Si nous avions un 4e GT, pourquoi pas aux Etats-Unis 🇺🇸 ? Découvrez le Western Tour
On parle régulièrement d'un 4e Grand Tour en cyclisme. Mais où aurait-il lieu ? À quelle période, alors que le calendrier est chargé de mars à octobre et ne laisse que peu de place à une nouvelle épreuve de trois semaines ? C'est toute la question que nous nous sommes posée. Et notre choix s'est finalement porté sur les États-Unis, qui offrent un immense terrain de jeu et, surtout, la possibilité d'intégrer un Grand Tour au calendrier sans tout bouleverser. On vous explique pourquoi.

On entend parfois évoquer l'idée d'un Grand Tour en Colombie, terre de nombreux grands grimpeurs, avec Nairo Quintana comme figure de proue de toute une génération. Sur le papier, le terrain serait évidemment exceptionnel. Mais une épreuve de trois semaines paraît aujourd'hui difficilement envisageable. D'abord parce que le Tour de Colombie rencontre déjà régulièrement des difficultés financières. Ensuite parce qu'en matière de sécurité et de logistique, déplacer pendant trois semaines l'ensemble des équipes, de l'organisation et de la caravane représenterait un immense défi. Dès lors, nous avons écarté cette possibilité.
Mais avant même de déterminer le pays, il faut sans doute répondre à une autre question : quand organiser ce quatrième Grand Tour ? Dans le calendrier actuel, ultra-chargé, une seule véritable fenêtre semble se dégager : janvier/février. À partir de mars, les grandes courses européennes s'enchaînent presque sans interruption jusqu'à la fin de saison. Installer trois semaines de course à cette période obligerait forcément à bouleverser une grande partie du calendrier.
Il faut donc trouver une région du monde dans laquelle la météo permettrait d'organiser une course de trois semaines en plein hiver européen. Sans forcément rechercher des températures de 25 à 30 degrés, l'objectif serait simplement de limiter au maximum les risques de neige et de gel.
L'Australie, qui accueille déjà le Tour Down Under en janvier, apparaît forcément comme une candidate naturelle. Le pays est immense et le cyclisme y possède une véritable culture. Mais construire trois semaines de course suffisamment variées tout en limitant les immenses transferts semble plus compliqué. Nous nous sommes donc tournés vers un autre géant : les États-Unis.
Le cyclisme américain a certes perdu de sa superbe depuis l'affaire Armstrong et la disparition progressive de plusieurs grandes épreuves, comme le Tour de Californie ou le Tour de l'Utah. Mais il n'a pas disparu pour autant. Plusieurs coureurs américains occupent de nouveau une place importante dans le peloton, à l'image de Brandon McNulty, Quinn Simmons ou encore Andrew August. D'ailleurs, Quinn Simmons a précher lui même pour son pays : "Tout le monde veut le retour Tour de Californie ou de l'Utah." Si lui veut que cette nouvelle course remplace le Tour de Guangxi, on estime que c'est peu probable par rapport à la volonté de l'UCI de développer le cyclisme dans plusieurs pays et continent.
Enfin, et surtout, le pays possède quelque chose de particulièrement intéressant pour notre projet : une diversité géographique presque unique. Et cette diversité pourra être diffusé en prime Time en Europe, puisqu’avec le décalage horaire, nous pourrions avoir chaque soir, à l’instar du foot, une étape en direct. Le succès des classiques canadiennes en est le meilleur exemple.
Évidemment, organiser un Grand Tour aux États-Unis en février impose de faire des choix. Impossible d'imaginer traverser l'ensemble du pays ou de partir à l'assaut des grands cols du Colorado en plein hiver. Mais l'immensité du territoire permet justement de construire une épreuve presque exclusivement dans le sud du pays, où les conditions sont généralement beaucoup plus clémentes à cette période.
Californie, Arizona, Nouveau-Mexique... Sur plusieurs milliers de kilomètres, il est possible d'alterner désert, littoral, moyenne montagne, longues ascensions et grandes métropoles. Les températures peuvent régulièrement atteindre 15 à 20 degrés en journée dans certaines de ces régions en février. Il pourrait évidemment faire beaucoup plus froid au sommet de certaines ascensions, avec même un risque de neige. Mais ce genre de conditions existe déjà ponctuellement sur le Giro ou sur certaines courses d'une semaine comme Paris-Nice.
Alors, plutôt que d'imaginer le plus beau Tour des États-Unis possible sans aucune contrainte, nous avons essayé de construire le Grand Tour américain le plus réaliste possible en février. Trois semaines de course, 21 étapes, des transferts limités et suffisamment de terrains différents pour permettre aux sprinteurs, puncheurs, baroudeurs, rouleurs et grimpeurs de s'exprimer. Il ne reste plus qu'à vous présenter le parcours qu'on a imaginé.
A quoi ressemblerait ce Tour des Etats-Unis 🇺🇸 ? Le parcours imaginé par Vélofuté
Le tracé se concentre essentiellement dans le sud-ouest des États-Unis. La Californie, qui accueillait autrefois le Tour de Californie avant que celui-ci ne disparaisse faute de financement, serait évidemment l’épicentre du parcours. Un Grand Départ de Los Angeles et une arrivée à San Francisco. Entre les deux, la course irait d’ouest en est, en direction du Nouveau-Mexique et de Phoenix, avant de remonter vers le nord de la Californie. Voici le profil et la carte du parcours.

