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Liège-Bastogne-Liège 2023 : Analyse, parcours et favoris

Au petit matin du dimanche 23 avril 2023, le départ de la 109ᵉ édition de Liège-Bastogne-Liège sera donné. Point de rencontre et de friction entre flandriens émoussés de deux mois de classiques pavées et grimpeurs des classements généraux en quête de repères avant l’ouverture du Giro, la « Doyenne » est la classique printanière la plus vallonnée. Plus de 4200 mètres de dénivelé positif qui font du quatrième Monument de la saison une longue course d'usure dans la province de Liège.

Présentation de Liège-Bastogne-Liège 2023 :


258.5 kilomètres à parcourir dans la province de Liège et celle du Luxembourg pour conclure de la plus belle des façons la saison des classiques et préparer au mieux le premier Grand Tour 2023. Singulière parmi les Ardennaises, la « Doyenne » se distingue par un plateau hétéroclite et dans la manière dont elle est abordée. A l’opposée de la Flèche Wallonne, elle ne peut être résumée à une course de côte. Ni même à la guerre de positionnement introduite par les cotes raides et étroites des routes flandriennes ainsi que de l’Amstel Gold Race.


Records de victoires : Eddy Merckx (1969-1971-1972-1973-1975)

Records de podiums : 8 avec Alejandro Valverde (4 victoires, 2 deuxième place, 2 troisième place)


Profil de Liège-Bastogne-Liège 2023

Parcours de Liège-Bastogne-Liège 2023 : La roche aux Faucons, juge de paix ?


Après une éviction en 2022, le parcours de cette édition 2023 signe le retour de la cote des Forges entre la Redoute et la Roche-aux-Faucons. Un parcours qui ne change pas dans les grandes lignes et s’inscrit dans celle initiée en 2020.

Avec un final raboté de 1.5 kilomètres dans les rues de Liège. Un dernier kilomètre final totalement plat et en ligne droite qui invite aux mouvements et aux anticipations des meilleurs grimpeurs et moins bons sprinteurs.


Secteurs clés de la Doyenne :


63.5 kilomètres de l’arrivée : le col du Rosier (4.4 kilomètres à 5.9%, max 10%) inspire l’anticipation à l’image de Harm Vanhoucke, Mark Donovan et Mark Padun en 2021.


47.6 kilomètres de l’arrivée : la cote de Desnié (1.6 kilomètres à 8.1%, max 11%) a remplacé la cote du Maquisard (4 kilomètres à 4.9%) pour ajouter de la nervosité à l’approche de la cote de la Redoute.


34.5 kilomètres de l’arrivée : la cote de la Redoute (2 kilomètres à 8.9%, max 16.5%), figure iconique de la Doyenne, signe le feu de départ d’un final tumultueux. Une difficulté clé utilisée pour commencer les hostilités à l’image de l’attaque thermonucléaire de Remco Evenepoel l’an dernier ou l’implosion du peloton sous le commandement de l’équipe Ineos Grenadiers une année auparavant.


23.8 kilomètres de l’arrivée : située entre les deux difficultés emblématiques de la « Doyenne », la cote des Forges (1.3 kilomètre à 7.2%, max 11%) se veut brouiller les pistes d’une chasse depuis son introduction. Mais il n’en est rien, le tronçon est à la fois trop court et peu sélectif comparé à la Roche aux Faucons située 8.4 kilomètres plus loin.


13.4 kilomètres de l’arrivée : cote en deux paliers, le pied de la cote de la Roche aux Faucons (1.3 kilomètres à 11%, max 14.2%) est le lieu des va-tout, notamment pour les puncheurs y trouvant un effort de 3 minutes qui sied parfaitement à leurs caractéristiques.


Certaines modifications de parcours ont rendu des amorces de final plus excitants. On pense notamment au remplacement de l’enchainement Mur de Grammont – Bosberg par celui du Vieux Kwaremont – Paterberg sur le Tour des Flandres. Le déplacement quant à lui de l’arrivée à Liège ne fait guère l’unanimité et ne cesse d’animer les débats autour de la « Doyenne ». Il est vrai que la cote de Saint-Nicolas, située à 6.6 kilomètres de la ligne d’arrivée jugée au bout d’un long faux plat montant sur la Rue Walthère Jamar, agrémentait le final d’un piment que Liège n’a pas su imiter, ni même égaler. Tant et si bien que le retour à Ans est plébiscité par une majorité de suiveurs.


Favoris de Liège-Bastogne-Liège 2023 :


L’absence des uns fait le bonheur des autres. Sans Mathieu van der Poel et Wout van Aert, les cartes sont rebattues au départ du seul Monument qui n’a pas été remporté par un des trois fantastiques de cette saison 2023. Seulement, le troisième d’entre eux, Tadej Pogačar sera aligné au départ de la course qu’il a remporté en 2021. Absent des débats l’an passé à la suite du décès de la mère de sa compagne, Urska Zigart, le slovène reviendra avec l’ambition d’égaler Mathieu van der Poel au nombre de Monuments gagnés cette année. Mais aussi de réaliser ce que seul Davide Rebellin (2004) et Philippe Gilbert (2011) ont réussi à faire, avec un triplé ardennais à la clé (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège). Une présence qui assurément contraindra de nombreuses équipes à revoir leur copie et pèsera sur les stratégies de course, pour tenter d’embellir leur printemps gâché des surhommes. Face au leader émirati se tiendra l’un des rares duels tant attendus avec le champion du monde 2022, Remco Evenepoel, qui aura pour mission de tenter la passe de deux. Mais surtout de redorer le blason des Soudal Quick Step dont le printemps est encore une fois catastrophique. Un Belge de retour de stage à Teide, en recherche de repère avant le Giro d’Italia, objectif majeur de sa saison. Mais prendra-t-il tous les risques, à quelques jours du grand départ à Fossacesia Marina ? Alors même que la météo est annoncée capricieuse dimanche. Pour se faire, il sera accompagné de Julian Alaphilippe en coleader diminué par une blessure au genou, lui aussi en quête d’une course qui lui échappe depuis 2015. Si le français est au départ, il restera un atout pour son Directeur Sportif, Wilfried Peeters. Il sera intéressant de voir à quel point, la Jumbo-Visma jouera les juges-arbitres sans ses figures emblématiques des flandriennes, mais avec un effectif rompu à briller sur tous les terrains. Tout comme Tom Pidcock, pour les Ineos Grenadiers, qui aura accumulé le rythme nécessaire pour être plus saignant dans le final contrairement à dimanche dernier. Ainsi que les acteurs d’Amorebieta (Itzulia Basque Country 2023) à l’image d’un Mattias Skjelmose ou de grimpeurs patentés à la Aleksander Vlasov qui semble monter en puissance en vue du Tour d’Italie. Une chose est certaine, les suiveurs auront un œil avisé sur les limites de Ben Healy qui est sur un nuage depuis le début du printemps.



**** Pogačar, Evenepoel

*** Pidcock, Vlasov, Landa, Woods


** Mas, Ciccone, Valter, Benoot, Mohoric, Bardet, Alaphilippe, Lutsenko, Barguil, Powless,Hindley , Skjelmose


Grosse côte : Healy, Bagioli, Johannessen, Carapaz, Kron, Hirschi


La Startlist de Liège Bastogne Liège 2023



Rédigé par Thibaud Chambre


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