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La sécurité des coureurs, une question d'urgence !

La répétition des chutes au sein du peloton professionnel doit pousser l'UCI et l'ensemble du monde cycliste à une réflexion importante pour améliorer la sécurité des coureurs. Et ce n'est pas l'ajout d'une chicane qui va résoudre le problème. On essaie donc de proposer des idées d'amélioration pour la sécurité des coureurs, qui devient une question de vie ou de mort.


La sécurité des coureurs, une question d'urgence !

Ces dernières semaines, les chutes se multiplient, avec la sensation légitime que l'augmentation s'accompagne d'une hausse de la gravité de ces incidents. Résultat, en 2024, certains des meilleurs coureurs vont rater leurs objectifs. Deux énormes chutes, sur A Travers la Flandre et sur le Tour du Pays Basque, ont éliminé pour une longue période les meilleurs coureurs du monde alors que le drame Gino Mader est toujours dans les têtes. Nous avons vécu plusieurs neutralisations de courses en un mois. La santé des coureurs est mise en péril et si les raisons de l'augmentation et de la violence des chutes sont nombreuses (augmentation de la vitesse, enjeux de plus en plus importants), nous allons évoquer dans cet article les solutions qui pourraient être envisagées pour améliorer la sécurité des coureurs.


  • Supprimer les oreillettes

Les oreillettes sont pour nous une des principales raisons de ces chutes à répétition. A chaque passage clé de la course, les coureurs sont aujourd'hui avertis par l'oreillette qu'il faut remonter à l'avant du peloton. Les coureurs se battent pour une place, poussés par leurs directeurs sportifs. Si cette consigne est évidemment légitime, dans le but de gagner la course, laisser plus de liberté aux coureurs laisserait sans doute plus de place à des ratés, et donc moins de coureurs bien placés. Par ailleurs, la synchronisation de la remontée ne serait pas la même et surtout, les coureurs seraient concentrés au maximum sur ce qu'ils font de mieux : pédaler. Certaines chutent sont dues à des erreurs d'inattention dans lesquelles les oreillettes jouent sûrement un rôle. C'est en tous cas l'avis de Maël Guegan, coureur de Team U Atlantique. Il est temps de les enlever. D'autant que cela pourrait avoir un impact positif sur le spectacle.




  • Améliorer les aménagements urbains

Les ronds points sont sources de chutes. Les déviations tout autant. Les routes qui se séparent en deux encore plus, et surtout, les descentes dangereuses. Si nous ne pouvons pas supprimer ces éléments d'une course de vélo, il est sûrement possible de faciliter le passage des coureurs. Dernièrement, d'énormes bouées noires et jaunes BoPlan sont utilisées lorsque la route se sépare en deux sur les classiques belges. Un ajout important qu'il faudrait étendre à l'ensemble des courses UCI. Il faudra aussi sans doute un signal sonore avant un virage dangereux, en plus d'un affichage visuel, ou encore rendre plus visible les ronds points et intersections. Des initiatives en ce sens sont déjà mises en place, comme nous confiait Kiko Garcia, directeur générale de l'AIOCC (Association Internationale des Organisateurs de Courses Cyclistes) : "en Espagne, nous avons commencé une collaboration entre Unipublic (organisateur de la Vuelta) et tous les organisateurs de courses professionnelles pour l’utilisation des outils de sécurité, comme les housses ou le signal sonore. Tout ce que l’on utilise sur la Vuelta, on le met à disposition des autres courses. C’est un geste qui a pour but, à la fois, d’uniformiser ces outils, pour que les coureurs les reconnaissent plus facilement et d’améliorer la sécurité". Ce genre d'initiatives va dans le bon sens et doit être étendu et renforcé.

