Biesterbos, Godon, Piganzoli... Le top 10 des révélations de la saison 2026
Qu’ils soient sortis de nulle part, ou d’une mauvaise passe, qu’on ait perdu espoir de les voir éclore ou qu’ils aient simplement attendu d’évoluer au niveau supérieur pour exploser, de nombreux coureurs ont passé un cap cette saison. Voici notre top 10 des révélations de 2026.

Le top 10 des révélations de la saison 2026
10- Guillermo Thomas Silva 🇺🇾 XDS Astana, 24 ans
Année 2026 : 37e à l’UCI (91e en 2025) et 9 victoires
Il avait déjà semé de nombreuses promesses les années précédentes à l’échelon inférieur avec la Caja Rural, mais peu étaient ceux qui voyaient Guillermo Thomas Silva franchir encore un cap en 2026. En point d’orgue, évidemment, cette victoire sur la 2e étape du Tour d’Italie, en puncheur, à Tarnovo, devant Stoirk, Ciccone et Scaroni, pour s’emparer qui plus est du maillot rose. Sa première et unique victoire en World Tour, auquel l’Uruguayen a rajouté un gros été, avec la classique d’Ordizia, le Tour de Castille-et-Leon et l’Artic Race. Une saison très fructueuse, qui demandera confirmation en 2027 avec plus de régularité en World Tour.
9- Alessandro Fancellu 🇮🇹 MHB Bank, 26 ans
Année 2026 : 72e à l’UCI (253e en 2025) et 2 victoires
Il aurait dû être l’avenir du cyclisme italien, mais Alessandro Fancellu s’est perdu en route après sa 6e place sur le Tour de l’Avenir 2022 et n’a jamais percé avec EOLO-Kometa. En quête de confiance, l’Italien était allé se resourcer en 2025 en Continental du côté du Team UKYO, au Japon, avant de retrouver l’échelon professionnel en 2026, avec succès. Dans une équipe pourtant loin de briller (28e à l’UCI), Fancellu a fait preuve d’une constance assez folle en ProSeries, aussi bien sur les courses par étapes (6e du Tour de Turquie, 4e du Tour de Slovénie, 2e du Tour de Tchéquie) que sur les classiques (5e du GP Industrie et Artisanat, 6e du Tour de Vénétie, 9e de Milan-Turin). Sans oublier sa 19e place sur le Tour de Lombardie. Des performances d’une régularité inattendue qui pourraient bien conduire MHB Bank sur le prochain Giro.
8- Ramses Debruyne 🇧🇪 Alpecin-Premier Tech, 24 ans
Année 2026 : 102e à l’UCI (543e en 2025) et aucune victoire
Qu’on se le dise, ce n’est pas tant en termes de résultats que de performances que Ramses Debruyne a clairement passé un cap en 2026. Course après course, le Belge a fait preuve d’un niveau inattendue en montagne. Insuffisant certes pour jouer le classement général d’une course par étape (13e du Tour Auvergne Rhône-Alpes tout de même), mais Debruyne a fait partie des meilleurs grimpeurs en échappée, notamment sur le Tour d’Espagne où il a accroché trois podiums d’étapes, dont celui de l’étape-reine, à Collado del Alguacil. Il a aussi montré qu’il pouvait briller sur les courses d’un jour, avec sa 11e place sur le Tour de Lombardie, sa 18e sur Liège-Bastogne-Liège et, surtout, sa 6e place aux championnats d’Europe. Pour un coureur qui n’avait jamais fait mieux que 8e chez les professionnels jusqu’ici, le bond est spectaculaire. Il ne manque que des succès.
7- Dorian Godon 🇫🇷 Netcompany INEOS, 30 ans
Année 2026 : 55e à l’UCI (76e en 2025) et 7 victoires
C’est sans doute celui qui était le plus confirmé de notre top 10 et c’est logique, puisqu’il s’agit aussi du plus expérimenté. A 30 ans, Dorian Godon n’a plus rien d’un néo-pro mais 2026 aura été sans conteste la meilleure saison de sa carrière, et pas qu’un peu. Alors qu’il avait gagné l’an passé ses deux premiers succès en World Tour, le Français en a ajouté 5 en 2026 : une étape sur Paris-Nice et deux étapes sur le Tour de Romandie et sur le Tour de Catalogne. Un palmarès XXL pour un coureur jusqu’ici plutôt habitué à jouer la gagne sur les épreuves continentales. Alors, forcément battre au sprint Biniam Girmay ou Ethan Vernon, mais surtout dominer au punch Remco Evenepoel et Tadej Pogacar, le gap est évident. D’autant qu’il a encore fini fort la saison sur les semi-classiques italiennes, pour être le 2e meilleur Français au classement UCI.
