• Romain Bougourd

Top 10 Baroudeurs : Sylvain Chavanel, le Franco-Belge

Tantôt puncheur, tantôt rouleur, Sylvain Chavanel a connu ses plus belles heures de gloire à l’avant des courses en tant que baroudeur. A l’aise sur les routes pavées du Nord et de Belgique, l’ancien leader de la Quick-Step brillait par sa polyvalence autant que par la blancheur de ses dents.

Il incarnait une grande gueule du peloton. Avec son sourire freedent qui devait séduire au-delà des frontières, Sylvain Chavanel a marqué dans les années 2000 et 2010 le cyclisme français et mondial. Tantôt baroudeur chez Cofidis, leader puncheur chez Quick-Step et grand rouleur sur les chronos, le Français brillait sur de nombreux tableaux tout au long de l’année, des classiques printanières aux Grands Tours. En presque 20 saisons pro, il s’est forgé un beau palmarès qui lui offre une place de choix dans notre classement des meilleurs baroudeurs du siècle.


Pourquoi lui ?


Certains diront que qualifier Sylvain Chavanel de baroudeur est réducteur. Il est vrai que le Français a brillé dans d’autres configurations de course, en chrono ou sur des parcours vallonnés. Mais l’ancien leader de la Quick-Step a remporté ses plus grands succès en attaquant, le plus souvent de loin, et avec de vrais coups pleins de panache. Ses trois victoires d’étapes sur le Tour de France, en 2008 et 2010, étaient toutes obtenues après des échappées au long court. En 2011, alors qu’il s’était luxé l’épaule, le natif de Châtellerault ne tempère pas son esprit offensif et tente sa chance plusieurs fois en échappée, sans succès.


Mais c’est aussi à la lecture de son palmarès que l’on peut qualifier Chavanel de baroudeur : trois victoires d’étapes sur le Tour, 2 sur Paris-Nice, une sur le Tour de Catalogne et d’autres belles étapes de courses de calibre moindre, comme l’étoile de Bessèges, les 4 jours de Dunkerque ou l’Eneco Tour. Attaquant et opportuniste, il n’y a peut-être pas de meilleur symbole de la filouterie et la malice de Chavanel que ce maillot de leader sur la Vuelta glané en 2008 au nez et à la barbe de Levi Leipheimer. L’Américain avait devancé le Français de seulement 2 secondes au général suite au contre-la-montre de la 2e étape. A coup de bonifications glanées lors des sprints intermédiaires, Chavanel récupéra le maillot or de leader. Certes, ce plaisir ne dura qu’une journée, mais la manière en dit long sur l’esprit du Français.


Un puncheur-rouleur


On l’a déjà évoqué, il est cruel de résumer Sylvain Chavanel de simple baroudeur. D’abord parce que contrairement aux purs baroudeurs, le Français grimpait relativement bien les bosses courtes et hardues. Avec un certain punch et une explosivité certaine, l’ancien coureur du Team Cofidis était très à l’aise sur les pavés, en témoignent ses nombreux succès dans le Nord de la France et sur les routes belges, sur lesquelles il a brillé à de nombreuses reprises. Dans le domaine, il est d’ailleurs passé tout près d’une victoire de prestige qui aurait donné une tout autre lecture à son palmarès. En 2011, il s’incline au sprint sur le Tour des Flandres face au Belge Nick Nuyens. Une défaite amère, alors que le coureur de Quickstep parvient à terminer devant les deux monstres des lieux, Fabian Cancellara et son coéquipier et leader Tom Boonen. Une performance pourtant énorme vu sa débauche d’énergie durant la course.


Chavanel compte d’ailleurs de jolis résultats sur les Monuments, avec deux autres top 10 sur le Ronde, mais aussi une 4e place sur Milan-San Remo en 2013 et une 7e place sur Paris-Roubaix en 2009. Mais il faut également souligner une autre corde bien tendue de l’arc du Français : son talent dans l’exercice du contre-la-montre. Avec 14 victoires dans la discipline, « La Machine » était une véritable référence hexagonale, avec 6 titres de champion de France en individuel entre 2005 et 2014, ainsi que deux titres de champion du monde par équipes en 2012 et 2013.


Sa belle échappée : Le Tour 2010, l’apogée du panache