Enfin, pensons à l'asphalte sur les portions plates ou en descente. Il faut que la route soit, même si elle n'est pas large, au minimum en bon état. Sans trou ou aspérité comme c'était le cas sur le Tour du Pays Basque.


aménagement urbain cyclisme

  • Signaler les virages dangereux

Les virages en descentes devraient aussi avoir des parapets mous, surtout lorsqu'il y un gros fossé, caniveaux ou des pierres à un mètre de la route, comme c'était le cas sur cette fameuse 4e étape du Tour du Pays Basque. Cela permettrait de rattraper le coup en cas de chute mais l'objectif est avant tout d'éviter la chute. Et pour cela il faut améliorer le signalement d'un virage dangereux, qui se referme notamment. Un speaker pourrait prévenir du risque ? Un énorme panneaux provisoire aussi ? Certaines choses se font déjà, mais cela dépend des courses. Il faudrait uniformiser et standardiser chaque bonnes idées.

aménagement en descente

  • Réduire la vitesse des coureurs

Le problème majeur est sans doute l'augmentation de la vitesse dans le peloton. Si évidemment on ne peut pas interdire aux coureurs de prendre des risques, ce qui serait aller à l'encontre du principe même de compétition, limiter le braquet maximum lors des courses en ligne pourrait être une solution. On verrait peut être moins de coureurs pédaler pleine balle dans les descentes, occasionnant un gros freinage. Aujourd'hui, "si tu n'a pas un 56x12, tu ne peux plus suivre", comme l'exprimait hier sur X Valentin Madouas. Limitons le braquet à un 53x11.



  • Instaurer des reconnaissance systématiques des parcours

Une façon de limiter les chutes pourrait être également d'améliorer la reconnaissance des parcours. De nombreuses équipes le font, notamment sur des étapes clés, ou en amont des classiques. Mais sur les courses par étapes, aucune équipe ne repère absolument tous les parcours en entier. On pourrait penser à l'organisation, le matin même, la veille ou quelques jours avant la course, que l'organisateur prévoit une reconnaissance avec des représentants de chaque équipe pour bien reconnaître le parcours et identifier des points d'attention, de sorte à ce que chacun s'entende sur les comportements à adopter à ces endroits.


  • Les freins à disque

Le frein à disque est vraiment controversé. Interdit à une époque car jugé dangereux en cas de chute, il est aussi responsable de chutes, comme l'explique Pascal Chanteur à RMC Sport : "Le freinage à disque pose problème. Si sur du freinage d'anticipation, c'est merveilleux, dès que vous êtes en situation d'urgence, vous partez immédiatement à la faute". Et c'est vrai que depuis leur réintroduction, les chutes ont augmenté. Est-ce une simple coïncidence ? Par défaut, on les interdirait car tant que la réglementation est homogène, les avantages sont inférieurs aux inconvénients.


  • Supprimer les mini-cartes des compteurs :

C'est un angle de réflexion intéressant qu'a avancé récemment David Moncoutié. Ce dernier expliquait que les coureurs passaient plus de temps à regarder leur carte de compteur qu'à regarder l'horizon. Supprimer ces données permettraient sûrement aux coureurs d'être plus attentifs. Et plus généralement, tout ce qui met en avant la machine au détriment de l'humain devrait être limité.


Les fausses bonnes idées


  • Baisse du nombre de coureurs

Réduire le nombre de coureurs aurait possiblement un effet positif sur les incidents dans le peloton cependant, cela entrainerait directement des licenciements et fragiliserait certaines équipes. Déjà que le cyclisme est un sport instable, inutile d'en rajouter.


  • Ajouter des virages dans les passages clés

L'exemple de la chicane avant la Trouée d'Aremberg est pour nous le meilleur exemple. Rajouter une chicane pour limiter la vitesse d'entrer en forçant les coureurs à freiner sur un passage à niveau et avec un virage à 180 degrés dans lequel les coureurs chercheront à être le mieux placé possible. Le risque est aussi grand. Il faut faire quelque chose, c'est indéniable, mais il y a sûrement d'autres solutions que ça. Il faudrait pour cela s'y pencher plus tôt et pas une semaine avant.



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1 comentario


Invitado
05 abr

sur les oreillettes, plus que leur suppression (ce sera tellement simple de se mettre un truc tout mini dans l'oreille et de le balancer vite fait ), elles pourraient être soit uniquement dédiées par exemple à radio course, qui signale les dangers ou bien les communications sont totalement ouvertes et couplées avec par exemple une interdiction du "guidage" des coureurs (genre la consigne "remontez, remontez, blabla) et réservées encore une fois aux accidents (crevaisons, chutes, panne méca, etc..) : ça s'est fait en voile lorsque par exemple les communications du Vendée Globe de Clarisse Cremer ont été toutes relues pour vérifier si leur contenu n'enfreignait pas le règlement qui interdit le routage. Avec exclusion de l'équipe et perte des points…


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