6- Jenno Berckmoes 🇧🇪 Lotto-Intermarché, 25 ans
Année 2026 : 35e à l’UCI (169e en 2025) et 1 victoire
A l’image de Silva, lui aussi avait semé des promesses en 2024, avant de vivre l’an passé une saison cauchemardesque, laissant planer des doutes sur son réel niveau. Le moins que l’on puisse dire, c’est que 2026 les a tous levés. Toujours aussi solide à l’échelon inférieur (6 tops 10 sur des classiques, 2e du Baloise Tour), Jenno Berckmoes a surtout passé un cap en World Tour. Il s’est d’abord montré présent au printemps (16e de l’Omloop, 11e de Milan-Sanremo et d’In Flandres Fields, 13e de l’E3) mais c’est surtout à la fin de l’été que tout a changé, avec sa 2e place sur le Renewi Tour, où il s’offre son unique victoire de l’année à Grammont devant Philipsen et Kooij (l’une des 4 victoires World Tour de la Lotto Intermarché), et sa 5e place sur la Bretagne Classic. De quoi en faire l’un des leaders de la formation belge l’an prochain, surtout après le départ de De Lie.
5- Mauro Schmid 🇨🇭 Jayco-AlUla, 26 ans
Année 2026 : 13e à l’UCI (61e en 2025) et 5 victoires
Il aurait presque pu déjà être dans ce classement l’an dernier, et cela en dit beaucoup sur la progression assez folle de Mauro Schmid depuis deux ans. Mais si 2025 avait été brillant, personne n’aurait parié sur une année 2026 aussi consistante de la part du Suisse en World Tour, où il peinait encore à jouer les premiers rôles. Mais son début d’année australien (2e du Tour Down Under, 4e de la Cadel Evans Great Ocean) avait donné le ton et il n’a jamais levé le pied, à l’image d’un printemps incroyable (2e de la Flèche Wallonne, battu au sprint pour la 3e place sur l’Amstel Gold Race et sur Liège-Bastogne-Liège). Surtout, il a enfin levé les bras sur le Tour de France (et 2e de deux étapes), en s’imposant à Belfort devant Harold Tejada. Sans oublier les championnats du monde, où il arrive encore une fois pour le podium (11e). Une saison majuscule, loin d’être récompensée à la hauteur des performances du Suisse, mais qui demande presque jusqu’où il peut bien aller.
4- Davide Piganzoli 🇮🇹 Visma-Lease a Bike, 24 ans
Année 2026 : 40e à l’UCI (124e en 2025) et 5 victoires
S’il est aussi bas dans notre classement, il le doit aussi bien aux attentes élevées que l’on pouvait avoir de son changement d’équipe à l’intersaison qu’aux performances complètement inattendues du trio de tête. Mais Davide Piganzoli a complètement dépassé les attentes que l’on pouvait avoir en lui en 2026. S’il semblait stagner l’année passé chez Polti-Visit Malta et que l’on pouvait craindre un rôle d’équipier chez Visma-Lease a Bike, l’Italien a bluffé son monde. Après un début de saison timide, tout a changé sur le Tour d’Italie où il a assumé le rôle de lieutenant de Jonas Vingegaard, roulant même après Sepp Kuss. Au point d’aller chercher la 8e place du général (son premier top 10 en Grand Tour) et de jouer le maillot blanc (2e). Vainqueur également du Tour d’Occitanie et du Tour du Luxembourg, il a de nouveau tenu son rôle sur le Tour de France (14e) qu’il n’était pourtant pas censé faire. Comme si cela semblait pourtant naturel. Le tout, avant de remporter la plus belle victoire de sa carrière sur le Tour d’Emilie en octobre, la 5e de sa saison. Pour un coureur qui n’avait plus gagné depuis février 2024, c’est peu dire que l’explosion est folle. Et on ne l’attendait pas dans ces proportions-là.
