Olav Kooij : « Le maillot vert n'est plus un objectif, je vise une victoire d'étape sur le Tour de France 2026 »
- Titouan Lallemand
- il y a 17 heures
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Après plusieurs mois de doute liés à une longue maladie, Olav Kooij sera finalement au départ du Tour de France 2026, le premier de sa carrière. Une sélection apprise très récemment par le sprinteur néerlandais, dont la situation a bien changé depuis l’hiver dernier. Le maillot vert n’est désormais plus une priorité : chez Decathlon CMA CGM, l’objectif est clair, viser une victoire d’étape tout en accompagnant Paul Seixas dans la bataille du classement général. Entre son train de sprint, ses problèmes de santé, ses ambitions revues et sa cohabitation avec le jeune Français, Olav Kooij n’élude aucun sujet. Interview.

Olav Kooij a rejoint Decathlon CMA CGM cet hiver, avec un objectif en tête, participer à son premier Tour de France, alors qu'il était barré chez Visma Lease a Bike. A 3 jours du Grand Départ, il paraissait très serein et déterminé durant la conférence.
Olav Kooij : « Le maillot vert n'est plus un objectif, je vise une victoire d'étape sur le Tour de France 2026 »
Tu as rejoint Decathlon CMA CGM pour plusieurs raisons. La participation au Tour de France faisait-elle partie des éléments décisifs de ton choix ?
Oui, bien sûr. Après les dernières saisons, c'était clairement quelque chose que j'attendais avec impatience. Je voulais franchir un cap. Je suis très satisfait de ma nouvelle équipe, de son approche et de toute la préparation que nous avons pu mettre en place en vue de ce Tour de France.
Depuis quand sais-tu que tu allais participer au Tour de France ?
Depuis moins d'une semaine. La décision de me sélectionner est arrivée assez tard. J'ai été officiellement informé vendredi dernier.
J'ai fait tout ce que je pouvais après ma période d'arrêt pour retrouver un bon niveau. Il n'y a pas si longtemps, il y avait encore beaucoup d'incertitudes. Mais dès que j'ai pu reprendre la compétition, tout le monde était satisfait de mon niveau. Il fallait encore voir comment j'allais évoluer. La préparation n'a peut-être pas été parfaite, mais je pense être à un niveau suffisant.
Cette décision dépendait aussi de ton train de sprint. Quelle est l'importance de Cees Bol et Dan Hoole pour toi ?
Une grande partie des sprints se joue au placement. Toutes les équipes cherchent à amener leur sprinteur dans les meilleures conditions possibles jusqu'au dernier kilomètre. Avoir des équipiers capables de faire ce travail augmente forcément les chances de gagner. Cees et Dan sont donc très importants.
J'ai entièrement confiance dans les coureurs qui m'entourent. Nous avons véritablement commencé à travailler ensemble samedi dernier. Dans un monde idéal, j'aurais aimé courir davantage avec eux avant le Tour, mais ce n'était pas possible. Nous devons encore apprendre à mieux nous connaître en course, mais avec une bonne communication, je pense que cela fonctionnera très bien.
À quel niveau te situes-tu aujourd'hui ? Es-tu proche de ton meilleur niveau ?
Oui, je pense être assez proche. On essaie toujours d'avoir une préparation parfaite, mais ce n'est jamais une science exacte. J'ai fait tout ce que je pouvais et, aujourd'hui, je suis satisfait de mon niveau.
L'hiver dernier, tu disais viser le maillot vert. Après tout ce qu'il s'est passé cette saison, est-ce toujours ton objectif ou ton approche a-t-elle changé ?
Oui, cela a changé. Comme tu l'as dit, cet hiver, nous envisagions de viser le maillot vert. Mais aujourd'hui, ce n'est plus vraiment notre principal objectif. L'équipe a plusieurs ambitions et, pour ma part, je me concentre surtout sur une victoire d'étape plutôt que sur le classement par points.
Cela signifie que tu ne disputeras pas les sprints intermédiaires ?
Non.
Tu as battu Jasper Philipsen et Tim Merlier sur le Tour de Belgique. Pourquoi ne pas viser malgré tout le maillot vert ?
