Quintana, Alaphilippe, Mollema… Les 10 retraites marquantes de 2026 en cyclisme
Si chaque année apporte son lot de retraités plus ou moins prestigieux, 2026 présente un palmarès colossal, en Grand Tour comme sur les Monuments, portée notamment par Nairo Quintana et Julian Alaphilippe. Voici les 10 retraites majeures de l'intersaison.

Les 10 retraites marquantes du cyclisme en 2026
Ils sont à la retraite du cyclisme fin 2026 et vont laisser une trace, à leur manière, dans notre souvenir. Voici notre top 10 des retraites marquantes du cyclisme en 2026.
10 - Ben Swift GRANDE BRETAGNE – Netcompany INEOS -38 ans
Lui aussi était vu comme un sprinteur à ses débuts, mais Ben Swift passait bien mieux les ascensions qu'il ne sprintait. C'est pour cette raison, en partie, que le Britannique ne compte que 15 succès en 18 saisons professionnelles, dont 15 années au sein de la Sky/INEOS, et qu'il a bien failli s'imposer au sommet de l'Alpe d'Huez, en échappée, sur le Dauphiné 2017. C'est aussi pour cela, peut-être, qu'il ne compte pas de Monument à son palmarès. Car en mars 2016, Ben Swift était parfaitement positionné à 200m de la ligne sur Milan-Sanremo, bien aidé par la chute de Gaviria et d'autres favoris. Mais le Britannique ne peut rien face à Arnaud Démare, comme un symbole d'une carrière construite de "pas loin" (5e des Mondiaux 2017, 3e de Milan-Sanremo 2014).
9 - Magnus Cort Nielsen DANEMARK – Uno-X Mobility – 33 ans
Vu son dernier Tour d'Espagne, en août (quatre tops 5 d'étape), il en avait encore sous le pied, mais Magnus Cort Nielsen a depuis bien longtemps décidé d'être là où on ne l'attendait plus. Etiqueté sprinteur à son passage chez les professionnels en 2015, le Danois a pourtant essentiellement gagné lorsque les sprinteurs en étaient incapables, lorsque le profil était escarpé, lui qui n'a cessé de passer de mieux en mieux les bosses au fil de sa carrière. Et ça a payé : 36 victoires professionnelles, des succès sur les trois Grands Tours (6 sur la Vuelta, 2 sur le Tour et 1 sur le Giro), sur Paris-Nice, le Dauphiné et le Tour de Catalogne, sa dernière victoire en World Tour, en mars dernier. Avant un titre de champion du Danemark, le seul et unique de sa carrière, pour boucler la boucle.
8- Damiano Caruso ITALIE – Bahrain-Victorious – 39 ans
Lorsqu'il est passé professionnel, Paul Seixas avait à peine trois ans et, pourtant, Damiano Caruso a bien fini par courir contre le prodige français. C'est dire la longévité de l'Italien, qui a très vite pris goût aux courses par étapes (5e du Tour de Sardaigne, 10e du Trentin en néo-pro). Mais, comme le bon vin, Caruso n'a cessé de s'améliorer en prenant de l'âge et le coureur régulier qu'il a longtemps été (8e du Giro 2015 comme meilleur résultat) a fini par exploser post-Covid, avec trois tops 5 sur le Giro. Mais l'édition 2021 lui laissera peut-être d'infimes regrets, tant le coureur de Ragusa s'est montré fort en dernière semaine pour inquiéter Egan Bernal. Mais il était dit (8 victoires en carrière, un seul classement général) que Damiano Caruso ne pouvait gagner et il a dû se contenter de la 2e place, à 1'29'' seulement du Colombien.
