Tour Auvergne Rhône Alpes 2026 : Crest Voland, premier test pour les cadors
- Quentin Durand
- il y a 18 minutes
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Elle n'a pas la réputation d'un Galibier ou d'un Grand Colombier. Pas de numéro hors catégorie, pas de légende gravée dans le bitume. Et pourtant, la Côte de Crest-Voland a tout du piège bien tendu : une arrivée au sommet en 1re catégorie, 5,9 kilomètres à 7,7 % de moyenne, au terme d'une étape de 182 kilomètres qui traverse la Chartreuse, le Bugey et le Val d'Arly. Le vendredi 12 juin, c'est ici que le Tour Auvergne Rhône-Alpes 2026 entame son grand week-end de montagne — avant le Grand Colombier le samedi et le Plateau de Solaison le dimanche.


Les chiffres : court mais sans état d'âme
Le profil parle de lui-même. Depuis le pied d'ascension à 757 mètres, la route attaque immédiatement dans le vif : 8,3 % dès le premier kilomètre, 8,2 % au deuxième, 9,2 % au troisième — le plus difficile. Le quatrième relâche très légèrement à 8,2 %, avant une section plus roulante à 6,6 % et 4,7 % dans les derniers hectomètres jusqu'au sommet à 1 216 mètres. Aucun lacet pour couper la pente, une route droite et franche qui monte en forêt avant de déboucher sur le village perché.
5,9 kilomètres. 459 mètres de dénivelé. Pas de place pour les hésitations.
Ascension redoutable sur le Tour Auvergne Rhône Alpes
Ce qui rend Crest-Voland redoutable, c'est moins le col lui-même que son contexte. Après 176 kilomètres et déjà le col du Granier, la côte d'Héry-sur-Ugine et les nombreuses difficultés de la journée dans les jambes, attaquer une montée à 9 % au troisième kilomètre demande des ressources que tout le monde n'aura plus.
La route monte d'abord à travers une forêt de sapins dense et fraîche — l'ombre apporte un semblant de répit que le pourcentage ne justifie pas vraiment. Puis le village de Crest-Voland apparaît, posé en balcon au-dessus de la vallée de l'Arly à 1 230 mètres d'altitude. Le panorama s'ouvre sur la chaîne des Aravis, le massif du Beaufortain et, par temps clair, le Mont-Blanc qui domine tout depuis le fond du tableau. Une récompense visuelle pour ceux qui ont encore la tête à regarder.
Une arrivée inédite dans un écrin savoyard
Crest-Voland, c'est un village de 338 habitants coincé entre Val d'Arly et Beaufortain, à mi-chemin entre les Aravis et les Saisies. Un territoire discret, boisé, avec des alpages qui prennent le relais des forêts en altitude. En été, loin de l'agitation des grandes stations, il retrouve une tranquillité de village de montagne authentique — chalets savoyards, vaches, et routes peu fréquentées qui invitent au cyclotourisme.
Pour le Tour Auvergne Rhône-Alpes 2026, c'est une première. Et une étape de transition dans le meilleur sens du terme : assez difficile pour creuser des écarts, assez accessible pour ne pas massacrer les organismes avant les deux journées suivantes. Ceux qui arriveront ici avec de l'avance auront un premier signal fort à envoyer.
Conseils pratiques pour les cyclos
Braquet. Un 34/30 suffit. La côte est courte et les pourcentages restent maîtrisables — sauf si vous arrivez avec déjà 150 kilomètres dans les jambes, auquel cas un 34/32 sera le bienvenu. Gérez votre effort dès le premier kilomètre, le plus raide arrive au troisième.
Trafic. Faible en dehors des périodes de vacances scolaires. La route est étroite par endroits — restez vigilants dans les portions forestières où la visibilité se réduit.
Pour prolonger. Crest-Voland est une porte d'entrée idéale sur l'un des plus beaux terrains cyclo de Savoie. Col des Saisies, col des Aravis, Signal de Bisanne, Cormet de Roselend — les grandes boucles du Val d'Arly s'enchaînent naturellement depuis ici. Une journée peut facilement devenir inoubliable.
