Remco Evenepoel : un transfert retentissant chez RedBull Bora hansgrohe en 2026 qui change tout?
- Titouan Lallemand
- 6 août
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 août
C’était attendu, et pourtant, l’annonce a fait l’effet d’une bombe : Remco Evenepoel quitte Soudal Quick-Step pour rejoindre transféré chez Red Bull-Bora-Hansgrohe en 2026. Un transfert choc — sans doute le plus marquant de l’année — au sein de la formation allemande dirigée par Ralph Denk. Une arrivée qui va tout bouleverser, et pas seulement en interne. Ce transfert aura des répercussions à l’échelle du peloton. Voici ce que ça va changer.

À 16h59, le monde du vélo s’émerveillait devant le sens tactique de Jan Christen, quand soudain, à 17h pétantes, Red Bull-Bora-Hansgrohe annonçait, d’un simple tweet, l’arrivée de Remco Evenepoel dans ses rangs. Une annonce à l’effet boule de neige, puisqu’elle pourrait enfin lancer le mercato et bouleverser bien des choses.
Remco Evenepoel chez Red Bull pour tout faire basculer ?
L’arrivée de Remco Evenepoel au sein de Red Bull-Bora-hansgrohe marque un tournant majeur dans la carrière du Belge. À 25 ans, malgré un palmarès bien garni qui ferait rêver 99,99 % des coureurs, Evenepoel n’est pas pleinement satisfait. Sa saison 2025 est un échec, entre une blessure qui a perturbé son hiver et un Tour de France raté, abandonné en cours de route.
Si tout semblait déjà bien engagé avant même le début de la Grande Boucle, cette signature résonne comme un nouveau départ, un élan nouveau dans sa quête du Graal : le Tour de France. Déjà sur le podium en 2024, il a prouvé à tous ses détracteurs — à la mémoire parfois courte — qu’il pouvait être le grimpeur de grande classe qu’il faut être pour rêver de la plus haute marche. Tadej Pogacar ne sera pas éternel : il évoque même une retraite potentielle en 2028. Le double champion olympique aurait alors 28 ans. De quoi entretenir la motivation d’Evenepoel !
Cet objectif de victoire sur le Tour, Remco ne le porte pas seul. Ralph Denk, PDG de la formation allemande, le partage depuis longtemps. Il y a deux ans déjà, il espérait s’en rapprocher avec Primoz Roglic. Mais ce dernier, malgré un niveau toujours excellent, n’incarnait pas l’avenir — contrairement à l’ancien coureur de Soudal Quick-Step. Dans le communiqué, l’Allemand a affirmé : « Remco incarne l’ambition. » Une qualité qui décrit aussi très bien Denk lui-même. Les deux hommes étaient faits pour s’entendre. Par ailleurs, cette détermination s’inscrit parfaitement dans l’ADN de Red Bull. Un mariage qui semble donc idéal sur le plan mental. Et sur le plan sportif, il y a aussi des raisons d’y croire.
Son salaire devrait approcher les 8 millions annuels de Tadej Pogacar. On parle de 6,6 M par an. Son contrat serait de trois ans. Là encore, l’arrivée de Red Bull dans l’équipe l’an dernier a changé la donne et rendu cette opération possible.
Sportivement, Remco a tout à y gagner. Il rejoint une équipe disposant de moyens bien supérieurs. Avec un budget avoisinant probablement les 40 millions d’euros, Red Bull-Bora pourra non seulement bâtir une équipe solide autour de lui, mais aussi investir dans la R&D et la performance. Il pourra par exemple compter sur Patxi Villa, qui a une vraie influence en montagne. Il a notamment contribué à relancer Valverde en 2021. C’était lui aussi sous Sagan à son prime et ses efforts paient avec Lipowitz. Pour ce qui est de l’équipe, même si Mikel Landa a réalisé un excellent travail en 2024, l’équipe sera globalement plus compétitive, notamment en montagne, où la présence de Florian Lipowitz pourrait pousser Evenepoel à élever son niveau. Un moteur de motivation supplémentaire. Avec Lipowitz, Hindley, Pellizzari ou Vlasov, Remco Evenepoel aura une Dream Team à ses côtés. De quoi rêver grand ?
