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Pogacar – Vingegaard : Saison 3, acte 1 sur Paris-Nice

Après le duel à distance de pré saison et avant le grand affrontement sur le Tour de France, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard se retrouvent sur Paris-Nice. Favoris de la course au soleil pour leurs premières participations, les deux champions se montrent sereins et amis avant d’en découdre.

C’est un moment qu’on aurait aimé photographier autrement qu’avec nos yeux. Quelques minutes avant le départ de Paris-Nice dimanche à la Verrière, Tadej Pogacar répond gentiment aux questions de la presse. Assis sur son vélo, il ne voit pas derrière lui Jonas Vingegaard, descendant du podium protocolaire et se dirigeant lui aussi vers les journalistes. Sauf que le Slovène, positionné au milieu du chemin entre la rambarde et les affiches des sponsors, empêche le Danois de passer. Ce dernier le tapote sur l’épaule, se fraie un chemin et s’arrête à son niveau. S’en suit alors une très belle accolade entre les deux favoris de la course au soleil, avec de jolis sourires.


Évidemment, cette scène de fair-play peut paraître anodine ou hypocrite pour certains, mais elle en dit bien plus, en réalité, sur la « rivalité » entre les deux meilleurs coureurs de Grand Tour du moment. « Je ne vois pas pourquoi ce serait un duel non-amical, c’est pour ça que je parle d’un duel amical. C’est juste du sport, juste un jeu, et à la fin nous sommes tous des amis », a déclaré le Slovène, un brin candide, avant le départ. Si Vingegaard n’a pas eu de mots aussi doux envers son adversaire, le résultat est le même : les deux champions s’estiment, se respectent et s’apprécient énormément. De quoi offrir un duel spectaculaire et toujours fair-play entre les deux coureurs les plus en forme du peloton.


Des formes exceptionnelles des deux cotés


Car avouons-le, on trépigne d’impatience de voir s’affronter ces deux géants dans une forme absolument olympique : avec 4 victoires en 6 jours de course en plus du général du Tour d’Andalousie, Tadej Pogacar a posé les bases d’une saison record, lui qui compte déjà 51 victoires à seulement 24 ans. Surtout, il a lancé son année 2023 avec un raid solitaire victorieux de 42 kilomètres pour remporter la Jaen Paraiso Interior en Espagne. Initialement prévu au départ des Strade Bianche samedi dernier, le double vainqueur du Tour a préféré se préserver pour la course au soleil. « Cette année j’ai changé mon calendrier, j’ai passé plus de temps chez moi, fait plus d’entraînement classique, je me sens plus relaxé », a-t-il confié dimanche matin. Un calendrier modifié mais surtout allégé, puisqu’il avait participé à l’UAE Tour et aux Strade en 2022 avant de courir (et de gagner) Tirreno-Adriatico. Un changement sûrement lié à son duel avec Vingegaard, qui a fait de Paris-Nice un gros objectif de sa saison.


« Mon objectif premier cette saison est évidemment le Tour de France, c’est pourquoi je veux y arriver dans la meilleure forme possible. Mais Paris-Nice est aussi un gros objectif, j’ai envie de donner le meilleur de moi-même pour essayer de gagner le général », déclarait le Danois sans détour à La Verrière. Et il faut dire que lui aussi est en forme avec 3 victoires plus le général sur Gran Camino. Le leader de Jumbo-Visma a tout simplement écrasé la concurrence, toutefois pas du même niveau que celle du Slovène en Andalousie.


A formes égales, à qui l’avantage ?


Avec des formes exceptionnelles mais semblables, une question persiste : qui des deux larrons est favori pour remporter ce 155e Paris-Nice ? « Pogacar est le grand favori de la course et si vous voulez gagner, vous devez le battre », pour Vingegaard, alors que Pogacar annonce lui que « Jonas est l’un des grands favoris ici ». Passons sur ces échanges de déclaration, et venons-en au parcours : alors qu’on attendait un possible numéro du collectif néerlandais, c’est bien le Slovène qui a distillé la première banderille dimanche à 7km de l’arrivée à la Verrière. S’il a récupéré six précieuses secondes de bonification, sa tentative s’est montrée veine, puisque le Danois avait suivi. Mais Pogi a eu raison d’essayer : si le profil de la dernière étape niçoise semble parfaitement lui correspondre, le réel enjeu sera pour lui de ne pas l’aborder avec trop de retard. Car avec dans ses rangs Tobias Foss, Rohan Dennis ou Nathan Van Hooydonck, la Jumbo-Visma compte sur le contre-la-montre par équipes de mardi pour marquer un grand coup et placer son leader danois suffisamment loin devant le vainqueur du Tour 2020 et 2021. Mais dès le lendemain à la Loge des Gardes, le duel amical sera au centre de l’attention à 1077 mètres d’altitude, avant une autre grande explication samedi en haut de la Couillole (15,7 km à 7,1% de moyenne). Bref, ce duel s’annonce brillant et ensoleillé avant l’apothéose cet été. Car avant le départ du Tour au Pays-Basque le 1er juillet prochain, les deux compères ne se recroiseront pas. Profitons donc comme il se de ce Paris-Nice de gala.

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