Notre avis sur le parcours du Tour de France 2023

Ça y est. Après des mois d’attente et de spéculations, on connait enfin le tracé du Tour de France 2023. Et, comme toujours, le parcours de la Grande Boucle ne plait pas à tout le monde, pour diverses raisons. Voici ce que, nous, nous en pensons.


Les + :


L’exploitation des 5 massifs


Le Tour a trop souvent sous-exploité – quand il ne les a pas purement évités – ses massifs intermédiaires pour ne pas se satisfaire de leurs présences sur cette 110e édition. Jura, Vosges, Massif Central, ils sont tous trois au rendez-vous, aux côtés des Alpes et des Pyrénées, évidemment. Les cinq massifs français exploités – car cela sera bien le cas justement avec au moins une belle étape par massif intermédiaire – sur un même Tour de France, c’est un grand oui.


Le final dans les Vosges


Pour la première fois depuis 22 ans, le dernier samedi du Tour ne sera ni un chrono, ni une étape de montagne dans les Pyrénées ou les Alpes. A la place, les organisateurs nous ont concocté une étape de moyenne montagne dans les Vosges avec notamment l’enchainement Petit Ballon-Pfazrwasel, sur un format assez court (133km). Jamais les Vosges n’avaient eu l’honneur de la dernière étape en ligne avant Paris ! Nous qui en avions fait de même sur notre Tour fictif l’an passé, nous ne pouvons que valider cette initiative qui promet du spectacle.


Le profil de la 20e étape :



Le retour du Puy de Dôme


Après le Granon en 2022, c’est le Puy de Dôme qui fera son grand retour en 2023. Pente infernale, profil unique, images inoubliables, riche histoire avec la Grande Boucle, le géant d’Auvergne était un oublié du Tour depuis trop longtemps. On n’était pas forcément né lors du mythique duel entre Anquetil et Poulidor mais tout le monde s’en rappelle pourtant. C’est aussi ça une ascension mythique et c’est exactement ce qu’est le Puy de Dôme. Et c’est aussi pour cela que l’on est ravi de son retour.


Pas mal d’étapes « au scénario indécis »


Si l’étape de Courchevel semble tenir la corde à ce niveau-là, y a-t-il vraiment une étape reine sur ce Tour 2023 ? Des étapes incontournables ? Des étapes où l’on est à peu près certain – si tant est que cela puisse être le cas – du scénario réservé par la course ? Assez peu finalement. Cela pourrait être un point négatif mais on préfère voir le verre à moitié plein et décider qu’un parcours aussi indécis que celui-ci n’est pas une mauvaise chose, loin de là. Les étapes de montagne manquent parfois d’altitude (seuls Tourmalet et Loze dépassent les 2000m) mais toutes sont « casse-pattes », usantes et rarement plates. Et c’est souvent là que l’on a le plus de spectacle.


Les - :


La quasi-absence de chrono


22. C’est le nombre de kilomètres de contre-la-montre proposés par les organisateurs en 2023. C’est peu. Très peu. Trop peu. On n’est pas contre un Tour pour les purs grimpeurs de temps en temps, loin de là, mais ici, le concept est un peu trop poussé. 2015 aussi était pour pur grimpeur avec 14km de chrono individuel (et 28km par équipes) mais le contre-la-montre était plat. Ici, le chrono n’est même pas pour rouleur, avec l’ascension vers Comboux par la côte de Domancy. Aucun spécialiste de l’exercice solitaire ne viendra sur le Tour pour ce chrono. Et c’est dommage.


Le profil de la 16e étape et seul chrono de cette édition :



Des Pyrénées mal conçues


Que les Pyrénées soient placées aussi tôt dans la course divisent un peu la rédaction. Certains pensent que c’est une bonne idée d’avoir de la montagne si tôt, d’autres que c’est un peu du gâchis pour le général. En revanche, on s’accorde tous à dire qu’elles sont (très) mal conçues. En soit, l’étape de Laruns (qui est un copier-coller de celle de 2020) est plutôt intéressante…mais placée juste avant celle de Cauterets et les leaders risquent donc de l’escamoter…pour pas grand-chose.


Car, autant se le dire de suite, la 6e étape est une déception immense. Enchainer Aspin et Tourmalet mais finir par le mouroir qu’est la montée roulante (16km à 5,4% mais les 4km à 7% pour finir hausse la moyenne) vers Cauterets est franchement dommage. On aura du spectacle en échappée mais il ne faudra sans doute pas s’attendre à autre chose.


Le manque de kilométrage (surtout en montagne)


Il semble très loin le temps où les étapes de montagne du Tour de France dépassait régulièrement les 200 kilomètres. Aujourd’hui, la tendance est à raccourcir les tracés pour favoriser les attaques, comme si cela était impossible en dépassant les 200km…Il suffit de se souvenir de l’étape du Creusot en 2021 pour se souvenir du contraire.


Le symbole ? La plus longue étape de cette édition (209km) est la plus courte « plus longue étape » de l’histoire du Tour. En montagne, il n’y aura presque pas de variation du kilométrage avec des étapes faisant entre 133km et 184km. Il manque cruellement d’une longue étape usante de montagne, à la Draguignan-Briançon (par Allos, Vars et Izoard) en 2000…


Le profil de la 17e étape :



Un Tour condensé en 6 régions


On s’accordera tous à dire que ce Tour est original dans son tracé et qu’il est impossible que le Tour de France soit véritablement le Tour de la France. Encore moins avec des étapes ne dépassant presque jamais les 200 kilomètres. Mais traverser seulement 6 régions c’est vraiment peu… Ce Tour 2023 se condense sur un tiers exactement du territoire alors qu’il aurait pu sans soucis aller chercher un peu plus.


Evidemment que le tracé dépend aussi des villes candidates mais on ne nous enlèvera pas de la tête que, niveau exploitation du territoire, il y avait mieux à faire qu’une arrivée sur les sommets de Clermont-Ferrand (Puy de Dôme) suivis de deux départs d’étape dans la capitale auvergante.

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