7- Steven Kruijswijk PAYS-BAS – Visma-Lease a Bike – 39 ans
Aurait-il signé en début de carrière, ou même au cours de celle-ci, pour accrocher le podium du Tour de France, comme il y est parvenu (3e) en 2019 ? Sans aucun doute. Mais dans une carrière marquée par deux petites victoires seulement (6e étape du Tour de Suisse 2011 et l'Artic Race 2014), impossible de ne pas parler du Tour d'Italie 2016. Un an après ce qui était alors son meilleur résultat en Grand Tour (7e), Kruijswijk retourne sur le Giro … et le survole. Pendant deux semaines, le Néerlandais écrase Valverde, Nibali et le reste de la concurrence, et possède 3' d'avance sur son dauphin. Mais il est rattrapé par son destin dans la descente du col d'Agnel, percute un mur de neige et perd tout (il finira 4e). Malgré une régularité nouvelle en Grand Tour (4e de la Vuelta 2018), il n'aura plus jamais pareille opportunité, et ne lèvera plus jamais les bras.
6- Pello Bilbao ESPAGNE – Bahrain-Victorious – 36 ans
Vu ses résutats cette saison (6e du Tour du Pays Basque, 6e de Liège-Bastogne-Liège, 5e de la Clasica et 7e du Lombardie), on se demanderait presque pourquoi Pello Bilbao a décidé de quitter le monde professionnel cette saison. C'est un choix qui lui appartient complètement mais le petit puncheur/grimpeur basque va manquer au cyclisme. Vu ses qualités, on se demande également comment n'a-t-il pu glaner que 17 succès professionnels, même s'il a fallu attendre 2017 pour le voir performer en World Tour. Capable de jouer sur les Grands Tours (6e du Tour 2023, 5e des Giro 2020 et 2022) comme sur les courses d'un jour (5e des Strade en 2022 et 2025, 2e du Grand Prix de Montreal 2024), il aurait mérité de triompher sur son Tour national, mais est tombé sur Jasper Stuyven en 2015 à Murcie. Et que dire de ce sprint perdu face à Remco Evenepoel, chez lui, au Pays Basque, sur la Clasica 2023 ? Une course qu'il n'a jamais gagnée, malgré 9 participations.
5 - Ion Izagirre ESPAGNE – Cofidis – 37 ans
Lui non plus n'a jamais triomphé sur la Clasica (5e en 2023) mais Ion Izagirre présente un palmarès national au moins plus satisfaisant que son compatriote. Vainqueur d'étape sur la Vuelta (6e étape en 2020), comme sur le Tour (2016 et 2023) et le Giro (2012), le grimpeur d'Ormaiztegi a fortement déçu en Grand Tour (9e de la Vuelta 2018 comme unique top 10) avant de se découvrir un talent pour les classiques (5e de Liège-Bastogne-Liège 2017, 5e du GP de Montréal et 4e du Lombardie 2024, 7e de la Flèche cette année) et les courses d'une semaine. C'est là qu'il a forgé les plus belles lignes de son palmarès, en remportant notamment le Tour de Pologne 2015, mais surtout la course la plus importante sans doute pour un Basque, le Tour du Pays Basque, en 2019, l'une des rares courses "perdues" par Tadej Pogacar. Le meilleur palmarès d'un coureur basque au 21e siècle.
4- Bob Jungels LUXEMBOURG – 34 ans
Celui qui devait être la relève des frères Schleck n'a jamais réellement assumer ce statut, en dehors du championnat national (6 titres sur route et 9 en chrono), ne confirmant jamais sur les courses par étapes les promesses entrevues en 2016 (6e et meilleur jeune du Giro, 3e de Tirreno). Mais Bob Jungels s'est trouvé une autre passion, plus inattendue et tout aussi épisodique, avec les courses d'un jour, où il a glané ses plus beaux succès, avec Kuurne-Bruxelles-Kuurne 2019 mais, surtout, ce Liège-Bastogne-Liège 2018 remporté avec la bénédiction de son leader Alaphilippe. Une victoire qui en a appelé d'autres (27 en tout) mais sans véritablement lancer sa carrière, marquée également par deux victoires d'étapes en Grand Tour (15e étape du Giro 2017 et 9e étape du Tour 2022 à Megève).
