Barème et calendrier UCI : notre proposition de réforme

La course aux points UCI a remis en lumière les lacunes du barème du classement UCI. Jugé injuste par certains, déséquilibré pour d'autres, le barème fait l'objet de nombreuses discussions chez les passionnés et spécialistes du cyclisme. Nous avons décidé de nous pencher sur l'épineuse question du barème UCI et de la catégorisation des courses qui en découle. Décryptage.

Globalement, le concept d'un barème UCI est une bonne chose en soit. Un système trouvera toujours des opposants. Cependant, sa structure doit être remise en question. Que des places d'honneur sur certaines petites courses valent autant que des victoires d'étape sur des Grands Tours est incohérent selon nous. Un déséquilibre pas si facile à ajuster sachant qu'il ne faut pas non plus rendre les petites épreuves inintéressantes pour les équipes, sans quoi cela pourrait signifier la fin de nombreuses compétitions.


Notre barème UCI :


Avant de vous expliquer notre barème, voici déjà la répartition des points en détail. Notre objectif est avant tout de mettre en valeur le vainqueur d'une course, quelle qu'elle soit. L'autre gros point d'ajustement étant de donner plus de valeurs aux victoires d'étape en GT par rapport aux courses d'un jour. A noter que nous imaginons la montée/ descente sur 2 ans et non 3 ans.


*A noter que tout coureur qui abandonnerait une course et venait à s'inscrire à une autre sur la même période, ne se verrait accorder aucun point.


Les Grands Tours :


Les Grands Tours n'ont pas subit de profonde refonte. Le nombre de points accordés aux vainqueurs est le même. Le changement intervient au niveau du 2e, qui gagne 100 pts de moins. Le but est donc de valoriser le vainqueur par rapports aux autres coureurs du podium, puis de valoriser le podium par rapport au top 5, etc. De ce fait, à chaque changement de tranche (top3, top5, top10), nous avons décidé d'une baisse de points plus importante plutôt que de diminuer de manière régulière de 50pts en 50pts ou de 25pts en 25 pts, comme c'est le cas actuellement.


Concernant les étapes, nous avons augmenté la valeur des victoires sur le Tour de France, qui reste la course la plus relevée. Obtenir une victoire sur le Tour est extrêmement difficile et de nombreuses équipes tournent autour depuis des années comme Cofidis. Nous avons aussi choisi de récompenser les 10 premiers de l'étape du jour et non uniquement le top 5.


Les autres courses à étapes :


Les courses à étapes World Tour ont été partagées en deux divisions et non trois comme actuellement, et séparées des courses d'un jour, différentes selon nous. Pour la catégorie continentale, pas de changement si ce n'est au niveau du barème mais nous conservons les catégories .Pro, .1 et .2.

Dans la première tranche, nous avons fait le choix de valoriser les courses les plus importantes et relevées du calendrier, à savoir Paris-Nice, Le Tirreno, le Tour de Catalogne, Tour du Pays-Basque, Tour de Romandie, Dauphiné, Tour de Suisse.


Dans la seconde tranche, nous retrouvons l'UAE Tour, le Tour des Alpes (nous expliquerons notre choix par la suite), le Tour du Benelux et le Tour d'Allemagne. Actuellement le Tour de Catalogne valait autant de points que le Tour de Pologne. Un choix que nous ne partagions pas. D'ailleurs, le Tour de Pologne n'a pour nous pas sa place en World Tour mais nous y reviendrons plus tard.


Du côté des courses continentales, c'est là que notre classement prend tout son sens. Fini le 3e du Tour du Danemark qui marque autant de points que le vainqueur d'une étape du Tour. Un écart important de points entre le 1er et le 2e a été mis en place afin de conserver de l'importance à la course.

Nous avons décidé que le vainqueur devait tout de même marquer de gros points mais que les places suivantes subiraient une plus grosse décote. Le vainqueur d'une Pro Séries passe de 200 à 135 et une .1 de 125 à 90. La catégorie .2 ne subit elle aucune décote pour le vainqueur, les points étant déjà très faible.


Au global, toutes les courses à étapes ont connu une baisse de points par rapport aux Grands Tours, l'idée étant de valoriser les victoires en tout genre sur les courses de trois semaines. Et nous avons raisonné de la même manière pour les courses d'un jour.


Les courses d'un jour :

Notre première décision a été de mettre en valeur les monuments. Actuellement, les Monuments étaient classés dans la même division que le GP de Montréal. Le vainqueur de Paris-Roubaix gagnait donc autant de points que le vainqueur des courses canadiennes ? Injustifiable quand on connaît la difficulté de la course française et la densité de la concurrence. Avec 600 pts au lieu de 500, les Monuments montent donc en grade, à l'inverse du GP de Montréal qui vaudrait 300 pts dans notre barème, en rejoignant la 3e division des courses WT. A la manière des courses à étapes, nous avons fait en sorte de valoriser chaque tranche (top 3, top 5, top 10)



Nous avons donc divisé les autres classiques World Tour en deux divisions - trois si l'on prend les Monuments- , comme pour les courses à étapes. Les classiques principales comme l'E3, les Strades Bianche ou la Flèche Wallonne sont dans le catégorie 1 tandis que les Canadiennes, la Bemer Cyclassics ou encore la Bretagne Classic sont dans le groupe 2, tout comme le Mont Ventoux Dénivelé challenge, qui a exprimé son souhait de devenir une classique World Tour. Une course d'un jour pour grimpeurs, on dit "oui".


