« Paris-Chauny attire les équipes qui jouent le maintien »

Pour le centenaire de l’épreuve, le 25 septembre prochain, Paris-Chauny sera un nouveau terrain de jeu pour les équipes en quête de points UCI dans l’objectif du maintien. De quoi offrir une belle startlist à l’épreuve de l’Aisne, ce qui réjouit David Bauwens, son organisateur. Entretien.

Comment constituez-vous votre plateau sur Paris-Chauny, avez-vous des quotas ou des règles à respecter ?

« En tant que course .1 en France, nous avons une règle d’or, c’est d’inviter toutes les équipes françaises du WT à la division continentale. Cela constitue environ 50% du plateau. Les 3 WT françaises viennent d’office. Les nouvelles formations comme Nice Métropole Côte d’Azur et Team U Nantes Atlantique viennent aussi. On peut aller jusqu’à 25 équipes maximum, et les équipes françaises nous garantissent au moins 10 places. A partir de là, on fait place aux équipes qui nous ont été fidèles ces dernières années. Ensuite on regarde, surtout cette année, les WT du bas de tableau qui sont en pleine course aux points. On a fait des propositions à des équipes qui avaient refusé l’invitation les années précédents, et cette fois elles ont accepté justement à cause de la course aux points. Et sans faire de surenchère sur les frais de déplacement, elles ont demandé le minimum de ce que l’UCI demande. Notre course attire les équipes qui jouent le maintien car elle offre des points plus accessibles.


Effectivement, à part Movistar et EF, toutes les équipes concernées par le maintien seront sur Paris-Chauny.

Cette année, nous aurons 8 formations WT au départ de Paris-Chauny. Et nous sommes en discussion avec Movistar et EF. Nous avons déjà sélectionné 24 équipes, mais on aimerait partir avec un plateau complet pour fêter nos 100 ans. On échange encore avec ces deux formations pour en attirer l’une d’elle. On débat avec elles, j’ai vraiment espoir d’en attirer une. Si elles se manifestent même une semaine avant, on les prendra. Mais ce serait bien d’avoir la liste officielle trois semaines avant.


Sur quoi portent les discussions avec Movistar et EF ?

On échange depuis quelques semaines. Ce sont des équipes qui ont toujours refusé nos invitations, pour des raisons logistiques ou de calendrier. Mais cette fois, ils y réfléchissent à cause de la course aux points.


Avez-vous des quotas en termes d’équipes WT ?

Oui, les équipes WT ne peuvent pas représenter plus de 50% du plateau. Je crois que la barre est plus haute sur les .Pro, mais je n’en suis pas certain. Pour les Pro Teams, en revanche, il n’y a pas de limite.


Avez-vous déjà refusé des équipes WT ?

Non, ça ne nous est jamais arrivé. En revanche, pour les Pro teams et les Conti, c’est fréquent. Cette année, on a reçu environ 60 à 70 candidatures, donc nous sommes obligés de faire des choix. C’est aussi un avantage pour nous en tant qu’organisateur, nous avons le droit de constituer notre plateau. On prend les équipes qui nous ont fait confiance et nous ont aidé à grandir.


Quelles sont les délais et modalités d’inscription ?

En théorie, on clôt les dossiers à J-21, car nous sommes censés envoyer les bulletins officiels comprenant les 7 coureurs titulaires et les 7 remplaçants pour chaque équipe. Cela reste théorique, on peut adapter à la marge, mais aujourd’hui (à J-25, ndlr), nous avons reçus 70% des bulletins. On connaît déjà les têtes d’affiche.


On parle notamment d’Arnaud De Lie et Caleb Ewan rien que pour Lotto.

Oui, De Lie c’est la pépite belge du moment. Mais Lotto a mis l’équipe type du Tour avec Frison, Van Moer, Ewan, donc c’est une très grosse équipe pour jouer plusieurs cartes. Mais je ne sais pas s’ils connaissent vraiment le nouveau parcours car nous avons complètement changé le final. Avant, c’était tout plat sur les 40 derniers km, mais cette année nous aurons 1300m de dénivelé sur les 50 derniers km. Ce n’est que de la taule ondulée. Martial Gayant, qui travaille dans notre équipe, me disait que ce final ressemblait à celui de Liège-Bastogne-Liège. On n’aura certainement pas un sprint massif.

Pourquoi vouloir changer votre circuit historique ?

Cela tient à plusieurs choses. D’abord on voulait redonner un peu de dynamisme à notre course. On était qualifié de course pour sprinteurs et on voulait changer ça. Sans fermer la porte aux sprinteurs, mais on voulait l’ouvrir aux puncheurs-grimpeurs. Ensuite, on voulait innover pour nos cent ans avec un peu de dynamisme dans le final. Enfin, on voulait séduire des équipes et certains coureurs qui étaient déjà venus mais pensaient que le profil n’était pas pour eux. Je pense à Nans Peters qui avait fini 3e (en 2019, ndlr) mais qui me disait que c’était super mais que le final ne lui laissait aucune chance de victoire. On fait surtout avec le terrain qu’on a. On verra le résultat, on reproduira peut-être ce tracé dans les prochaines années. La course appartient aux coureurs, mais le terrain de jeu est ouvert aux puncheurs, ça peut péter de partout, les routes sont petites et étroites, c’est propice à de petits groupes, mais en même temps, un sprinteur comme Arnaud Démare peut passer ces bosses.


Vous êtes classé .1, avez-vous déjà pensé à candidater pour devenir un classique .Pro ?

Oui, on a déjà réfléchi cette année pour fêter le centenaire. Quand on est .Pro, on séduit plus facilement les formations WT car vous offrez plus de points UCI. Le GP de Fourmie est .Pro et a attiré 10 WT contre 8 ou 9 pour nous. Au niveau du cahier des charges, ça ne change presque rien. Pour le budget, c’est un peu plus conséquent mais cela ne représente pas un vrai obstacle. On y réfléchit et on l’ambitionne sérieusement pour 2023. »

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