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Mathys Rondel 🇫🇷 (Tudor Pro Cycling) : "Voir comment mon corps réagit sur la durée du Tour d'Italie 2026"

Alors qu'il s'apprête à prendre le départ du premier Grand Tour de sa carrière sur le Tour d'Italie 2026, Mathys Rondel nous a livré ses impressions sur son début de carrière, sa progression, son Giro ainsi que ses plans pour la suite. Entretien avec le coureur de la Tudor Pro Cycling.


Mathys Rondel 🇫🇷 (Tudor Pro Cycling) : "Voir comment mon corps réagit sur la durée du Tour d'Italie 2026"

Le Tour d'Italie 2026 de Mathys Rondel

Ce Giro avec Tudor, c’est quelque chose de spécial pour toi car c'est ton premier GT. Quelles sont tes attentes ?

C’est ma première expérience sur trois semaines, donc l’objectif principal sera de voir comment mon corps et ma forme évoluent sur la durée. Je veux aussi apprendre à devenir un coureur de classement général, parce que c’est clairement l’orientation que je vise pour le futur.

En parallèle, je veux être un soutien important pour Michael Storer le plus longtemps possible.


Votre hiérarchie semble claire avec Michael Storer comme leader principal et toi en numéro deux. Est-ce que ça te laisse de la liberté ?

Oui, bien sûr. Michael est le leader principal, mais j’aurai aussi ma liberté. Ensuite, dans les étapes décisives, ce sera surtout une question de jambes. On a une structure claire pour les deux premières semaines, puis on adaptera selon les positions au général.


Tu as déjà dit que le Giro était la course que tu préférais. Pourquoi ?

Le Tour de France est une immense machine, alors que je ressens davantage de passion autour du Giro. J’ai l’impression que les Français aiment le Tour de France, alors que les Italiens aiment le vélo en général. On sent vraiment cette différence d’atmosphère. Ça n’enlève rien au Tour, qui reste la plus grande course du monde, mais j’aime particulièrement l’esprit du Giro.


Quel regard portes-tu sur le parcours du Giro ?

Le parcours est assez particulier. La dernière semaine reste très intense, comme souvent sur le Giro, mais il y a davantage d’arrivées au sommet avec moins de difficultés avant la montée finale. Il y a quand même quelques étapes très dures, mais globalement les ascensions décisives arrivent plus “fraîches”, ce qui peut rendre les écarts plus explosifs. Les fins d’étapes resteront très piégeuses et nerveuses, avec beaucoup de tension, parce qu’on peut très vite perdre du temps.

Et puis il y a ce très long contre-la-montre. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un chrono aussi long sur un Grand Tour, donc ça va forcément jouer un rôle important.


La progression de Mathys Rondel depuis qu'il est pro

Depuis ton arrivée chez Tudor, ta progression est constante. Comment tu analyses cette évolution ?

La progression est très linéaire. Avec l’équipe, on a pris le temps de faire les choses étape par étape, sans brûler les étapes. Chaque course m’apprend quelque chose et j’essaie de réutiliser ces enseignements immédiatement. Aujourd’hui, le fait d’être cité pour un top 10 sur le Giro est logique par rapport à cette progression, même si je préfère surtout me concentrer sur le travail quotidien.


Ta 8e place sur Paris-Nice a marqué les esprits. Est-ce que ça change ton statut dans l’équipe ?

Pas vraiment. Ça confirme surtout que le travail mis en place fonctionne. Pour mes coéquipiers aussi, c’est important de voir que leurs efforts aboutissent à des résultats solides. Mais ce n’est qu’une étape. À l’avenir, il faudra viser encore plus haut.


Le contre-la-montre n’est pas encore un point fort. Est-ce un axe de progression important pour toi ?

Oui, forcément. Pour devenir un coureur de classement général complet, il faut continuer à développer ses points forts tout en travaillant ses points faibles. Physiquement, les qualités demandées restent proches de celles de la montagne, donc la base est déjà là. Le vrai travail concerne surtout la position et la capacité à la tenir longtemps.

Et le meilleur moyen de progresser, c’est encore de faire des chronos en course. Un exercice aussi long sur le Giro va justement permettre d’apprendre beaucoup et d’identifier ce qu’il reste à améliorer.


Mathys Rondel dans l'exercice du contre-la-montre
Mathys Rondel dans l'exercice du contre-la-montre / Ouest-France

Tu es arrivé relativement tard dans le cyclisme. Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Le désavantage, c’est qu’il faut apprendre rapidement tous les automatismes du peloton : le placement, la gestion du vélo, les gestes simples comme prendre des bidons.

Mais il y a aussi des avantages. Le cyclisme amateur peut parfois être très formaté, avec des habitudes répétées sans remise en question. Comme je ne viens pas de ce système-là, ça m’a permis de garder un esprit plus ouvert et critique sur l’entraînement et la performance.


Comment l’équipe voit-elle ton rôle à moyen terme ? Est-ce qu’il existe déjà un plan pour faire de toi un leader sur les Grands Tours ?

Oui, je pense qu’il y a déjà une vision de la part de l’équipe. Après, ils ne me détaillent pas forcément tout, parce que beaucoup de choses dépendent aussi de mon évolution et des résultats à venir.