3 294 kilomètres dans l’Ouest des États-Unis et plusieurs grandes villes hôtes comme Las Vegas, Phoenix, Sacramento ou encore San José. L’important était aussi de donner une véritable identité à ce nouveau Grand Tour. Avec un Giro réputé pour ses étapes de montagne longues et difficiles, une Vuelta spécialiste des murs aux pentes extrêmes et un Tour de France traditionnellement plus équilibré, il fallait trouver une identité propre à ce Western Tour.
Nous avons donc décidé qu’il ferait la part belle aux contre-la-montre. Il y en aura quatre au total, dont un contre-la-montre par équipes en ouverture. Le premier chrono individuel aura lieu à Las Vegas lors de la 10e étape. Le suivant se disputera lors de la 19e étape et le dernier lors de la 21e étape B.
Oui, « B ». Nous avons décidé de proposer un format avec deux étapes en une journée pour conclure la course. Là encore, une particularité qui permettra au Western Tour de se démarquer.
Le parcours en détail :
5 étapes de montagne
2 arrivées au sommet
6 étapes vallonnées
3 CLM dont un par équipe
7 étapes de plaines
Le profil des étapes du Western Tour
Étape 1 – Los Angeles > Los Angeles – 21 km
Le Western Tour débute par un contre-la-montre par équipe de 21 kilomètres dans les rues de Los Angeles. Une première étape déjà suffisamment longue pour créer de vrais écarts entre les prétendants au classement général. Il ne faudra pas négliger la composition de son équipe.

Étape 2 – Los Angeles > San Diego – 200 km
Première étape en ligne et déjà 200 kilomètres pour rejoindre San Diego en longeant le sud de la Californie. Après le chrono inaugural, le peloton devrait connaître une journée beaucoup plus tranquille mais le final est très vallonné. Une courte bosse de 800m à 10% à 3km de l'arrivée pourrait faire mal aux sprinteurs et permettre à un puncheur de s'imposer.

Étape 3 – San Diego > Palm Springs – 219 km
Le peloton quitte la côte Pacifique et prend la direction du désert avec une longue étape de 219 kilomètres jusqu'à Palm Springs.
Le changement de décor sera spectaculaire, mais cette troisième journée ne devrait pas encore bouleverser le classement général. Le profil reste favorable aux hommes rapides, même si la longueur de l'étape et l'exposition au vent pourraient compliquer la tâche des sprinteurs.

Étape 4 – Salton City > Blythe – 203 km
Direction plein Est avec une nouvelle journée de plus de 200 kilomètres entre Salton City et Blythe. Une étape au cœur des paysages désertiques du sud de la Californie.
Sur le papier, les difficultés sont limitées. En revanche, le vent pourrait devenir le principal adversaire du peloton sur ces routes particulièrement exposées. Sans bordures, les sprinteurs devraient disposer d'une nouvelle occasion.

