Tour Auvergne Rhône Alpes 2026 🇫🇷 (Critérium du Dauphiné) - Etape 8 : Parcours et favoris au Plateau de Solaison
- Thibaud Chambre
- il y a 14 minutes
- 7 min de lecture
Dernière étape du triptyque montagneux de cette 78e édition du Tour Auvergne - Rhône Alpes. Avec l'idée d'une montée crescendo, cette fois-ci, les coureurs au départ de cette étape 8 vont rentrer dans la haute-montagne de la Haute-Savoie. Luke Tuckwell pourra-t-il sauver son podium du classement général ? Isaac del Toro va-t-il enlever une troisième course par étape World Tour en 2026 ? Paul Seixas, touché mais pas coulé, fera-t-il parler son orgueil ? Tant de questions au départ de Beaufort.

Date de l'étape 8 du Tour Auvergne - Rhône-Alpes 2026 : dimanche 14 juin 2026
Horaire de l'étape 8 : départ à 13 h 30 et arrivée estimée à 16 h 57
Diffusion TV / Retransmission en intégralité : Eurosport 1 & Application Max à partir de 15 h 00 / France 3 à partir de 15 h 10
Le profil de l'étape 8 du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026

Carte de la 8e étape du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026

Le parcours détaillé de l'étape 8 du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026
Cette 8e et dernière étape de la 78e édition du Tour Auvergne-Rhône-Alpes possède tous les ingrédients d'un chef-d'œuvre tactique. Avec seulement 120 kilomètres et 3 800 mètres de déclivité au compteur, les organisateurs ont dessiné un format ultra-dynamique et nerveux, où le temps d'observation n'existe pas. Pour cause, le peloton va être jeté dans le feu de l'action dès le baisser de drapeau de Christian Prudhomme. Avoir un ultra-favori dans les cordes sur un départ si musclé est l'une des raisons pour lesquelles ce tracé est une véritable invitation à l'anarchie. A la première seconde où les coureurs auront quitté le départ fictif pour arriver au KM 0, la route va se cadrer sur trois kilomètres, non répertoriés pour l'entame du premier col de la journée.
Pas de transition totalement plate, pas de moments de flottements pour s'échauffer ; la route se cabre immédiatement pour escalader le Col du Pré (6.9 kilomètres à 10.1 %). Sur le papier, ses caractéristiques ont de quoi faire couler quelques gouttes de sueur pour ceux qui craignent cette journée, pour tous ceux qui ont des incertitudes sur leur condition physique. À ce niveau de pente; qui flirte constamment avec les deux chiffres, il est impossible de monter "en dedans". Pour quiconque aura mal géré son échauffement sur home-trainer avant le départ, la sanction sera immédiate, impitoyable et définitive. Les leaders qui ont du temps à reprendre au classement général n'hésiteront pas à tenter le tout pour le tout. Toute la question est de se poser la question de la stratégie qu'emploiera la Decathlon CMA - CGM de Paul Seixas. Le plus probable sera d'y envoyer Léo Bisiaux, en grenadier-voltigeur.
10.4 kilomètres de course : c'est la bascule en longeant le Lac de Roselend...

...Ponctué par une courte interlude...
... avant de reprendre la route vers Beaufort, sur une portion très peu technique.
Instantanément, dès l'entrée dans Villard-sur-Doron, la Montée de Bisanne (11.4 kilomètres à 7.7 %) sera attaquée. Avant même la mi-course, plusieurs leaders pourraient être esseulés. Luck Tuckwell, porteur du maillot jaune en tête de liste. Abandonné à son sort par ses coéquipiers de la Red Bull - Bora Hansgrohe sur les Lacets du Grand Colombier, l'Aussie pourrait une nouvelle fois se retrouver livré à lui-même. Quid du moment choisi par Paul Seixas pour tenter le saut de puce sur les "satellites" qu'il aura placé aux avants-postes. A la condition sine qua non que les effets de sa chute de la veille ne l'handicape pas. Auquel cas, les pions placés auraient plus de libertés pour le gain d'étape.
77 kilomètres de l'arrivée : bascule au sommet de Bisanne...
...ponctué par un petit repecho, aux Saisies...
... avant de redescendre vers Flumet.
Ce qui pourrait décourager de se lancer dans une telle folie, c'est qu'après le Col des Aravis (7 kilomètres à 6.8 % ou 11.3 kilomètres à 4.8 % selon d'où est pris le pied), ce sont la trentaine de kilomètres d'une longue section de transition, mêlant descente et de faux-plat descendant.
Un leader qui souhaite attaquer de loin sait donc qu'il s'épuisera s'il doit rouler seul dans cette vallée face à un peloton organisé, où les équipiers des adversaires serviront de chair à canon pour récupérer le fuyard.

Descriptif du final de la huitième étape du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026
15.1 kilomètres de l'arrivée : approche du pied de l'ascension finale, en arrivant dans Bonneville

13.3 kilomètres de l'arrivée : vue imprenable sur le théâtre qui servira d'épilogue à cette 78e édition du Tour Auvergne Rhône Alpes

11.8 kilomètres de l'arrivée : le peloton (ou du moins ce qu'il en restera) sera, plus que jamais, en fil indienne

11.7 kilomètres. de l'arrivée : virage droite pour aller récupérer le pied de la montée finale

11.3 kilomètres de l'arrivée : pied du Plateau de Solaison (11.3 kilomètres à 9.1 %)

D'entrée de jeu, les coureurs vont attaquer le vif du sujet avec des pentes qui flirteront presque constamment avec du deux chiffres ou au moins à la frontière des deux chiffres.
11.1 kilomètres de l'arrivée : entrée dans la forêt du Massif des Bornes