Parce que nous avons plusieurs objectifs. Il y a le classement général avec Paul Seixas, comme tout le monde le sait, et il y a aussi les étapes de sprint pour moi. Viser le maillot vert demande énormément d'investissement, notamment sur les sprints intermédiaires. Nous avons donc décidé de nous concentrer sur une victoire d'étape pour moi et sur le meilleur classement général possible pour Paul. Cette année, nous ne visons pas le maillot vert.

As-tu douté pendant ta période sans compétition ? As-tu eu peur de manquer le Tour de France ?
Oui, le Tour est toujours resté mon objectif. Mais je n'ai pas été certain de pouvoir y participer pendant longtemps. Il y a eu des moments où je doutais vraiment. Malgré tout, j'ai simplement essayé de faire tout ce qui était possible pour être prêt. Heureusement, nous avions encore suffisamment de temps.
Peux-tu expliquer précisément la nature de ton problème de santé ?
J'ai attrapé un virus qui m'a éloigné de la compétition pendant assez longtemps. J'étais constamment très fatigué et incapable de m'entraîner pendant une longue période. Une fois rétabli, il m'a fallu du temps pour retrouver la condition nécessaire pour courir au plus haut niveau.
Quel sera le partage des rôles entre toi et Paul Seixas sur ce Tour de France ?
Nous devons encore tenir quelques réunions plus détaillées, mais dans les grandes lignes, mon objectif sera de gagner les étapes de sprint. Tous les autres jours, y compris lors des étapes pour sprinteurs si nécessaire, la priorité sera d'apporter le meilleur soutien possible à Paul. S'il a besoin d'aide, même sur une étape de sprint, il bénéficiera du soutien de l'équipe.
Comment juges-tu l'ascension de Paul Seixas cette saison ?
Honnêtement, c'est très impressionnant. Il avait déjà montré énormément de talent l'an dernier, mais la progression qu'il a réalisée cette saison est remarquable. Le voir évoluer à un tel niveau à son âge est assez exceptionnel. Tous ceux qui suivent le cyclisme sont curieux de voir ce qu'il sera capable de faire sur ce Tour de France. Moi aussi.
Toute l'attention médiatique autour de Paul Seixas te facilite-t-elle les choses ou, au contraire, les complique-t-elle ?
Cela ne change rien pour moi, ni dans ma préparation ni dans ma façon d'aborder la course. Pour l'équipe, c'est surtout une chance d'avoir un talent capable de rivaliser avec les meilleurs au classement général. J'espère simplement pouvoir compléter cela avec de bons résultats sur les étapes de sprint.
Au Giro, on a vu une excellente entente entre Félix Gall et Tobias Lund Andresen. Peut-on s'attendre à la même dynamique entre toi et Paul Seixas ?
Oui, je pense. C'est d'ailleurs une situation à laquelle je suis habitué. Chez Visma, j'ai souvent couru aux côtés d'un leader du classement général, que ce soit sur le Giro ou sur d'autres courses par étapes. J'apprécie cette dynamique.
Quelle est la plus grande différence que tu as remarquée entre Visma et Decathlon CMA CGM ?
La première chose que l'on remarque, c'est évidemment le vélo et certains équipements. C'est une différence très visible pour un coureur. Ensuite, il y a toutes les petites habitudes autour des courses. Quand on reste plusieurs années dans la même équipe, on connaît tout le monde et toutes les méthodes. Ici, l'un des plus grands changements est surtout de découvrir énormément de nouvelles personnes.
Penses-tu que Decathlon CMA CGM possède aujourd'hui tous les ingrédients pour rivaliser avec UAE, Visma ou Red Bull ?
Dans certains domaines, oui, l'équipe est déjà au plus haut niveau. Dans d'autres, il y a encore une marge de progression. Mais, de ce que je peux voir, le niveau de performance est déjà extrêmement élevé. C'est aussi motivant de constater que beaucoup de personnes travaillent dans tous les départements pour continuer à faire progresser l'équipe.
As-tu déjà des objectifs pour la suite de la saison après le Tour de France ?
Pas vraiment. Pour l'instant, je suis totalement concentré sur le Tour. On verra ensuite. Il restera encore plusieurs courses adaptées aux sprinteurs, ce sera probablement mon principal objectif. J'aimerais aussi continuer à travailler avec mon train de sprint afin que nous progressions ensemble et que notre organisation devienne encore plus performante.
Merci Olav et bon Tour de France 2026

