du pavé est obligatoire. À gauche, le bas-côté est pris la boue. À son opposé, les spectateurs stoppés par un ruban de sécurité ne permettent pas de prendre la fine couche d'asphalte. Au bout de 1 900 mètres, la Drève des Boules d’Hérin commence à rendre mieux ; le pavé s’étant progressivement enherbé. Les barrières vont leur retour et sonne le glas de la fin d’un des secteurs les plus iconiques du cyclisme transgénérationnel.
Une conclusion évidente : Paris-Roubaix se gagne rarement dans la Trouée d'Arenberg, mais l'Enfer du Nord s'y perd très souvent.
Secteur 11 : Mons en Pevèle (km 210.6)
Situé à moins de 50 kilomètres de l’arrivée, il est le secteur majoritairement choisi pour faire la différence depuis son introduction en 1978. Un secteur qui créé des drames comme la chute de Fabian Cancellara en 2016 ou des nombreuses chutes sur le Tour de France 2018. Soumis à plusieurs changements de direction, trois pour être exact, la direction du vent peut favoriser une accélération destructrice.
A sa sortie, sans doute, le point le plus stratégique du parcours pour le slovène Tadej Pogačar. Le court faux plat de l'usine Momont sera nécessairement pointé par le leader de l'équipe UAE émirates XRG. A l'image de la terrible accélération de Mathieu van der Poel en 2023, seulement suivi par Wout van Aert, sur le punch intrinsèque, le champion du monde devra rendre la même copie. En tachant d'être suivi par un coureur qui lui collaborera, afin que ce coup ne soit pas un coup d'épée dans l'eau.
Secteur 4 : Carrefour de l’Arbre (km 242.1)
Victime d'une crevaison dans le Carrefour de l'Arbre, Wout van Aert n'a pu contester la victoire à Mathieu van der Poel, en 2023. Après ce dernier secteur 5 étoiles, si le groupe de tête n’a su faire de différence ou s’entendre pour favoriser un regroupement, c’est le jeu du surnombre qui prime. L’équipe la plus représentée est, à cet égard, l’équipe récompensée. Une équipe comme la Alpecin - Deceuninck avait dès lors les faveurs des pronostics à son entrée, deux ans auparavant, avec la présence de Mathieu van der Poel et de Jasper Philipsen.
La météo pour Paris Roubaix 2026
On annonce un temps pluvieux sur le parcours, ce qui veut dire des pavés glissants qui vont favoriser encore plus les coureurs agiles. Cela risque d'être dantesque.
Les favoris de Paris Roubaix 2026 :
Triple tenant du titre depuis 2023, Mathieu Van der Poel est le grand favori de Paris-Roubaix 2026, malgré la présence de Tadej Pogačar. Son agilité sur les pavés et l'absence de monts rendent la tâche plus difficile pour le Slovène. L'an dernier, une faute dans un virage l'a emmené au sol et a permis à un Van der Poel, très habile pour éviter la chute, de s'imposer en solitaire. Il ne devra commettre aucune erreur pour espérer battre le Néerlandais. La Trouée d'Arenberg sera évidemment un passage clé où l'on devrait assister à une accélération de l'un ou l'autre.
La bonne nouvelle, c'est que ce duel pourrait se transformer en lutte à trois, avec le retour en forme de Wout van Aert. Le leader de la Visma | Lease a Bike joue gros puisqu'il n'a encore jamais gagné, à 31 ans. Le temps passe et le Belge aura de moins en moins d'opportunités. Et c'est sans doute le Monument qui lui convient le mieux. Il sera difficile de le lâcher quand on sait que, l'an dernier, malgré une préparation tronquée, il avait été très fort. Honnêtement, on se dit que cela pourrait enfin être l'année de Wout van Aert. On a envie d'y croire, à condition qu'il évite les crevaisons. Et ça, ce n'est pas gagné quand on connaît tous les soucis qu’a connus la Visma, même si cela semble mieux cette année.
L'avantage de Van der Poel, c'est qu'il peut compter sur un équipier solide en la présence de Jasper Philipsen. Le sprinteur belge rêve de l'Enfer du Nord, après avoir remporté Milan-San Remo en 2024. Déjà 2e ici la même année, il veut croire en sa chance mais sait que la priorité reste à Van der Poel. Mais dans un scénario favorable, où les deux géants se regarderaient et où nous aurions un petit sprint pour la victoire, Philipsen pourrait être l'homme du jour.
Un autre qui rêve de Paris-Roubaix, c'est Filippo Ganna. L'Italien a raté sa préparation l'an dernier et a corrigé le tir en 2026. Sa victoire sur À travers la Flandre prouve qu'il arrive en forme au meilleur des moments et il a choisi d'éviter le Tour des Flandres pour être frais pour l'Enfer du Nord. Un pari payant ?
Enfin, parmi les grands outsiders, Mads Pedersen est forcément l'un des premiers noms auxquels on pense. Cependant, le Danois n'a pas connu une préparation idéale et n'est pas dans la forme de sa vie. Peut-être devra-t-il anticiper pour essayer de piéger les hommes forts.
Du côté des autres, Stefan Bissegger a été impressionnant l’an dernier et aurait pu prétendre à un meilleur résultat sans une crevaison au mauvais moment. Véritable spécialiste de cette course, au même titre que John Degenkolb, toujours candidat à un top 10 ici, il fait partie des hommes à suivre. Paris-Roubaix est une affaire de spécialistes, et Tim Van Dijk en est un lui aussi, tout comme Søren Wærenskjold, qui apprécie particulièrement cette épreuve. On peut également ajouter Jordi Meeus, mais aussi Dan Hoole, le puissant rouleur de la Decathlon AG2R La Mondiale, qui a tout pour briller sur ces pavés. Évidemment, on surveillera de près l’un des hommes en forme de ces dernières semaines, celui qui a fait des cinq derniers kilomètres une spécialité : Alec Segaert.
⭐⭐⭐⭐ Mathieu Van der Poel
⭐⭐⭐ Wout Van Aert - Tadej Pogacar
⭐⭐⭐ Jasper Philipsen - Filippo Ganna - Mads Pedersen
⭐⭐ Stefan Bissegger - Florian Vermeersch - Jasper Stuyven - Christophe Laporte - Tim Van Dijk
⭐ Jonas Abrahamsen - John Degenkolb - Soren Waerenskjold - Jordi Meeus - Dylan Van Baarle - Joshua Tarling - Dan Hoole - Alec Segaert - Matej Mohoric




