INEOS Grenadiers, les Avengers des places d’honneur en 2026 ?
- jibduluc
- il y a 1 jour
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Longtemps équipe dominante sur les Grands Tours (12 succès en 9 ans), la formation INEOS Grenadiers a disparu des avant-postes sur le Giro, le Tour et la Vuelta depuis cinq ans. Malgré ses nombreux coureurs taillés pour les courses par étapes, l’équipe britannique a-t-elle vraiment un futur vainqueur de Grand Tour ? Pas si sûr.

Bradley Wiggins, Christopher Froome, Geraint Thomas, Egan Bernal, Tao Geoghegan Hart… Pendant une décennie, INEOS Grenadiers (ex-Sky) était l’équipe reine des courses par étapes, trustant les succès, de Paris-Nice au Tour de Suisse en passant par le Dauphiné. Surtout, elle régnait en maître sur les courses de trois semaines. De 2012 à 2021, la formation britannique remporte 12 des 28 Grands Tours disputés, une domination assez folle qui a fini par faire serrer les dents à tous les suiveurs agacés par le monopole des hommes de Dave Brailsford.
Thomas, dernier maillon de résistance
Mais ça, c’était avant l’ère de Tadej Pogacar, avant qu’INEOS Grenadiers ne disparaisse petit à petit des avant-postes. Depuis 2022, à l’exception de la résistance admirable du désormais à la retraite Geraint Thomas (podium sur le Giro en 2023 et 2024), la formation britannique n’a cessé de reculer dans la hiérarchie, au point de ne plus du tout jouer de rôle dans la course à la victoire sur le Tour de France depuis le doublé de 2019, avec le sacre de Bernal devant Thomas. INEOS était alors au sommet de son art. Rien ne laissait présager sa chute.
Leader désigné pour l’avenir, Egan Bernal a enchaîné les pépins, entre ses douleurs de dos et sa terrible chute en janvier 2022, et a dû attendre 2025 pour redevenir en partie lui-même.
En attendant, INEOS a multiplié les cartes à jouer en Grand Tour, sans carte maîtresse. Première « jeune » recrue de l’ère INEOS en 2020, Carlos Rodriguez n’a certes que 25 ans mais enchaîne les déceptions en Grands Tours, plombé par des chutes récurrentes, malgré une présence constante dans le top 10. À l’aube de cette saison 2026, ils ne sont sans doute que trois à pouvoir briguer un podium sur un Grand Tour, en étant optimiste : Thymen Arensman et les deux recrues de l’intersaison, Kevin Vauquelin et Oscar Onley.
Recrutement prometteur, oui, mais sans star chez Ineos Grenadiers en 2026
Grâce un recrutement prometteur, Ineos Grenadiers s'est renforcé en 2026. Très régulier en Grand Tour (5e de la Vuelta 2022, 6e des Giro 2023 et 2024), spécialiste des troisièmes semaines, le Néerlandais Thymen Arensman a ensuite vécu deux Grands Tours compliqués en raison de chutes. Son niveau impressionnant en montagne sur le Tour de France 2025, marqué par deux victoires d’étape dont une à la pédale (!!), a cependant changé la dimension théorique de celui qui mènera INEOS sur le prochain Giro, en compagnie de Bernal. Pour autant, aujourd’hui, impossible de l’imaginer gagner un Grand face aux UAE Emirates, à Vingegaard ou Evenepoel… Et les choses sont à peine différentes pour les deux nouveaux leaders d’INEOS.
Surprises du dernier Tour de France, Kevin Vauquelin (7e) et Oscar Onley (4e) sont venus renforcer la formation de Dave Brailsford, avec l’ambition – à peine cachée – de faire de l’Écossais son fer de lance britannique dans l’optique de gagner le Tour. Une ambition qui paraît utopiste, même si le Français (24 ans) et l’ancien de la Picnic-PostNL (23 ans) sont encore bruts et à polir. Leur progression est évidente, leur potentiel aussi, et il est facile de les imaginer monter dans la hiérarchie ces prochaines années.
Reste que Vauquelin est plus taillé pour les classiques et qu’Onley n’a pas beaucoup plus de références sur lesquelles se fier. Les imaginer jouer la gagne sur le Tour, à court ou moyen terme, paraît impossible. Peut-être qu’une Vuelta à la startlist épargnée de Pogacar, Vingegaard et Evenepoel serait dans leurs cordes, et encore : Almeida et Del Toro, pour ne citer qu’eux, sont bien au-dessus pour le moment, sans oublier la nouvelle génération montante. Et c’est d’ailleurs de là qu’INEOS tient probablement sa meilleure chance de regagner le Tour à l’avenir.

Benjamin Noval, et si c’était lui l'avenir d'Ineos?
Ce ne sont pas les moyens qui manquent, mais les Britanniques peinent à convaincre les plus grandes stars de rejoindre leur projet, au contraire des années 2010. Aujourd’hui, INEOS Grenadiers semble bien plus être une armada destinée aux places d’honneur et aux victoires d’étapes qu’une équipe capable de lutter pour la victoire sur un Grand Tour — et ne parlons même pas du Tour de France.
Évidemment, l’hégémonie de Tadej Pogacar et de Jonas Vingegaard sur les Grands Tours, et en juillet en particulier, durcit singulièrement la tâche de tous leurs opposants. Mais la formation britannique n’a tout simplement pas les armes, à l’heure actuelle, pour espérer mieux qu’un podium. Ce serait déjà ça, puisqu’INEOS en est privée sur le Tour depuis 2022, et la première pierre d’une possible reconstruction dont pourrait bénéficier son futur grand talent, Benjamin Noval.
À 17 ans et encore junior, le prodige espagnol a déjà signé pour 2027 et est attendu comme un messie par INEOS Grenadiers. Même s’il faudra encore patienter un bon moment avant de l’imaginer en jaune sur la Grande Boucle, c’est bien de lui que pourrait, un jour, venir la lumière.





