La préparation au Tour de France

Remporter le Tour de France est l'objectif et le rêve de nombreux coureurs mais y parvenir est très compliqué. Beaucoup se sont cassé les dents alors qu'ils semblaient avoir le potentiel. Il est toujours difficile d'expliquer ou de comprendre le pourquoi d'un échec ou d'une réussite, mais nous avons tenté de répondre à cette question impossible en analysant la préparation des vainqueurs du Tour depuis 2009, soit la date où le calendrier UCI n'a globalement plus bougé.


PRIVILÉGIER LES COURSES À ÉTAPES


Pour comprendre comment gagner le Tour de France, il faut analyser la préparation des vainqueurs du Tour de France. Depuis 2009 et la victoire d'Alberto Contador, on remarque que les vainqueurs de la Grande Boucle sont concentrés à 100% sur leur objectif. Pas deux, pas trois mais bien un seul objectif : le Tour. Pour se faire ils s'orientent vers les courses à étapes et ce, dès le début de l'année et non à partir de mai. On note que les coureurs reprennent tous sur une course à étapes, dès février, puis enchaînent à un rythme d'une à deux courses par mois jusqu'à début mai. On retrouve notamment dans leur préparation 8 fois sur 12 le Tour de Romandie ou 9 fois sur 12 le Dauphiné.

C'est un programme qui s'établit dès le départ et qui nécessite dans 90% des cas de mettre de côté les Ardennaises notamment, courses qui peuvent plaire aux candidats au Tour. On dit souvent que celles-ci ne sont pas incompatibles et pourtant, jamais au 21e siècle un coureur n'a remporté une Ardennaise et un GT la même année. Jamais ? Jusqu'à Tadej Pogacar en 2021, qui a réalisé une année STRATOSPHERIQUE.


Le meilleur exemple est sans doute Cadel Evans. Solide coureur par étapes mais aussi vainqueur de la Flèche Wallonne, celui-ci a quasiment toujours participé aux Ardennaises qui lui tenaient à cœur. Cependant, l'année où il n'y a pas participé est celle où il a enfin remporté le Tour, en 2011. Un hasard ? Pas forcément. En fait, il est possible d'être performant sur les deux types de course la même année mais on remarque que gagner les deux est très difficile. Pourquoi ? Parce que les Ardennaises impliquent aussi une préparation particulière, une reprise plus précoce et fournie tandis que le Tour nécessite de la fraîcheur physique et mentale.


Fraîcheur et précision


Pour espérer pouvoir remporter le Tour de France, il faut être particulièrement méticuleux au moment d'établir son programme de courses et d'entraînement. Après trois semaines de course, la fraîcheur est un élément clé de la réussite. Ceux qui ont remporté le Tour de France l'ont bien compris. Exit ceux qui participent au Tour d'Italie ou ceux qui font des Ardennaises un objectif majeur. Voyez plutôt le graphique ci-dessous, représentant le nombre moyen de courses par mois avant le Tour. Il faut rouler peu mais bien. En mars, les coureurs choisissent généralement entre Paris-Nice, Tirreno ou Catalogne (un seul a doublé Paris-Nice/Catalogne) puis en avril le Pays-basque voire aucune course. Le Romandie commençant fin avril est comptabilisé comme une course d'avril et est plébiscité.

De la même manière, on note que les vainqueurs du Tour depuis 2009 sont extrêmement pointilleux dans leurs préparations et qu'ils se tiennent tous à 30 jours de course maximum. Nibali est l'exception qui confirme la règle avec ses 46 jours de course, mais qui rappelons le, avait aussi bénéficié des abandons de Froome et Contador, même si rien ne dit que ces derniers l'auraient battu. Cette constance dans le nombre de jours de course dans la préparation démontre à quel point il faut être précis afin de trouver un équilibre entre fraîcheur et montée en puissance. Cumuler des courses à étapes tout en les espaçant afin de garder de la fraîcheur.


Le Dauphiné : choix logique ?


Le Tour de France étant évidemment en France, se préparer sur les routes françaises est le choix numéro 1 des vainqueurs depuis 2009. En effet, au mois de juin, 9 vainqueurs sur 11 ont choisi le Critérium du Dauphiné comme ultime rampe de lancement avant la Grande Boucle.


Ce choix s'explique par la facilité à enchaîner reconnaissance des étapes du Tour et Dauphiné. Ensuite parce que depuis quelques années, elle propose souvent une étape qui aura aussi lieu 3 semaines plus tard sur l'épreuve reine. Un appel du pied pour que les cadors viennent achever ici leur préparation.

Quadruple vainqueur du Tour de France, le Britannique Chris Froome a toujours privilégié une course dans la saison et s'y est donné à 100%. Cette fixette lui a permis d'être toujours au top sans s'éparpiller. Ce qui est remarquable, c'est que lui et son équipe, la Sky, ont répété le même schéma de préparation. Ses 3 victoires d'affilées en 2015-16-17 l'ont été avec le même programme de course. 28 jours de compétition au total et le même enchaînement de course : Catalogne - Romandie - Dauphiné - Tour

Difficile d'y voir un hasard à ce niveau.


Cette année, Roglic ou Mas ont bien choisi le Dauphiné mais nombreux sont ceux comme Pogacar (Tour de Slovénie) ou Vlasov et Martinez qui s'en sont éloignés (Tour de Suisse)... Avec succès ? L'importance est avant tout de suivre un schéma cohérent. Faire l'un ou l'autre n'a pas une grande influence, il faut surtout faire une course par étape en juin.


Le calendrier idéal ?


- UAE Tour (7 étapes)

- Tirreno /Tour de Catalogne/ Pays Basque (7-6 étapes) : Max un des trois.

- Liège-Bastogne-Liège ( 1 Ardennaise)

- Tour de Romandie (6 étapes)

- Critérium du Dauphiné (8 étapes)

- Tour de France


Jours de course au total : 28 jours.

32 jours étant le maximum fixé par les leaders

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