Tadej Pogacar sera bien au départ de la Vuelta 2026 : qu'est ce que cela change?
- Titouan Lallemand
- il y a 5 minutes
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Il a gardé le suspense jusqu'à l'annonce officielle ce matin. Hier encore, il expliquait qu'il devait voir comment récupérer. Mais ce lundi 3 août, la nouvelle est tombée : Tadej Pogačar sera bien au départ de la Vuelta 2026. Une présence qui va évidemment changer beaucoup de choses. Mais lesquelles ? On vous explique tout.

Une bonne nouvelle pour les organisateurs, moins pour les coureurs
Forcément, la présence de Tadej Pogačar est une excellente nouvelle pour les organisateurs du Tour d'Espagne, qui cherchaient depuis plusieurs années à faire revenir le Slovène. En effet, le leader d'UAE Team Emirates n'y a pris le départ qu'une seule fois, en 2019, où il avait terminé troisième pour sa première saison chez les professionnels. Plus de médias, plus de spectateurs, plus d'audience : voilà ce que devrait apporter Pogačar à cette Vuelta.
En revanche, l'inconvénient est évident : le suspense en prend un coup. Les autres prétendants savent désormais que leurs chances de victoire sont bien plus faibles. Et plusieurs leaders doivent faire grise mine.
Avec Pogačar sur la Vuelta 2026, les échappées en montagne font la tête
En effet, Tadej Pogačar laisse peu d'espoir aux grimpeurs lorsque la route s'élève. On l'a encore vu sur le Tour de France cette année : il se comporte comme un véritable ogre. Mais peut-on vraiment le lui reprocher ? Son objectif est simple : gagner. Conséquence, les baroudeurs risquent d'être les premiers lésés.
Les statistiques sont parlantes. Durant les années où Jonas Vingegaard dominait le Tour de France, les échappées avaient beaucoup plus de liberté. En 2023, 5 des 9 étapes de montagne avaient été remportées par une échappée, soit plus de 50 %. En 2022, c'était 3 sur 7.
Avec Pogačar, le scénario est bien différent. En 2024, aucune échappée n'avait réussi à s'imposer en montagne. En 2026, seulement 2 victoires sur 8 étapes de montagne. La seule véritable exception reste 2025, lorsque Vingegaard avait finalement retrouvé un niveau proche de celui du Slovène en troisième semaine, même si le Tour était déjà quasiment joué.

La présence de Pogačar constitue donc, sur le papier, une mauvaise nouvelle pour les baroudeurs. D'autant qu'il ne reviendra peut-être pas de sitôt sur la Vuelta. On peut donc imaginer qu'il voudra en profiter pour remporter un maximum d'étapes.
Heureusement, avec dix étapes de montagne au programme, les opportunités ne manqueront pas totalement. Mais elles seront sans doute moins nombreuses que si le Slovène n'avait pas été présent.
Les autres leaders font eux aussi la tête
Certains leaders avaient clairement fait de la Vuelta leur grand objectif de la saison. On pense évidemment à son équipier João Almeida, dont nous reparlerons plus loin, mais aussi à Primož Roglič, qui vise un cinquième sacre sur le Tour d'Espagne.
Le constat vaut également pour Enric Mas, qui espérait sans doute profiter d'une rare ouverture après plusieurs podiums, ou encore pour Felix Gall, deuxième du Giro derrière Jonas Vingegaard, qui pouvait raisonnablement espérer que le Slovène fasse l'impasse. Aujourd'hui, tous savent qu'à moins d'une chute ou d'un incident majeur, la victoire finale semble promise à Pogačar. L'objectif devient donc avant tout... le podium.
Un désaveu pour Almeida ?
La présence de Pogačar soulève forcément plusieurs questions en interne. Ces derniers mois, le Slovène a répété à plusieurs reprises qu'il souhaitait laisser davantage de place à ses équipiers. Alors pourquoi revenir cette année, alors que sa fin de saison s'annonce particulièrement chargée, avec notamment les Championnats d'Europe organisés à domicile, en Slovénie !
Almeida, qui avait dû renoncer au Giro en raison de problèmes de santé, devait probablement espérer récupérer le leadership sur cette Vuelta 2026. Mais il est aussi possible que le Portugais n'ait pas totalement rassuré à l'entraînement et qu'UAE Team Emirates ait craint de se retrouver sans véritable candidat à la victoire finale. Dans cette hypothèse, la présence de Pogačar ne viendrait pas "prendre" la place d'Almeida, mais offrirait au Portugais une année supplémentaire pour revenir à son meilleur niveau avant de viser le leadership en 2027.

Bien sûr, cela reste une simple hypothèse. Pogačar est le patron de cette équipe et, s'il estime que le moment est venu de disputer la Vuelta, personne ne s'opposera à sa décision.
Quoi qu'il en soit, c'est une déception pour Almeida, qui ne pourra probablement pas jouer sa carte personnelle pour la victoire finale.
Des classiques canadiennes beaucoup plus ouvertes
L'un des effets positifs de la présence de Pogačar sur la Vuelta 2026 est que les classiques canadiennes devraient être bien plus ouvertes, en particulier le Grand Prix de Montréal.
Cela dit, il faut rappeler que ces courses figuraient déjà parmi les rares qui échappaient régulièrement au Slovène, en raison d'un parcours moins sélectif que celui des grandes classiques ardennaises.
De quoi nourrir un certain optimisme pour les Championnats du monde ? C'est en tout cas une piste à suivre.
Au final, si Tadej Pogacar s'avance au départ de la Vuelta 2026, c'est parce qu'il veut cocher une nouvelle case dans son tebaleau de route et rejoindre son meilleur ennemi, Jonas Vingegaard, dans le cercle fermé des vainqueurs des trois GT. Mais rien ne dit qu'il y reviendra de si tôt. Son esprit sera davantage tourné vers Paris-Roubaix par exemple ou encore le record de victoires sur le Tour. Il va donc sans doute tout faire pour marquer cette édition, sans trop s'épuiser, en vu de la fin de saison, chargée. On pourrait donc le voir gagner au sprint en montée sur plusieurs étapes. Au grands désarroi des suiveurs et de ses adversaires.
