Top 10 des "Flandriens" : Ballan, l'homme des Monuments

Avec un Tour des Flandres au compteur, Alessandro Ballon figure à la dixième place de notre classement des meilleurs coureurs pavés du 21e siècle. Pur spécialiste des classiques pavées, l'Italien a longtemps été le principal adversaire du duo Boonen-Cancellara. Mais rarement gagnant.

En 2005, pour sa deuxième participation, un Italien de 26 ans alors méconnu surprend son monde sur le Tour des Flandres en prenant la 6e place. Le début d’une longue histoire d’amour entre Alessandro Ballan et les courses pavées. Le Vénétien était destiné à jouer les premiers rôles dans les années à venir sur les classiques flandriennes tant leurs profils lui correspondaient. Il sera toujours au rendez-vous, surtout sur les Monuments, pendant sept ans avant de connaitre une fin de carrière marquée malheureusement par le dopage. Mais il a été l’un des meilleurs coureurs pavés entre 2005 et 2012, l’un des principaux adversaires du duo Boonen-Cancellara. Suffisant pour figurer à la 10e place de notre classement, même si son bilan sur sa régularité aurait mérité mieux.


Pourquoi lui ?


Alessandro Ballan avait le profil parfait pour jouer sur les classiques pavées. A commencer par le gabarit : 1m90 pour 73kg. Suffisamment puissant pour jouer avec les meilleurs sur les pavés de Roubaix et assez léger pour ne pas être gêné sur les monts des Flandres. Mais l’Italien a aussi eu la chance de toujours être dans une équipe qui favorisait ses desseins sur les classiques pavées. Si Lampre n’était pas forcément une spécialiste des Flandriennes, elle a ainsi rapidement offert les pleins pouvoirs à Ballan, jusqu’à son départ chez BMC en 2010, équipe beaucoup plus tournée vers les classiques flandriennes.


Mais si le Vénétien figure dans notre classement, c’est avant tout car sa carrière le mérite. Entre ses débuts en 2004 et sa dernière course professionnelle en juillet 2013, il a glané 4 victoires, soit le tiers de tous ses succès, sur les pavés, dont le Tour des Flandres 2007, sans doute la deuxième plus grande victoire de sa carrière, après les Mondiaux 2008. Il aurait sans doute même dû avoir un palmarès bien plus étoffé s’il n’était pas tombé au cœur de la domination du duo Tom Boonen-Fabian Cancellara. Malgré cela, Ballan a toujours été d’une régularité aussi impressionnante sur les Monuments (5 tops 10 au Ronde, 4 à Roubaix) qu’inexistante sur les autres courses pavées. Il ne cumule même qu’un seul podium sur les autres courses du type, avec une 2e place sur le GP E3 en 2006, battu au sprint par… Boonen. Comme souvent. Mais avec 4 succès sur pavés dont un Monument, Alessandro Ballon mérite bien sa place dans notre Top 10.


Sa plus belle semaine : le printemps 2007


S’il devait choisir une victoire, l’Italien choisirait probablement son titre mondial décroché à domicile, à Varèse en 2008, mais, en ce qui concerne les pavés, rien ne vaut son Tour des Flandres 2007. D’autant qu’en vérité, Ballan a décroché en une semaine, et même en cinq jours seulement, la moitié de ses succès sur les épreuves pavées. Déjà considéré comme un favori après ses places d’honneurs des années précédentes (6e et 5e du Ronde, 3e de Roubaix), le coureur de la Lampre est transparent en début de saison et aborde le mois d’Avril sans la moindre performance majeure. Mais l’Italien est un homme de grands rendez-vous.


Il profite d’abord des 3 Jours de la Panne pour s’offrir son premier succès de la saison en remportant le général et, surtout, pour se donner de la confiance avant le Tour des Flandres, face à une concurrence moindre qu’au Ronde où il retrouve son meilleur ennemi, Tom Bonnen. Le Belge et Leif Hoste sont les deux grands favoris et, pourtant, Ballan ne va pas se contenter de les devancer : il va les battre en un-contre-un. L’Italien attend le Mur de Grammont à 16km de l’arrivée pour bouger, en contrant l’accélération de Boonen. Surpuissant, Ballan laisse sur place le tenant du titre dans une des attaques les plus franches que l’on ait vu dans ce mythe du Tour des Flandres. Seul Leif Hoste peut s’accrocher, et ce jusqu’au sprint final. Le Belge semble parti pour s’imposer mais l’Italien gère parfaitement pour le dépasser au meilleur des moments, sur la ligne. Une journée parfaite pour Alessandro Ballan, devenu le 8e Italien vainqueur du Ronde.


Première victime du duo Boonen-Cancellara


Que manque-t-il à Ballan pour figurer plus haut dans ce classement ? Finalement, pas mal de choses. A commencer par plus de succès. S’il a toujours été très régulier sur les Monuments, l’Italien n’en a après tout gagné qu’un seul, ne triomphant jamais de LA course pavée par excellence, Paris-Roubaix. Et ce malgré pas moins de trois podiums. La faute au duo Boonen-Cancellara. Sur ses trois podiums à Roubaix, la victoire est toujours revenue au Belge ou au Suisse. Et quand l’Italien réussissait l’exploit de les suivre jusqu’au bout, c’est au sprint qu’il était devancé (Roubaix 2008, Flandres 2012). L’Italien a souvent été le meilleur du reste du monde.


Mais, plus globalement, Ballan n’a tout simplement pas assez brillé en-dehors des Monuments. Un seul podium, aucune victoire… son bilan sur les classiques WT pavées est bien trop faible pour viser plus haut. Un succès sur l’Het Nieuwsblad ou sur le GP E3 par exemple lui aurait assuré une ou deux places de mieux dans notre classement. Mais Alessandro Ballan reste tout de même comme l’un des meilleurs coureurs pavés de sa génération.

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