L’effet boule de neige : un départ inéluctable de Primoz Roglic
Qui dit arrivée d’un grand leader dit souvent départ d’un autre. En fin de contrat sur le papier, Primoz Roglic a probablement senti le vent tourner. Son départ semble acté, et plusieurs formations se sont déjà renseignées à son sujet. Parmi elles, Movistar, qui ne parvient plus à peser sur les Grands Tours en dehors de la Vuelta. Elle s’apprête d’ailleurs à vivre une année noire avec l’absence d’Enric Mas sur la prochaine Vuelta — un coup dur pour la formation espagnole.
C’est sans doute l’occasion de tout remettre à plat. Movistar s’intéresse aussi à Juan Ayuso, mais devra convaincre un nouveau partenaire financier pour y parvenir. Roglic, lui, est plus accessible, mais comme pour Bora il y a deux ans, il ne représente pas le renouveau — plutôt une rustine sur un pneu déjà bien usé.
Cependant, un article de l'Equipe nous apprend que Primoz Roglic pourrait rester car il aurait activé son année bonus. Un choix qui nous étonnerait beaucoup mais qui rendrait réel ce qu'on devine depuis au moins un an : Roglic est sur le déclin et va accepter d'avoir des objectifs plus secondaires comme le Tour de Suisse qu'il n'a jamais gagné et peut-être encore et toujours la Vuelta, mais pas comme leader unique.
Soudal Quick-Step face à ses choix récents
En décidant, il y a deux ans, de tout miser sur Remco Evenepoel pour le Tour de France, la formation belge a tourné le dos à ses racines, celles des classiques, qui l’avaient portée au sommet du WorldTour. Le Wolfpack s’est disloqué et n’est plus que l’ombre de lui-même. Ce secteur a été sacrifié au profit d’un leader qui, après deux ans, s’en va.

Que reste-t-il ? Un Mikel Landa qui aura enfin la chance — méritée — d’avoir carte blanche sur les courses à étapes en 2026. Un Tim Merlier, sans doute le meilleur sprinteur du monde actuellement, mais qui, à presque 33 ans, n’incarne pas l’avenir. Paul Magnier pourrait offrir un espoir, mais il n’a pas le profil du Flandrien capable de redonner le sourire à la Quick-Step, tout comme Landa n’est pas celui qui fera valider le projet Tour de France de Soudal.
Soudal Quick-Step est donc à la croisée des chemins : s’obstiner dans un domaine qu’elle ne maîtrise plus — voire n’a jamais vraiment maîtrisé — ou revenir à ses racines, les classiques. Pour nous, le choix semble évident. Mais il faudra se reconstruire, et cela prendra du temps, sauf à utiliser les fonds libérés par le départ de Remco Evenepoel pour attirer un Arnaud De Lie. Le futur du jeune Belge est encore incertain, surtout avec la possible fusion Lotto–Intermarché, qui pourrait libérer des opportunités. Mais le recrutement de Jasper Stuyven donne peut être déjà une idée de la direction que souhaite prendre Soudal Quick Step pour le futur. Du côté des autres coureurs libres en 2026, les options ne sont pas nombreuses, à moins qu’un Tim Wellens ou un Stefan Küng ne soit tenté par l’idée de relancer l’équipe belge sur les classiques, là où est sa vraie place.
Un marché des transferts qui pourrait enfin se débloquer ?
À l’arrêt jusqu’à présent, notamment en raison des rumeurs de relégation ou de fusion, le marché des transferts pourrait enfin s’activer avec la signature de Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora-Hansgrohe. Un jeu de chaises musicales pourrait débuter avec le départ de Roglic, et de possibles arrivées chez Soudal. Pourquoi pas Biniam Girmay, annoncé partant, comme nouvelle tête d’affiche ?
Le départ d’Evenepoel risque en tout cas d’avoir de lourdes répercussions sur la suite du mercato et sur l’écosystème global du cyclisme.
Article au top comme souvent! C’est vraiment un coup dur pour Soudal Quick Step! L’année 2026 va être difficile