3- Anthon Charmig 🇩🇰 Uno-X Mobility, 28 ans
Année 2026 : 49e à l’UCI (293e en 2025) et 1 victoire
Qu’Anthon Charmig soit capable de coup d’éclat, personne n’en doutait. Le Danois a du talent et l’avait déjà montré dans le passé (7e du GP de Québec l’an passé par exemple). Mais pas dans de telles proportions. C’est bien simple : en 2026, il a cumulé plus de podiums (6) que dans tous le reste de sa carrière professionnelle, commencée en 2022 ! Il s’est surtout offert en juin le premier succès en World Tour de sa carrière, au terme d’un numéro hallucinant sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Sa seule victoire de la saison, certes, mais pas son seul résultat majeur, lui qui a aussi accroché le top 10 du Tour Down Under (7e), le podium du GP de Québec (3e) au terme d’une nouvelle journée folle (53km d’échappée) avant de finir par trois 2e places sur les semi-classiques italiennes. En 2026, Anthon Charmig a quitté la classe des "one-shot" pour devenir un homme dangereux dès que la course devant difficile.
2- Marco Brenner 🇩🇪 Tudor, 24 ans
Année 2026 : 53e à l’UCI (390e en 2025) et 2 victoires
Il peut être étonnant de voir ici un coureur qui avait tant dominé les Juniors, après avoir écarté Seixas, Widar ou Ormzel pour les mêmes raisons. Mais on oublierait presque que l’Allemand est passé professionnel en 2021, à 18 ans à peine. Cinq ans plus tard, les résultats n’étaient jamais arrivés et on avait fini par perdre espoir avec le talentueux Allemand. Mais Tudor a cru en lui et 2026 aura été le déclic. Brillant dès la reprise (4e du Tour Down Under), Marco Brenner a encore connu la malchance au printemps (abandon au Laigueglia, au GP Miguel Indurain, au Pays Basque et en Romandie) mais il n’a rien lâché et en a été récompensé en remportant ses deux premières victoires en World Tour. Il s’est d’abord offert le classement général du Tour de Pologne avant de remporter en échappée la 14e étape du Tour d’Espagne, chef d’œuvre de maitrise tactique, où l’Allemand s’est imposé au nez et à la barbe de Santiago Buitrago, qu’il est allé chercher tout seul à trois reprises. Comme un symbole d’un Marco Brenner nouveau, également 4e du Tour de Guangxi. Et si l’Allemand avait enfin lancé sa carrière ?
1- Frits Biesterbos 🇳🇱 Picnic-PostNL, 24 ans
Année 2026 : 108e à l’UCI (781e en 2025) et 1 victoire
Techniquement, il s’agit certes d’un néo-pro, puisqu’il évoluait en continental au sein de la BEAT Cycling en 2025. Mais sa saison 2026 sort tellement de nulle part qu’il ne pouvait décemment échapper à la 1re place de notre top 10. Car Frits Biesterbos n’avait rien montré l’an passé qui pouvait laisser penser que la seule victoire World Tour des Picnic-PostNL viendrait de lui ! Aucun top 10 en ProSeries, deux petits tops 10 d’étapes sur le Sibiu Tour… et c’est tout. Rien qui ne puisse prévenir une première victoire World Tour sur le Tour du Guangxi, devant Paul Magnier et Olav Kooij, excusez du peu ! Un succès qui n’a rien d’un coup d’éclat, mais plutôt la consécration d’un sprinteur très régulier (5 podiums, 10 tops 10), capable de jouer placé en World Tour (7e de la Copenhague Sprint) comme de jouer la gagne sur les semi-classiques (2e du Gooikse pijl, 3e de la Veenendaal et du Münsterland Giro, 4e de la Brussels Classic). Cette année, Biesterbos aura battu au sprint Magnier et Kooij donc, mais aussi Philipsen, Groenewegen, Meeus, Waerenskjold. La véritable révélation de la saison 2026.
Nos Bonus
Peut-on être une révélation lorsqu’on change complètement de dimension que cela était en partie prévisible ? C’est tout le débat avec Paul Seixas, qui s’est clairement révélé dans des proportions inimaginables en 2026 (Tour de Lombardie, Tour du Pays Basque, 4e du Tour de France) mais le Français est tellement attendu et sa progression espérée que nous avons décidé de le laisser à part. Pareil pour les néo-pros très performants cette saison, Jakob Omrzel (7e de la Vuelta et une étape, 6e du Tour des Alpes, 3e du Tour de Slovénie), Jarno Widar (vainqueur du tour de Guangxi et des Trois Vallées Varésines, 13e du Tour de Lombardie) et Callum Thornley (10e du chrono des Mondiaux, 9e du chrono des Europe, 2e et 4e de ceux de la Vuelta) en tête, qui avaient tous brillé l’an dernier en espoir et à propose desquels il était logique d’avoir certaines attentes, certes dépassées en partie.





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