Mattéo Vercher (Team TotalEnergies) : « Gagner une course de haut niveau dans le futur »
- Romain Bougourd

- 14 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 avr.
11e surprise du général du dernier Paris-Nice, le Lyonnais Mattéo Vercher réalise sa 4e saison professionnelle, et sa 6e saison au sein du collectif vendéen. Il aborde désormais son deuxième bloc de la saison avec ambition, et a à cœur de porter haut les couleurs du Team TotalEnergies, qui joue sa survie cette saison. Entretien.

Mattéo Vercher (Team TotalEnergies) : « Gagner une course de haut niveau dans le futur »
Retrouvez l'entretien complet de Mattéo Vercher du Team TotalEnergies.
Comment te sens-tu après ton beau Paris-Nice, conclu à la 11e place du général ?
Je me sens globalement très bien et surtout satisfait. Paris-Nice représentait la fin du premier gros bloc de compétition de ma saison, et terminer sur une performance solide est très positif. C’était d’autant plus satisfaisant que ce résultat n’était pas forcément attendu. Physiquement, il y a de la fatigue accumulée, notamment parce que j’ai dû assumer un rôle différent de celui que j’occupe habituellement. Mais cette fatigue est saine, elle vient avec la performance et l’engagement.
Avais-tu l’objectif de jouer le classement général ?
Non, pas du tout. L’objectif initial était clairement de travailler pour l’équipe et de préparer certaines étapes. Il y avait un plan établi avec un autre leader. Mais les circonstances de course ont évolué, et je me suis retrouvé progressivement dans une position favorable. À partir de là, on a adapté la stratégie. C’est vraiment la course qui a dicté ce changement, pas une intention de départ.
Qu’est-ce que cette performance t’apporte concrètement ?
Principalement de la confiance. Dans le haut niveau, c’est un élément clé. Savoir que l’on est capable de tenir une semaine de course à ce niveau-là, de répondre présent dans des moments clés, ça change beaucoup de choses mentalement. Ça valide aussi le travail effectué en amont.
Avec le recul, penses-tu que tu pouvais faire mieux ?
Honnêtement, j’ai le sentiment d’avoir exploité au maximum mes capacités actuelles. Bien sûr, il y a toujours des détails à améliorer, notamment dans la gestion des efforts ou le placement. Mais globalement, je suis aligné avec ce que je peux produire aujourd’hui. Et c’est encourageant pour la suite.
Qu’as-tu appris sur toi-même lors de cette course ?
J’ai appris que j’étais capable d’assumer un rôle plus important que prévu. J’ai aussi compris que je pouvais être régulier sur plusieurs jours, ce qui est essentiel pour les courses à étapes. En revanche, j’ai aussi identifié mes limites, notamment sur certains profils de montée ou sur la récupération.
Comment as-tu vécu le fait d’avoir une équipe à ton service ?
C’était une expérience assez nouvelle pour moi. Habituellement, je suis plutôt dans un rôle d’équipier. Là, sentir que toute l’équipe est mobilisée pour te mettre dans les meilleures conditions, c’est très valorisant. Ça crée aussi une forme de responsabilité supplémentaire. Ça m’a vraiment marqué positivement.
L’absence notamment de Jordan Jegat t’a permis d’avoir ce rôle de leader. Te considères-tu aujourd’hui comme un leader potentiel ?
Je pense qu’il faut rester mesuré. J’ai montré que je pouvais assumer certaines responsabilités sur une course d’une semaine, mais je ne suis pas encore au niveau des leaders comme Jordan sur des formats plus exigeants comme les Grands Tours. Il y a encore une marge de progression importante.
"Sur le moment, il y avait forcément de la frustration parce qu’on est compétiteur. Mais aujourd’hui, je vois surtout l’expérience que ça m’a apportée". (Mattéo Vercher sur sa 2e place sur la 18e étape du Tour de France 2024)
As-tu la capacité d’être protégé sur certaines courses ?
Oui, sur des courses ciblées, c’est envisageable. Mais le cyclisme reste un sport collectif avec des équilibres à respecter. On ne peut pas être leader sur toutes les courses. Il faut s’inscrire dans une stratégie d’équipe cohérente, et le statut d’équipier me convient très bien.

On t’a découvert avec cette 2e place sur le Tour de France 2024 à Barcelonnette, battu d’un boyau par Victor Campenaerts. Que retiens-tu de cette journée avec du recul ?
Avec du recul, c’est une très belle performance. Sur le moment, il y avait forcément de la frustration parce qu’on est compétiteur. Mais aujourd’hui, je vois surtout l’expérience que ça m’a apportée. Ça prouve que même sur les plus grandes courses, des opportunités existent.
Quel est ton profil aujourd’hui en tant que coureur ?
Je dirais que je suis polyvalent. Je ne suis pas le meilleur grimpeur, ni le meilleur sprinteur, mais je suis capable d’être performant sur plusieurs terrains. C’est à la fois une force et une contrainte, car les opportunités sont parfois plus rares.
Quelles sont tes ambitions à moyen terme ?
Je veux continuer à progresser et à saisir les opportunités qui se présentent. Mon objectif est clairement de gagner une grande course. C’est une étape importante dans une carrière.
"On cotise tous pour valoriser l’équipe. Avec mon beau Paris-Nice, j’ai cotisé pour donner une bonne image de l’équipe."
Quel est un objectif que tu juges réaliste ?
Gagner une course de haut niveau. Une victoire significative sur une épreuve reconnue. C’est un objectif ambitieux mais réaliste au vu de ma progression.
Le Team TotalEnergies connaît une saison satisfaisante sur le plan sportif, angoissante sur le plan économique avec le retrait du sponsor principal en fin d’année et la nécessité de trouver un nouveau sponsor. Comment le vivez-vous dans l’équipe ?
On reste très concentrés sur la performance sportive. Il y a une bonne dynamique collective, un groupe soudé et motivé. L’ambiance est saine, ce qui est essentiel pour performer.
L’incertitude sur l’avenir de l’équipe a-t-elle un impact ?
Pas directement dans le quotidien. Bien sûr, on y pense, mais la meilleure manière d’y répondre reste la performance. On se concentre sur ce que l’on maîtrise : les résultats. On sait que la survie de l’équipe passe aussi par de bons résultats. On a une pleine confiance en Stéphane (Heulot) et Jean-René (Bernaudeau), qui a déjà su sauver l’équipe dans des situations similaires. Alors on fait de notre mieux, on cotise tous pour valoriser l’équipe. Avec mon beau Paris-Nice, j’ai cotisé pour donner une bonne image de l’équipe.




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