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Où en est AG2R-Citroën Team avant 2024 ?

Alors que l’arrivée en 2021 de Citroën devait permettre à AG2R de franchir un palier, le bilan après trois saisons est peu reluisant. L’orientation vers les classiques, notamment flandriennes, sonne comme un échec, et l’équipe savoyarde semble prendre un nouveau tournant dans son histoire. Analyse.

Un mariage est l’union de deux êtres qui se promettent fidélité et soutien éternel, pour le meilleur et pour le pire. Si les partenaires sont sûrs d’eux au moment de se dire oui, les erreurs arrivent et certains serments se rompent, quelque temps après. Il en résulte un divorce souvent douloureux, parfois salutaire. A l’heure précise où nous écrivons ces lignes, il est encore tôt pour dire si l’union entre AG2R et Citroën se terminera en divorce, mais la tendance est plutôt vers une séparation en bons termes. Annoncé en fanfare en juillet 2020, le partenariat entre la mutuelle, sponsor titre depuis 2000 et actionnaire majoritaire de la structure (70%), avec la marque au chevron, prévoyait une durée de 5 ans, de janvier 2021 à décembre 2025. Mais le deal comprenait une clause de reconduction fin 2023. Si rien n’est encore officiel, nos confrères du Parisien annonçaient début septembre que Citroën serait remplacé par Decathlon via sa marque de vélo Van Rysel. Nous ne sommes pas en mesure de le confirmer, mais tout devrait se décanter en octobre.


En attendant, une question centrale demeure : où en est la formation de Vincent Lavenu ? En juillet 2020, l’équipe annonçait un budget de 23 millions d’euros par an et de l’ambition, avec les classiques flandriennes comme nouvel objectif. De quoi viser, à court terme, le top 10 des équipes World Tour. Mais trois saisons plus tard, le bilan n’est pas très flatteur. Après avoir bouclé le cycle UCI 2020-2022 à la 12e place, AG2R Citroën Team pointe actuellement à une bien triste 18e place, loin de ses espérances. L’orientation vers les Classiques a été appuyée par un recrutement important : en plus du prometteur Stan Dewulf, c’est le champion olympique Greg Van Avermaet qui rejoignait Oliver Naesen pour former un trio solide. Mais hormis un podium acquis de haute lutte par « GVA » sur le Ronde en 2021, après une 6e place sur l’E3, le trio n’est jamais parvenu à décrocher une victoire d’envergure. La faute, très certainement, à une adversité d’une densité folle.


Recentrer l’équipe sur son ADN, les Grands Tours


Mais ce bilan sur 3 ans permet également de renforcer une conviction : AG2R est avant tout une équipe de Grands Tours. Les décideurs ont voulu changer de spécialisation, mais c’est bien sur les courses de 3 semaines que leur collectif a brillé. 4e du général du Tour de France en 2021 avec Ben O’Connor, puis 8e avec Félix Gall en 2023, les blanc et marron ont rayonné sur les routes françaises, comme à leur habitude, malgré le départ de leur figure emblématique Romain Bardet fin 2020. A ces places s’ajoutent 6 victoires d’étape en GT depuis 2021, de quoi valider s’il le fallait qu’AG2R est bien une équipe de Grand Tour. Le virage opéré fin 2020, avec l’arrivée de Citroën, semble donc être un échec. Mais maintenant, que faire ?



La direction chambérienne semble avoir dressé le même bilan, et en tire les conclusions. Elle se sépare de sa star Greg Van Avermaet, qui tire sa référence à la fin de la saison, à 38 ans. Avec le Belge, c’est la tête de gondole de l’effectif flandrien qui s’en va. Arrivé en 2017, Oliver Naesen n’a lui pas encore prolongé, au contraire de Benoît Cosnefroy, qui va continuer jusqu’en 2025. A l’heure actuelle, aucune recrue n’a été annoncée, la faute notamment à l’incertitude liée à Citroën. Malgré cela, plusieurs noms ont fuité. Vainqueur d’étape sur la dernière Grande Boucle, Victor Lafay devrait quitter Cofidis pour poser ses valises à Chambéry. En fin de contrat chez Bora-Hansgrohe, le sprinteur irlandais Sam Bennett, maillot vert du Tour 2020 mais en perte de vitesse, pourrait aussi rejoindre la troupe de Vincent Lavenu pour les deux prochaines saisons. Deux noms relativement clinquants pour redonner une impulsion à AG2R, et qui en appellent encore d’autres.


Renforcer la formation avec une équipe continentale


L’autre point central du nouveau virage opéré par Vincent Lavenu concerne les jeunes. Depuis 2000, AG2R finançait le Chambéry Cyclisme Formation (CCF), qui lui servait de centre de formation pour les espoirs. La passerelle entre les deux entités a permis à de nombreux coureurs de passer pro et d’éclore, comme Romain Bardet, Benoît Cosnefroy ou Pierre Latour. Mais ce modèle de centre de formation sans équipe continentale est devenu un obstacle pour les Savoyards. Alors que les coureurs deviennent professionnels de plus en plus jeunes, la continentale permet une transition rapide et parfaite vers le World Tour. Ce qui explique que certains talents, comme Romain Grégoire, ont poursuivi leur formation dans d’autres structures dotées d’une continentale, comme Groupama-FDJ. « Si on n’est pas capables de proposer une structure professionnelle à la sortie des juniors, c’est difficile de continuer cette filière de formation. Le choix a été fait de demander au CCF d’intégrer la structure professionnelle et de se transformer en équipe continentale. L’accord n’a pas été trouvé, donc c’est une histoire qui malheureusement se termine », expliquait fin mai Vincent Lavenu à nos confrères de France Bleu. Une structure professionnelle espoirs est donc en cours de création pour coller à l’évolution du cyclisme et garder les nombreux talents, comme le récent champion du monde U19 Léo Bisiaux.


AG2R s’est nourri des trois dernières saisons difficiles et de l’échec du virage pris fin 2020 pour revenir sur une identité qui lui est propre. Le nouveau départ attendu pour cette fin d’année doit permettre aux Savoyards de redevenir une équipe qui compte dans le peloton World Tour, et de s’éviter les peurs de la relégation pour le cycle 2023-2025. Après la transition en 2023, 2024 s’annonce déjà crucial.

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