Étape 5 – Blythe > Lake Havasu – 167 km
Après trois étapes dépassant les 200 kilomètres, la distance diminue pour rejoindre Lake Havasu. Le Western Tour quitte la Californie pour entrer en Arizona. Le terrain devient progressivement plus accidenté, sans pour autant être difficile. Encore une journée pour les sprinteurs qui vont se régaler sur ce début de course.

Étape 6 – Parker > Phoenix – 246 km
246 kilomètres : l'étape la plus longue de cette première partie de Western Tour. Depuis Parker, les coureurs traverseront une grande partie de l'Arizona avant de rejoindre Phoenix.
Le profil est complètement plat. L'accumulation des kilomètres, le désert et les longues portions rectilignes pourraient peser dans les jambes. Malgré cela, les équipes de sprinteurs auront une nouvelle occasion difficile à laisser passer.

Étape 7 – Phoenix > Globe – 180 km
Après plusieurs journées destinées aux sprinteurs, le classement général entre véritablement en jeu. Le peloton quitte Phoenix pour prendre de l'altitude en direction de Globe.
Le parcours devient beaucoup plus vallonné et l'arrivée devrait favoriser les puncheurs et les grimpeurs capables d'être explosifs. Pas encore une journée pour les leaders mais peut-être une belle opportunité pour les baroudeurs.

Étape 8 – Globe > Strawberry – 157 km
Seulement 157 kilomètres, mais probablement l'une des premières étapes difficiles du Western Tour. Le peloton poursuit sa traversée de l'Arizona avec une arrivée à Strawberry, située à plus de 1 700 mètres d'altitude. Néanmoins, les pourcentages ne sont pas trop difficile et ca ressemble un un sprint en bosse pour les puncheurs. les sprinteurs eux, auront lâché l'affaire dès Oxbow Hill.

Étape 9 – Camp Verde > Prescott – 155 km
Une nouvelle journée courte et accidentée avant le premier jour de repos. Depuis Camp Verde, les coureurs prendront la direction de Prescott, encore une fois située en altitude.
Avec seulement 155 kilomètres, la course pourrait être nerveuse dès le départ. Cette journée est sans doute l'un des premiers rendez-vous pour les leaders du classement général avec le Mingus Moutain, pas forcément très dur mais très long. A voir si certains outsiders tentent d'en profiter.

Étape 10 – Las Vegas > Las Vegas – 38 km
La reprise sera brutale. 38 kilomètres contre la montre autour de Las Vegas, soit un exercice particulièrement long qui pourrait complètement rebattre les cartes.
Les grimpeurs ayant construit une avance en Arizona devront défendre leur position face aux rouleurs. À cette distance, les écarts peuvent rapidement dépasser la minute, voire davantage. L'une des étapes déterminantes de ce Western Tour.

Étape 11 – Las Vegas > Barstow – 241 km
Après le chrono, retour dans le désert avec 241 kilomètres entre Las Vegas et Barstow. Une immense transition entre le Nevada et la Californie.
Cette journée devrait davantage sourire aux sprinteurs, mais sa longueur pourrait donner des idées aux baroudeurs. Après le chrono de la veille, certaines équipes pourraient également choisir de laisser filer une échappée. Un profil intéressant qui laisse du suspense quant au vainqueur du jour et même du scénario.

Étape 12 – California City > Lake Isabella – 182 km
Changement total de profil. Depuis California City, le peloton quitte progressivement le désert pour rejoindre Lake Isabella, au pied de la Sierra Nevada.
Le relief devient beaucoup plus marqué et cette étape pourrait convenir aux baroudeurs comme aux sprinteurs pour une étape qui n'est pas sans rappeler certaines étapes du Giro. Beau suspense en perspective.

Étape 13 – Porterville > Sanger – 216 km
Après Lake Isabella, retour vers la vallée centrale de Californie avec 216 kilomètres entre Porterville et Sanger. Si le profil ressemble à la veille, la montée est beaucoup plus long. 31km et 2000m de dénivelé d'un coup. Un sacré choc pour les sprinteurs. On s'attend donc plus à une victoire d'un baroudeur, d'autant que la longue descente est très favorable à un groupe d'échappée.

