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Top 10 des Flandriens : 5e Niki Terpstra, l'homme de l'ombre

Discret membre du collectif Quick-Step, le néo-retraité Niki Terspstra n’est certainement pas le membre le plus médiatisé de notre classement des meilleurs Flandriens au 21e siècle. Pourtant, avec le Ronde et l’Enfer du Nord au palmarès, le Néerlandais n’a pas volé sa place.


Le cyclisme est un sport individuel qui se court en équipe. Si l’adage est surtout là pour couvrir d’honneur les fidèles équipiers de l’ombre, il est particulièrement valable pour des formations aux multiples leaders, où chacun sert les intérêts des autres et n’attire pas seul la lumière. Dans cette catégorie-là, la Quick-Step est certainement la meilleure représentante. A tel point que son surnom, le Wolfpack, est devenue une métaphore : telle une meute de loups, les coureurs QS se suivent, se ressemblent et ont tous un palmarès d’exception sur les pavés. Depuis la retraite du sacré Tom Boonen en 2012, les Belges ont glané 5 Monuments pavés (Ronde et Roubaix), 3 GP E3, 2 Het Omloop Nieuswblad et 4 A Travers la Flandre avec 6 coureurs différents. Parmi ceux-là, Niki Terpstra. Discret, le Néerlandais est l’exemple même du leader de l’ombre, peu médiatisé mais ô combien victorieux. De quoi le placer, sans discussion, 5e de notre top 10 des meilleurs coureurs pavés du siècle.


Pourquoi lui ?


Ils sont peu, dans la glorieuse histoire du cyclisme, à avoir remporté les deux Monuments pavés, Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. 18, pour être exact, et seulement 5 au 21e siècle. Parmi ceux-là figure le nom de Niki Terpstra, entre ceux de Philippe Gilbert, Fabian Cancellara, Tom Boonen et Peter Sagan. Le Néerlandais n’est donc pas celui dont on se souvient le mieux, pourtant, son palmarès est exceptionnel. Car en plus des deux courses suprêmes, il a remporté A Travers la Flandre, De Panne et le Grand Prix E3, trois classiques pavées d’envergure. Ajoutez à cela 7 top 10 sur les Monuments, dont 4 podiums, et vous obtiendrez le profil d’un des coureurs les plus réguliers de la dernière décennie. Logique donc, pour nous, qu’il soit si bien placé dans notre classement. D’autant plus que, contrairement à tous les autres membres de ce panthéon des Flandriens, Terpstra n’était pas toujours le leader incontesté de sa formation. Sur l’Enfer du Nord en 2012 et le Ronde 2017, il est dans la même équipe que le vainqueur sortant (Boonen et Gilbert), alors qu’il a souvent dû partager le leadership avec le non moins talentueux Zdenek Stybar dans l’équipe de Patrick Lefévère. S’imposer face à ses adversaires advenait souvent dans un second temps, il fallait aussi être meilleur que ses coéquipiers, chose peu aisée. Le mérite est donc double et Terpstra ne doit sa place qu’à son talent hors norme.


Sa plus belle victoire : Roubaix 2014, devant les légendes


Difficile de choisir entre les succès sur les deux Monuments flandriens, mais Paris-Roubaix 2014 a quelque chose en plus et en dit long sur la forme du Néerlandais ce jour -là. « Dis-moi qui tu as battu, et je te dirai qui tu es », selon l’adage. Et bien ce jour-là, en plaçant la banderille victorieuse à 6km de l’arrivée, Terpstra devança John Degenkolb, vainqueur un an plus tard, Fabian Cancellara, triple vainqueur de Roubaix et du Ronde (la dernière fois en 2014, une semaine avant), un Peter Sagan en feu, et le quadruple vainqueur de l’Enfer du Nord, Tom Boonen. Bref, la crème de la crème des Flandriens au 21e siècle. Et au-delà du palmarès, ce millésime 2014 était sans doute un des meilleurs crus des 20 dernières années, avec des attaques de toute part pendant plus de 100 kilomètres. Le Néerlandais a su profiter de la supériorité numérique de son équipe dans le groupe de tête pour s’échapper, alors que ses adversaires étaient rincés d’avoir contré Boonen et Sagan toute la journée. Il s’offre des tours de vélodrome en solitaire pour savourer ce qui reste, pour nous, la plus belle victoire de sa carrière.


Ce qui lui manque pour être plus haut


Qu’a-t-il manqué au Néerlandais pour figurer plus haut ? On peut trouver plusieurs éléments de réponse. Déjà, sachant que seulement 20 points ne le séparent de la 4e place, un simple top 10 sur le Ronde ou Roubaix en plus l’aurait projeté 4e. Pour être 3e, il lui aurait fallu gagner un Monument en plus, ce qui n’est pas chose aisée. Quant aux deux premières places, elles sont simplement inaccessibles. Mais plus globalement, Terpstra est dans la situation opposée de Mathieu Van der Poel, que l’équipe n’a pas su porter et protéger suffisamment lors des courses. Membre du si prestigieux Wolfpack (bien que le surnom ait été attribué sur le tard), Terpstra, aussi bon soit-il, était au mieux un leader parmi les leaders, au plus souvent un leader caché, parfois un lieutenant de luxe. Et lorsque l’on accompagne un Boonen ou un Gilbert, difficile de s’imposer. Autre point qui lui a fait défaut, en tout cas sur le Ronde en 2015, son déficit en termes de pointe de vitesse. S’imposer en solitaire était la seule option pour le Néerlandais sur les classiques pavées. Contrairement à d’autres spécialistes comme Boonen, Van Avermaet, Sagan ou Kristoff, le Loup QS n’avait pas une grande pointe de vitesse. De quoi le frustrer, certainement, en 2015 lorsqu’il a dû disputer le titre du Ronde dans un duel avec le Norvégien Kristoff, à l’époque certes un des meilleurs sprinteurs du monde. Il aurait été difficile de battre le coureur du Team Katusha, mais une victoire sur ce Tour des Flandres lui aurait permis de grimper d’une place.

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