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Paris-Nice ou Tirreno Adriatico, quelle course choisir ?

A l'instar du choix entre le Dauphiné et le Tour de Suisse, courir Paris-Nice ou le Tirreno Adriatico n'est pas qu'une simple question de préférence, mais un choix à long terme. Nous allons analyser ensemble quelles sont les raisons de ce choix et qui s'est tourné vers ces courses lors des trois dernières années. Analyse.


Paris-Nice ou Tirreno Adriatico, laquelle choisir en 2024 ?

Placées tôt dans la saison, la course au soleil et la course des deux mers ont leurs départs séparés de seulement un jour et se terminent toutes deux le dimanche qui suit. Il est donc évidemment impossible de participer aux deux épreuves et les coureurs doivent faire un choix, qui n'est pas anodin.


Paris-Nice, un choix logique pour le Tour de France ?


On pourrait se dire que choisir le Tirreno ou Paris-Nice à 4 mois du départ du Tour n'a pas d'incidence. Peut-être ? Il n'empêche que cela suit une certaine logique que de se préparer dans le même pays que son objectif majeur. Prendre des repères, s'habituer aux routes, aux types de cols, et se mesurer à ses futurs adversaires. C'est pourquoi, Paris-Nice a clairement vocation à préparer les coureurs pour le Tour de France. Si c'est évidemment une grande et belle course, le choix de participer à la course au soleil n'est pas lié uniquement à sa réputation. En tous cas, cela ne devrait pas l'être.


Il suffit de s'intéresser aux chiffres pour se rendre compte que cette impression est confirmée aisément par les coureurs. Sur les trois dernières éditions de Paris-Nice, 78% des coureurs du top 10 ont ensuite participé au Tour de France. Contre 16% pour le Giro. Deux coureurs n'ont participé à aucun des deux premiers GT de la saison. Sur les 16% de coureurs ayant fait le Giro, un seul a terminé dans les 10 : Guillaume Martin, 9e. Et vu la concurrence, c'était une déception. Yates ou encore Almeida ont certes abandonné en 2022, mais cela prouve bien que ce n'est pas forcément gage de réussite de participer à Paris-Nice pour briller sur le GT italien. A l'inverse, Vingegaard et Pogacar ont fait podium de Paris-Nice et du Tour en 2023 et Simon Yates a fait 4e des deux courses. Une bonne manière de se situer dès Paris-Nice, par rapport à la concurrence, de prendre ses repères et de garder une ligne directrice dans sa préparation.


Tirreno-Adriatico, l'avant dernière course avant le Giro ? Ou avant San Remo


Sur le Tirreno, c'est évidemment l'effet inverse. 73% des coureurs du top 10 de la course des deux Mers ont participé au Giro. Tous les vainqueurs du Giro des trois dernières années ont d'ailleurs pris part en mars à l'épreuve italienne. Les cols italiens sont atypiques, tout comme les routes. Le climat n'est pas toujours très différent non plus avec de la pluie voire de la neige. C'est un passage indispensable selon nous.


Dans la plupart des cas, le Tirreno est d'ailleurs l'avant dernière voire dernière course avant le Giro, comme pour Bernal en 2021, qui remportera par la suite le Tour d'Italie. C'est donc une répétition et un tremplin parfait.


A noter que lorsqu'on veut briller sur les Strade Bianche et Milan San Remo, il vaut mieux aller sur le Tirreno. Déjà parce qu' on s'évite des voyages mais aussi parce que l'on s'accorde un jour de repos supplémentaire pour les Strade. Concernant le Tirreno, certaines étapes sont semblable au final de La Primavera, ce qui aide aussi dans la préparation.


Une tendance logique mais récente ?

Si cette vérité semble évidente aujourd'hui, elle ne l'était pas forcément il y a 10 ans. En 2013, seul trois coureurs du top 10 du Tirreno ont ensuite été au départ du Giro d'Italia contre 6 pour le Tour de France dont Froome, futur vainqueur, Contador ou encore Joaquim Rodriguez. Dans le même temps, la concurrence était aux abonnés absents sur Paris-Nice, avec un top 10 où seul Porte avait une chance de briller sur la Grande Boucle.

Ces données nous indiquent deux choses pour nous. La première, c'est qu'on n'attachait pas autant d'importance au choix des courses dans la préparation il y a 10 ans. Le leader choisissait la course qui lui convenait le plus pour briller, par rapport à son parcours. La seconde, c'est que Paris-Nice a repris des couleurs, après quelques années difficiles. Le tracé des dernières années est plus dynamique et varié et propose même parfois des étapes qu'on retrouvera en juillet. Les deux causes sont évidemment liées puisque les équipes cherchant à maximiser leur chance de briller sur les GTs, ont optimisé tout ce qu'elles pouvaient avec l'ensemble des leviers à leur disposition, dont une meilleure utilisation du calendrier.


Laquelle choisir ? Un choix de calendrier par défaut pour les leaders?


Évidemment, choisir l'un ou l'autre ne condamnera pas les espoirs d'un leader de gagner un GT parce qu'il a choisi l'une des deux courses. Mais ce choix a plus d'importance qu'on ne le pense, sinon les coureurs ne détermineraient pas leur calendrier de cette manière. L'idée est surtout de suivre une ligne directrice, en optimisant au maximum ce qu'il est possible de faire et mettant toutes les chances de leurs côtés pour parvenir à leurs objectifs.


En définitive, un coureur qui vise le Tour de France a intérêt à participer aux courses en France (Paris-Nice - Dauphiné) et ceux qui visent le Giro à participer aux courses en Italie (Tirreno et Tour des Alpes). Cette dernière est d'ailleurs devenue la course tremplin, à la place du Tour de Romandie, jugé aujourd'hui trop proche du Giro et bien plus adapté à une préparation pour le Tour. Ainsi, le choix de participer à Paris-Nice ou au Tirreno-Adriatico est plutôt un choix par défaut, lié au GT auquel on veut participer.

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1 Comment


Guest
Feb 26

Vingegaard a tout de même choisi le Tirreno contre Paris-Nice l'an dernier. Pourquoi à votre avis?

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