Étape 14 – Fresno > Hollister – 182 km
Le Western Tour se rapproche progressivement de la baie de San Francisco. Entre Fresno et Hollister, le terrain redevient globalement plat. Le Pacheco Pass ne devraient pas empĂŞcher les sprinteurs de se jouer la victoire.

Étape 15 – Hollister > Sierra Road – 158 km
Dernière étape avant le second jour de repos et une journée qui pourrait déjà avoir son importance pour le général.
L'approche de San José offre davantage de relief avec notamment Quimby Road (rien a voir avec le Maire de Springfield) et Sierra Road pour conclure. Deux montées très pentues qui vont faire mal aux jambes alors que la fatigue est déjà importante. Une journée clé pour les coureurs du classement général.

Étape 16 – Redwood City > San José – 115 km
115 kilomètres seulement. Le genre d'étape qui peut viter devenir complètement incontrôlable et difficile à négocier, surtout au lendemain d'une journée de repos. Il ne faudra pas repartir avec les jambes endoloris de la veille.
La faible distance favorisera une course agressive et les équipes auront beaucoup moins de temps pour réparer une erreur. L'Empire Gap et ses 5km à 11% sera décisif et proposera les premiers gros pourcentages de l'épreuve.

Étape 17 – San José > Sacramento – 178 km
Direction la capitale californienne avec une étape de 178 kilomètres vers Sacramento.
Après plusieurs journées plus accidentées, les sprinteurs devraient retrouver une occasion particulièrement intéressante. À quatre jours de l'arrivée, ce sera leur dernière chance.

Étape 18 – Sacramento > Lakeport – 209 km
Le Western Tour prend définitivement la direction du nord. Plus de 200 kilomètres séparent Sacramento de Lakeport, au bord de Clear Lake.
Le terrain se durcit progressivement à l'approche du lac. Une journée qui devrait surtout intéresser les baroudeurs ainsi que les puncheurs. Ca promet une belle bagarre pour prendre l'échappée mais aussi pour la victoire sur un profil qui peut convenir à de nombreux coureurs.

Étape 19 – Lakeport > Clearlake Oaks – 40 km
Un deuxième contre-la-montre individuel, cette fois autour de Clear Lake, complètement plat une nouvelle fois. Avec 40 kilomètres, c'est un nouvel effort extrêmement long placé à seulement deux jours de l'arrivée.
À ce stade, aucune faiblesse ne pourra être cachée. Les grimpeurs devront avoir accumulé une avance importante auparavant pour résister aux meilleurs rouleurs. Le classement général pourrait encore être totalement bouleversé.

Étape 20 – Hidden Valley Lake > Mount Diablo – 142 km
Voilà probablement l'étape reine du Western Tour. Seulement 142 kilomètres entre Lakeport et le Mont St Helena, mais une arrivée en altitude.
Placée au lendemain d'un chrono de 40 kilomètres, cette étape peut provoquer des écarts. Les coureurs ayant perdu du temps la veille n'auront plus rien à attendre et devront attaquer.

Étape 21a – San Rafael > San Rafael – 67 km
Une dernière journée particulière puisqu'elle sera divisée en deux demi-étapes. Le matin, seulement 67 kilomètres autour de San Rafael. Une étape très courte mais montagneuse. Ca promet.

Étape 21b – San Francisco > San Francisco – 12 km
Pas de traditionnel défilé pour conclure ce Western Tour. Le vainqueur sera désigné après un ultime contre-la-montre de 12 kilomètres dans San Francisco.
Après trois semaines et près de 3 200 kilomètres, les écarts pourraient encore évoluer jusqu'au dernier instant. La distance est courte, mais suffisante pour renverser le classement si quelques secondes seulement séparent les premiers. Une conclusion spectaculaire au cœur de San Francisco.

Alors, que pensez-vous de notre parcours? De notre idée de GT aux USA? Pour être honnête, un 4e GT dans l'état actuel paraît peu probable. Une course deux semaines pourrait être intéressante sans doute. C'est un format à étudier.






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