Visma Lease a bike, des départs et des critiques : l'heure de la remise en question?
- Titouan Lallemand

- il y a 21 heures
- 4 min de lecture
Dans tous métiers, le management joue un rôle prépondérant sur les performances des employés et c'est tout aussi vrai en cyclisme. On l'a encore vu récemment avec Cofidis et Cédric Vasseur, où son management a été vivement critiqué en 2025, ce qui a entrainé une absence totale de résultat et une relégation de la formation française en Pro Team. Mais la frustration peut être aussi bien dans la gestion des hommes que dans les méthodes d'entrainement. C'était par exemple le cas chez Visma Lease a Bike. Alors comment la frustration a créé l'échec sportif chez Visma Lease a Bike. Analyse.

En 2023, la formation néerlandaise rayonnait et dominait le cyclisme en remportant les trois Grands Tours avec trois coureurs différents : Primož Roglič sur le Giro, Jonas Vingegaard sur le Tour et Sepp Kuss sur la Vuelta. Depuis, ce n’est qu’une lente descente qui a pris la forme d’une remise en question ces derniers jours, avec le départ de Tim Heemskerk, entraîneur de Jonas Vingegaard depuis ses débuts chez les professionnels en 2018. S’il ne faut pas tout mettre sur le dos d’un entraîneur, c’est tout un staff qui semble aujourd’hui stagner dans une direction qui a pourtant fait sa force il y a quelques années, mais qui paraît désormais à la traîne par rapport à ce qui se fait de mieux. Des méthodes d’entraînement notamment, pas forcément adaptées à tous les coureurs, qui ont entraîné l’échec sportif de plusieurs d’entre eux, partis depuis, face à un système jugé trop uniforme.
Des départs et critiques chez Visma Lease a Bike
Les récentes déclarations de Cian Uijtdebroeks ont fait beaucoup parler. Le jeune Belge, qui a quitté Visma Lease a Bike cet hiver pour rejoindre Movistar, n’avançait plus comme il le souhaitait. S’il a surtout connu des problèmes physiques au départ, sa progression n’a pas été à la hauteur de ses attentes et il semble avoir mis le doigt sur le problème : « Chez Visma, l’accent est mis sur des séances d’entraînement courtes et explosives, donc beaucoup de travail sur la VO2 max. Personnellement, j’aurais préféré des blocs plus longs à un tempo soutenu, mais ce n’était pas possible, malgré mes demandes, à cause du système mis en place. On n’avait pas notre mot à dire, c’était difficile pour moi. »
Un avis partagé par Dylan Van Baarle, coureur de talent qui avait rejoint la formation néerlandaise en 2023 alors qu’il sortait d’une victoire sur Paris-Roubaix : « J’ai perdu confiance dans les méthodes d’entraînement. J’aime établir un plan précis, mais selon ma propre vision et non celle des autres. Ce n’était pas le cas. Chez Soudal, je retrouve cette liberté. J’ai davantage mon mot à dire. » Une frustration évidente qui a mené à l’échec sportif pour Van Baarle, qui a complètement disparu des radars. Mais depuis sa signature au sein de la formation belge, il a retrouvé la confiance et visiblement ses jambes, puisque son entraîneur le voit « capable de rivaliser avec Van der Poel ». Un regain de confiance qui va coïncider avec un retour des résultats ?
Wout Van Aert, défenseur de la Visma
Si certains coureurs ont sous-performé et ont critiqué, à juste titre ou non, les méthodes d’entraînement de la Visma Lease a Bike, force est de constater que pour d’autres, cela fonctionne — ou du moins que cela a fonctionné. Christophe Laporte ou Matteo Jorgenson ont franchi un vrai cap en arrivant au sein de la formation néerlandaise. Jonas Vingegaard a terminé deux fois deuxième du Tour sur la période et a remporté la Vuelta, tandis que Simon Yates a gagné le Giro l’an dernier. Des résultats qui restent convaincants.

Wout Van Aert est récemment monté au créneau pour défendre son équipe, lors d'une émission d'équipe : « Je trouve que c’est injuste que la situation soit généralisée. Je sais comment cela fonctionne ici et on est loin d’une équipe inhumaine. Ce n’est pas une formation toxique. » Avant d’ajouter concernant les entraînements : « Je pense qu’il y a matière à discuter si vous avez besoin d’une approche différente. Mais le cyclisme est de plus en plus exigeant et demande beaucoup de sacrifices. C’est logique que de plus en plus de monde se décourage. »
Si cette dernière phrase est vraie, elle semble néanmoins hors sujet quand on voit que Van Baarle ou Uijtdebroeks retrouvent de la motivation ailleurs. Preuve qu’il ne s’agit pas d’une question de mental, mais plutôt d’approche. Cependant, ce qui est vrai pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres, et cela n’a pas empêché Visma Lease a Bike de se poser des questions.
Un entraineur s'en va, une remise en question ?
Le départ de Tim Heemskerk, entraîneur de Jonas Vingegaard, peut être considéré comme une forme de remise en question. Mais l’est-elle par rapport à la baisse des performances globales de Visma Lease a Bike depuis deux saisons, ou par rapport aux méthodes d’entraînement que certains critiquent ? Il semble que ce soit avant tout pour un nouveau départ avec Vingegaard, un peu comme pour David Gaudu chez Groupama-FDJ. Quand on voit que la plupart des coureurs restent performants et progressent, il est difficile de tout remettre en cause. Il faut avant tout espérer un peu plus de souplesse pour certains cas isolés et mieux cibler les équipes pour les coureurs. Un coureur qui a besoin de liberté dans l’entraînement ne peut pas vouloir rejoindre Visma, à l’inverse d’un autre qui souhaite un cadre plus rigoureux et découvrir de nouvelles méthodes pour progresser.
Conclusion : L'importance des choix de carrière
Au fond, cette séquence rappelle une évidence parfois oubliée : la performance ne dépend pas seulement du talent ou de la méthode, mais de leur adéquation. Comme en football, il n’y a pas de mauvais coureurs, seulement des contextes plus ou moins favorables.
Pour Dylan Van Baarle ou Cian Uijtdebroeks, l’environnement n’était peut-être simplement pas le bon. Pour d’autres, il reste idéal. Et pour Visma, l’enjeu sera sans doute de continuer à gagner tout en acceptant que l’uniformité, qui fut sa force, ne devienne pas sa limite. Quoiqu'il en soit, il est important de ne rien négliger car l'échec sportif reste la face visible de l'Iceberg mais les problèmes engendrés peuvent être bien plus profond, comme un Burnout, poison qui touche de manière croissance une partie du peloton ces dernières années.





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