Cette année, sur certaines courses par étapes, j’ai déjà commencé à avoir un rôle de leader unique, comme sur Paris-Nice. Avec Michael Storer, on partageait certaines responsabilités parce qu’on avait le même programme de préparation avant le Giro.

Mais à terme, le but est clairement de devenir leader unique sur des courses de plus en plus importantes, avec une équipe toujours plus forte autour de moi. Je pense que progressivement, à partir de 2027, ce sera davantage le cas.


Dans le futur, qu’est-ce que tu souhaites accomplir ? Est-ce que tu te fixes des limites ou tu vises très haut ?

Non, je ne me fixe pas de limites. Mon développement est encore loin d’être terminé et je continue de progresser. Forcément, j’ai des objectifs sur les Grands Tours et sur certaines grandes classiques. Ce sont des choses auxquelles je pense. Mais paradoxalement, plus on se rapproche du très haut niveau, plus les derniers pourcentages à gagner deviennent difficiles.

Malgré ça, je veux viser le plus haut possible. C’est aussi pour ça que je fais du vélo.


Son calendrier pour la suite de la saison

Tu as parlé de ton envie de découvrir davantage les grandes classiques. Le Tour de Lombardie t’attire particulièrement, d'autant que c'est en Italie ?

Oui, clairement. J’aimerais vraiment faire le Lombardie et avoir une préparation spécifiquement orientée vers cette course. L’année dernière, c’était sans doute encore un peu tôt dans mon développement et le calendrier n’était pas idéal. Mais c’est une course qui correspond à ce que j’aime : une très longue journée, beaucoup d’intensité et un profil exigeant pour les grimpeurs.

Je pense que ça fait partie des plans pour le futur.


Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura peut-être pas de Vuelta cette année ?

C’est possible, oui. Faire deux Grands Tours dès ma première vraie saison à ce niveau serait peut-être un peu trop. Il existe une petite possibilité, mais elle reste faible pour le moment. On verra selon le programme et l’évolution de la saison.

Et puis l’équipe a d’autres très bons coureurs en développement. Le but, c’est que chacun puisse progresser dans les meilleures conditions sans être bloqué par les autres. Quoi qu’il arrive, Tudor aura une équipe compétitive sur la Vuelta.


Les championnats du monde 2027 auront lieu en France. Est-ce déjà un objectif important pour toi ?

Oui, clairement. Il y a déjà des discussions autour de ces Mondiaux, parce que le parcours devrait convenir aux grimpeurs. C’est forcément un objectif important pour moi.

J’en ai déjà parlé avec l’équipe Tudor afin d’être dans les meilleures conditions possibles pour arriver prêt à ce rendez-vous. Après, tout dépendra du niveau de chacun à ce moment-là. Il y aura une très grosse génération française avec des coureurs comme Lenny Martinez ou Paul Seixas.

L’objectif sera surtout de travailler pour le plus fort. Si je suis le meilleur, j’espère que l’équipe roulera pour moi. Sinon, je serai le meilleur équipier possible pour aider un autre Français à gagner. Pour moi, le plus important, c’est que l’équipe joue la bonne carte.


Son environnement

Tu es engagé jusqu’en 2030 avec Tudor. C’est un contrat assez long et plutôt rare. Que représente cette confiance pour toi ?

Pour moi, c’était logique. Je vois les choses sur le long terme dans tous les aspects de ma vie. Un contrat long faisait donc totalement sens. J’ai trouvé chez Tudor l’environnement qui me convient parfaitement, donc je n’avais aucune raison d’aller voir ailleurs. Ma progression est linéaire et je sais que j’ai encore une grosse marge. L’équipe continue de se développer, que ce soit au niveau des personnes, du matériel ou de la recherche et développement. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour continuer à progresser.

Cette prolongation montre une vraie confiance de l’équipe envers moi, et cette confiance est totalement réciproque.


Tu as récemment déménagé dans une maison entourée de terrain et d’animaux, comme tu l'expliquais dans l'Equipe. Qu’est-ce que ça t’apporte en dehors du cyclisme ?

Ça m’aide à garder le bon équilibre dans ma vie. Quand je m’entraîne, je suis concentré à 100 % sur le vélo, mais en dehors de ça, je veux avoir une vie normale, la vie que j’aime vraiment.

C’est calme, simple et ça permet de garder les pieds sur terre. Les animaux se moquent que je gagne une course ou que je termine dernier. Il faut quand même les nourrir, nettoyer et s’occuper du terrain. Ça me rappelle qu’en dehors du vélo, on reste une personne normale.

Cet équilibre est très important pour moi. Je ne veux pas attendre la fin de ma carrière pour vivre la vie que j’aime. Je veux déjà commencer à la construire maintenant, petit à petit.


Mathys Rondel et ses animaux / L'Equipe
Mathys Rondel et ses animaux / L'Equipe

Ça rappelle un peu Thibaut Pinot et son attachement à la nature et aux animaux. Tu te reconnaissais en lui ?

Oui, sur certains aspects. Ce qu’il a construit est évidemment bien plus grand, mais si un jour je pouvais avoir quelque chose qui y ressemble, ce serait génial.

Il a aussi eu une très grande carrière, remplie d’émotions et de moments forts. C’est important pour moi aussi. Gagner des courses compte, bien sûr, mais ce sont les émotions et les sensations qui rendent une carrière vraiment marquante. C’est aussi pour ça que les gens se souviennent autant de Thibaut Pinot aujourd’hui.




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