Top 10 des "Flandriens" : Gilbert, le Monument

Certainement l'un des plus grands coureurs de classiques de l'histoire, Philippe Gilbert est encore plus entré dans la légende en remportant tardivement Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Coursier instinctif et à l'aise sur les pavés, sa présence dans notre classement était une évidence.


"Je pense que c'est une des belles images de ma carrière", affirmait Gilbert en Octobre dernier, en repensant à son arrivée victorieuse sur Le Ronde 2017. Une arrivée en solitaire, à pied , portant fièrement son vélo et son maillot de champion de Belgique sur les épaules. Une image pour l'éternité !

Une image qui symbolise l'aisance du Belge sur les courses d'un jour en général et les pavés en particulier. Pourtant spécialiste et archi-dominateur sur les Ardennaises, le jeune retraité s'est montré à son avantage sur les Flandriennes durant une deuxième partie de carrière marquée par son ambitieuse quête de succès sur les 5 Monuments. Vainqueur à 34 ans du Ronde et à 36 ans de Roubaix, il démontre que le cyclisme demeure un sport d'expérience et de maturité, à l'heure où la jeune génération bouscule les codes et la hiérarchie.


Pourquoi lui ?


Son palmarès parle pour lui.

Philippe Gilbert, c'est donc deux Monuments sur les pavés, avec un Tour des Flandres (2017) et un Paris-Roubaix (2019). Deux courses absolument exceptionnelles qu'il a contribué à magnifier ces années-là tant le scénario a offert un spectacle haletant et accouché d'un vainqueur fantastique.

Mais son palmarès ne s'arrête pas là, puisqu'il faut remonter à ses jeunes années chez la Française des Jeux pour le voir triompher sur les pavés, avec une double victoire (2006 et 2008) sur l'Omloop Het Nieuwsblad.

Des succès acquis en début de carrière (quand on voit la longévité de celle-ci !) rappelant ainsi son aisance naturelle à évoluer sur les pavés.

Aussi, sa régularité sur le Tour des Flandres est à souligner. Au-delà de son triomphe en 2017, il a achevé la course à trois reprises sur le podium (3ème en 2009, 2010 et 2018). Entre 2008 et 2011, il n'a pas quitté le Top 15 de l'épreuve. Une expérience qui lui sera bénéfique l'année de son triomphe !


Gilbert a aussi profité de la force collective de sa formation, l'emblématique Quickstep, pour triompher sur les Monuments. "Si je gagne, c'est grâce à mon équipe", a-t-il d'ailleurs reconnu en 2017. "Ils ont travaillé pour bloquer tout le monde, pour ralentir la poursuite et ça a fonctionné. C'est une vraie victoire d'équipe". Disposant d'une force de frappe exceptionnelle, la formation de Patrick Lefevere était sans doute la mieux armée pour mener Gilbert vers le succès. Mais coursier fantastique, doté d'un sens de la course incroyable, il est allé chercher ses succès en champion. De quoi le placer, sans trop de contestation, parmi les 10 meilleurs du siècle de la spécialité.



Sa plus belle victoire : le Ronde 2017, un Gilbert de Gala


Un scénario épique, une échappée solitaire de 55 bornes et un champion de Belgique wallon qui gagne en Flandres ? La parfaite définition d'une édition du Ronde exceptionnelle.

Parti à l'abordage avec Tom Boonen dès l'ascension du Mur de Grammont à 95km de l'arrivée, Gilbert en a remis une couche dans la deuxième ascension du Vieux-Quaremont, à 55km du but, alors que ses rivaux (Sagan-Van Avermaet) s'apprêtaient à faire la jonction.


Parti dans un costaud numéro en solitaire, le Belge résistait aux poursuivants et pouvait savourer son succès, franchissant la ligne à pied et portant son vélo comme un trophée. Une victoire incroyable et un 3ème Monument qui annonçait le sacre sur Roubaix 2 ans après.


Ce qui lui manque pour être plus haut


Gilbert a été un coureur formidable, offensif et fin stratège. Dominateur et redouté sur les courses d'un jour, il a néanmoins face à lui, pour ce classement, des purs spécialistes des courses pavées ayant triomphé à plusieurs reprises. Son palmarès est vertigineux mais malgré sa régularité sur le Ronde, il est bien loin du duo Boonen-Cancellara.


Même s'il a participé au Tour des Flandres à 11 reprises, il s'est surtout consacré aux classiques Ardennaises durant une longue période. Il n'a ainsi participé ni au Ronde ni à Roubaix de 2013 à 2016, et n'a couru l'Enfer du Nord qu'une seule fois avant 2018. Trop peu pour viser plus haut, face à des coureurs qui faisaient de la saison flandrienne l'objectif majeur de leur saison. Mais cela prouve bien, également, toute la polyvalence et le talent du Belge, qui restera l'un des meilleurs coureurs pavés de sa génération.

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