A noter que le vainqueur d'une classique gagne 420 pts contre 400 pour le vainqueur d'une courses à étape. Cette différence provient du fait que les les coureurs et équipes marquent aussi des points en cas de victoire d'étape, alors que la course d'un jour n'a par définition qu'un seul jour de compétition mais n'est pas pour autant moins dur à gagner. Au contraire, la part de stratégie est encore plus grande et donc la part d'indécision aussi.


Mais alors, pourquoi n'y a t-il que le vainqueur qui marque plus de points ? Parce que l'on considère que pour finir dans les 10 meilleurs d'une course à étapes, il faut avoir une belle régularité qui mérite d'être mise en avant.


Au niveau continental, nous avons gardé la même ligne directrice que pour les classiques World Tour, avec une légère valorisation pour le vainqueur, puis un pied d'égalité pour la suite du top 10. Les classiques continentales ont aussi été diminuées, notamment pour éviter qu'une étape de Grand Tour soit moins intéressante qu'une deuxième place sur le Tropheo Laiguelia.



Les championnats :


Le championnat du monde est pour nous LA course d'un jour. Celle qui amène une renommée historique, avec un rappel annuel grâce au superbe maillot arc-en-ciel qu'arbore fièrement le champion du monde. De ce fait, nous avons décidé d'augmenter les points du vainqueur et essayé de valoriser les deux places sur le podium.


Le champion du monde récolterait donc 750 pts soit un peu plus que la 2e place sur le TDF et le second autant que le 2e d'un Monument. Le 4e marque lui deux fois moins de points que le 3e, pour montrer l'importance d'être sur le podium.

[Edit : les points des mondiaux ne seront attribués qu'au classement individuel.]


Un de nos choix a été de mettre en avant le contre-la-montre. Peu de points sont distribués sur les chronos mais nous trouvons qu'un titre de champion du monde du contre-la-montre est difficile à atteindre et offre une grande notoriété. C'est pourquoi nous avons décidé de fixer son vainqueur à 400 points et moitié moins pour le contre-la-montre par équipe, qui mérite tout de même plus de points que si le même exercice avait lieu sur un GT.


Les championnats nationaux n'ont pas vraiment changé. Nous avons jugé que le barème actuel, divisé en deux catégories, était suffisant, surtout pour deux courses dans l'année.


Changement de catégorie pour certaines courses :


Une modification du barème implique naturellement de revoir aussi la catégorisation de certaines épreuves. C'est le cas du Tour de Pologne et du Gree-Tour of Guangxi qui perdraient leur statut WT au profit du Tour des Alpes et du Tour d'Allemagne.


Le Tour des Alpes est la préparation du Giro et la course est souvent relevée. De plus c'est une course historique, connue sous le nom du Tour du Trentin auparavant. Le Tour de France a deux courses à étapes WT en préparation. Le Giro mérite donc d'en avoir au moins une.


Pour le Tour d'Allemagne, l'épreuve viendrait en lieu et place du Tour de Pologne, fin juillet. Nous voyons cette course évoluer et retrouver le rang qu'elle avait en 2006 avec le Detuschland Tour, en Pro Tour. D'autant que c'est une course ASO, qui serait de ce fait bien organisée. Par ailleurs, il faudrait qu'elle passe à 6-7 étapes pour obtenir le statut World Tour. Une course qui viendrait servir de tremplin au Tour d'Espagne, en compagnie du Tour de Burgos, et qui mettrait en valeur un pays de cyclisme, en proposant aussi bien de la montagne, des étapes vallonnées que des étapes pour les meilleurs sprinteurs, qui veulent parfaire leur préparation avant la Bemer Cyclassics.


Le Tour de Pologne a été badgé World Tour alors qu'il n'était auparavant disputé sans la moindre équipe WT. Son remplacement ne serait pas une grande perte d'autant plus que la course propose des arrivées dangereuses, souvent mal tracées dans le final, entrainant chaque année de grosses chutes. Quant au Gree-Tour of Guangxi, entre le fait qu'il oblige les équipes WT à parcourir des milliers de kilomètres en fin de saison pour une seule course et qu'il n'ait que peu d'intérêt dans son parcours, nous avons jugé qu'il n'avait pas sa place en World Tour.


Enfin, nous avons souhaité monter la Flèche Brabançonne et le Mont Ventoux Challenge en World Tour. Le Mont Ventoux Challenge souhaite obtenir la licence World Tour et nous sommes plutôt enthousiaste avec cette idée.


Du côté des descentes, la Maryland Classic serait rétrogradée en American Tour. On a vu que malgré la course aux points, seulement trois équipes World Tour étaient au départ. Le voyage n’en vaut pas la chandelle. Nous préférions voir un retour du Tour de Californie. La nouvelle Clasica Jaen Paraiso prendrait elle le grade Pro Séries.



Evidemment, nous sommes conscients que cette évolution du barème n'est pas forcément possible mais nous avons voulu vous partager notre vision de ce qu'il pourrait être. Un barème plus équitable, valorisant les vainqueurs et respectant la valeur des courses.







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