8.5 kilomètres de l'arrivée : sur une route étroite, les coureurs longeront la falaise

6.6 kilomètres de l'arrivée : dans l'entrée de Brizon, les pentes vont quelques peu se radoucir

5.3 kilomètres de l'arrivée : sur le profil officiel, les pentes repasseront au noir

2.5 kilomètres de l'arrivée : exposition au vent

Vue depuis la ligne d'arrivée

Point météorologique de la huitième étape du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026
Verra-t-on de grandes manœuvres avec un vent de face de 14 km/h qui va s'intensifier au fur et à mesure que les coureurs vont approcher du Massif des Bornes ? La puissance dans le Plateau de Solaison, annoncée à 19 km/h devrait ouvrir le champ aux offensives, dès les portions protégées du vent. Aucun intérêt d'attendre les zones découvertes qui ne font leur apparition qu'à 4 kilomètres de la ligne d'arrivée.

Les favoris de l'étape 8 du Tour Auvergne - Rhône Alpes 2026
La journée de samedi sur les pentes du Grand Colombier a laissé des traces, mais elle a aussi redistribué les cartes d'une manière fascinante pour le classement général. Luke Tuckwell est désormais à portée de fusil des favoris désignés de cette 78e édition du Tour Auvergne - Rhône-Alpes. Pour Paul Seixas, désormais 6e du général à 1'54'' du maillot jaune, le scénario est d'une grande simplicité : le sociétaire de la Decathlon CMA - CGM n'a plus rien à perdre. Après sa lourde chute à 96 kilomètres de l'arrivée lors de la 7e étape, l'incroyable poursuite de son équipe pour le ramener dans le jeu a révélé deux aspects séduisants : le caractère de guerrier de sa superstar et la puissance d'un collectif prêt à se vider pour leur leader. S'il a fini par payer cet effort sur les pentes finales du Grand Colombier, sa position au classement général en fait désormais une menace permanente. Malheureusement, les conditions météorologiques ne semblent guère propices aux mouvements lointains. Lancer la course, dès le col de Bisanne tiendrait presque de la folie.
Cela ouvre-t-il la voie à ses coéquipiers ? C'est tout à fait crédible. Le jeune coureur de 19 ans, fin analyste des courses pour son âge, a peut-être déjà compris que la tâche sera compliquée, si ce n'est impossible. D'autant que rien n'indique que sa condition physique lui permettra de se lancer dans un tel raid. L'orgueil laisserait alors place à la générosité, celle de remercier ceux qui ont tout sacrifié pour lui ? Quel meilleur moyen que de laisser carte blanche à Léo Bisiaux, qui a affiché une grande condition tout au long de la course ? Déjà sur le Valberg, lors de la Mercan'Tour Classic, le natif de Fontainebleau avait démontré toute sa classe avant de s'effacer dans les derniers hectomètres. Une forme éclatante qu'il n'a cessé de confirmer tout au long de ce Tour Auvergne - Rhône-Alpes 2026. D'abord sur la première étape, en prenant la troisième place derrière Alex Baudin, dans le groupe qui avait su s'extraire du peloton des leaders. Ensuite sur le contre-la-montre par équipes, en lançant son leader comme une fusée sur la bosse de Perreux. Enfin sur l'étape du Grand Colombier, en étant à la fois partout et indispensable ; suivant les attaquants qui ont su s'extraire du peloton, puis ramenant Seixas à toute allure dans un groupe mené par trois équipes qui ne lui faisaient aucun cadeau.
Pour triompher, il devra s'immiscer aux avant-postes et espérer que le peloton lui laissera suffisamment d'espace pour s'imposer et résister au souffle d'une meute déchaînée. Sa principale menace dans un tel scénario sera Valentin Paret-Peintre, qui prendra assurément le départ dans le col du Pré avec l'ambition de tenter le coup de loin. Le sociétaire de la Soudal Quick-Step ne tient plus en place depuis deux jours. Ne comptons pas sur lui pour rester sage lors d'une dernière journée comme celle-ci.
Seulement, pour ces deux baroudeurs potentiels, les ambitions de la Lidl-Trek pour Juan Ayuso pourraient avoir raison de leurs desseins. Le Barcelonais n'a pas eu la gestion la plus intelligente sur le Grand Colombier, mais il a montré que les jambes étaient là. À seulement 17 secondes d'Isaac del Toro, le duel pour la victoire finale pourrait se jouer avec le vainqueur de la 7e étape. Le Mexicain a fait ce qu'il sait faire de mieux : aborder le Grand Colombier par Virieu, en véritable diesel. Mattias Skjelmose aura un rôle clé pour épauler au mieux le transfuge des UAE Emirates XRG et le lancer sur orbite. Là où "Torito" n'aura plus qu'à jouer un rôle défensif, une fois qu'ils se seront défaits du porteur du maillot jaune.
Si le vent avait été défavorable dans le plateau de Solaison, Tobias Halland Johannessen aurait pu espérer faire la nique à des leaders contraints à la neutralisation. Il en va de même pour Cian Uijtdebroeks, qui monte en puissance en vue du Tour et qui aurait pu être ce coureur capable de profiter du marquage entre les grands noms. Des grands noms parmi lesquels figure Matteo Jorgenson, qui n'a pourtant jamais semblé être davantage que le troisième homme. ⭐ ⭐ ⭐ Léo Bisiaux ⭐ ⭐ Juan Ayuso - Isaac del Toro ⭐ Valentin Paret-Peintre - Paul Seixas - Cian Uijtdebroeks - Tobias Halland Johannessen - Matteo Jorgenson