3- Bauke Mollema PAYS-BAS – Lidl-Trek - 39 ans
Il a quitté le cyclisme sur les routes qui l'avaient consacré, sur ce Tour de Lombardie version Côme, par le Civiglio, où il s'était extirpé en 2019 pour s'offrir le Monument italien et la plus belle victoire de sa carrière, devant Alejandro Valverde. Un succès symbolique pour Bauke Mollema, souvent placé mais rarement gagnant sur les courses par étapes, son terrain au jeu favori en début de carrière. Il avait notamment pris la 3e place de la Vuelta 2011, maillot vert à la clé, sa meilleure performance sur un Grand Tour, et compte également des podiums sur le Tour de Suisse ou Tirreno-Adriatico. Mais aucun succès. Ses victoires, il les a conquises en baroudeur (1 étape sur la Vuelta 2013, 2 étapes sur le Tour) ou sur les classiques, rapidement devenu son terrain de jeu privilégié après son succès sur la Clasica 2016, sa course d'un jour favorite (7 tops 5). Même si le succès a été trop rarement au rendez-vous (18 victoires), à l'image de ce sprint à Fuji pour une médaille olympique (4e des JO 2021), Bauke Mollema aura eu une carrière magnifique.
2- Nairo Quintana COLOMBIE – Movistar – 36 ans
Il aura du gagner le Tour de France. Malgré Christopher Froome, malgré les Sky. C'était son destin, il semblait tout tracé. Mais Nairo Quintana n'a jamais trouvé la faille en juillet, malgré trois podiums (2013, 2015 et 2016). Un léger gâchis sur une carrière par ailleurs extraordinaire sur les courses par étapes. Vainqueur du Giro 2014 et de la Vuelta 2016, le Colombien aux 53 victoires professionnelles a également remporté le Tour du Pays Basque (2013), Tirreno-Adriatico (2015, 2017), le Tour de Catalogne (2016) et le Tour de Romandie (2016). Un palmarès XXL construit essentiellement jusqu'à ce Giro 2017, perdu sur le chrono final contre Tom Dumoulin. Ensuite, Nairo Quintana n'a plus jamais été le même, malgré le soubresaut de ses débuts chez Arkéa, avant les affaires de dopage qui ont émaillé sa fin de carrière. Mais pas la trace qu'il aura laissé dans le cyclisme colombien, dont il est, sans doute, le plus grand représentant.
1- Julian Alaphilippe FRANCE – Tudor – 34 ans
Sa retraite nous aura surpris, tant elle est arrivée brutalement, mais on ne pourra pas sciemment dire qu'elle ne nous paraissait pas prévisible pour autant. Car 2026 aura été un long calvaire pour Julian Alaphilippe, très loin du niveau qui était encore le sien l'an passé, lorsqu'il glanait son dernier succès professionnel sur le GP de Québec et finissait 5e du Tour de Suisse. Mais "Loulou" restera avant tout dans les mémoires pour ca fantastique période 2019-2021, où le Français était sans doute le meilleur coureur de la planète. Double champion du monde (2020, 2021), 5e d'un Tour de France 2019 où il aura fait rêvé tout l'Hexagone à un improbable succès final, tenant la dragée haute dans le Tourmalet, Alaphilippe aura construit les plus belles lignes de son palmarès sur les classiques.
Certes, il n'aura remporté qu'un seul Monument (Milan-Sanremo 2019) mais 3 Flèche Wallonne, la Clasica, les Strade Bianche. Et ses "ratés auront tout aussi marqué sa carrière et la mémoire collective, avec une multitudes de places d'honneur (2e de Liège 2015 et 2021, 2e de Milan-Sanremo 2020 et 3e en 2017, 2e du Lombardie 2017) mais surtout ces bras levés trop tôt sur Liège 2020, ce surplace fatal avec Fuglsang sur l'Amstel 2019 ou cette chute causée par la moto sur le Tour des Flandres 2020. Au final, ses 45 succès apparaissent bien peu à la vue de sa domination pendant deux ans et ses 13 ans de carrière. Mais la trace laissée, elle, sera énorme. Bien au-delà de son – déjà immense – palmarès.





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