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Marco Brenner - Tudor Pro Cycling : « Je vais viser les victoires d’étape sur la Vuelta 2026 »

Vainqueur du Tour de Pologne il y a quelques jours, Marco Brenner arrive sur la Vuelta 2026 avec une confiance forcément renforcée. À 23 ans, l’Allemand de Tudor semble avoir franchi un cap cette saison après plusieurs années marquées par les blessures et la malchance. Avant de prendre le départ de son troisième Grand Tour, il s’est confié à Vélofuté sur ses ambitions, sa progression et son objectif principal en Espagne : décrocher une victoire d’étape.


Marco Brenner - Tudor Pro Cycling : « Je vais viser les victoires d’étape sur la Vuelta 2026 »

En début d’année, vous nous aviez expliqué que votre objectif était d’arriver en bonne condition sur un Grand Tour. Après votre victoire au Tour de Pologne, le timing semble idéal pour cette Vuelta ?

Oui, c’était vraiment l’un des objectifs de la saison. Je voulais d’abord disputer quelques courses d’une semaine. J’avais bien commencé en Australie, puis les choses ont été un peu plus compliquées. Mais aujourd’hui, je suis dans une bonne situation pour prendre le départ d’un Grand Tour. La préparation s’est bien passée. J’ai désormais hâte de voir ce qu’il sera possible de faire pendant ces trois semaines.


Vous avez connu plusieurs périodes où la forme était bonne, mais où la malchance vous a rattrapé, notamment sur le Giro l’an dernier. Comment avez-vous appris à gérer ces moments ?

J’essaie toujours de tirer le meilleur de chaque situation. Il ne faut jamais considérer comme acquises les périodes où tout va bien. Cette année n’a d’ailleurs pas forcément été beaucoup plus simple : j’ai été souvent malade autour du Tour de Romandie et du Tour de Suisse, et j’ai chuté dès le premier jour au Pays basque.


J’ai donc encore traversé une période assez difficile. L’important est de savoir rebondir et de saisir les opportunités lorsqu’elles arrivent. Avant le Tour de Pologne, j’ai effectué un très bon stage en altitude et je sentais que ma condition était bonne. J’ai essayé d’en profiter au maximum et j’espère maintenant conserver cette dynamique sur la Vuelta.


Cette victoire au Tour de Pologne vous a-t-elle changé ?

Pas vraiment. Bien sûr, c’était quelque chose de très spécial. J’ai reçu énormément de messages. C’était également important pour l’équipe puisqu’il s’agissait de notre première victoire au classement général d’une course WorldTour, avec en plus la victoire de Stefan Küng dans le contre-la-montre.

C’est une semaine que nous garderons en mémoire. Mais ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est surtout la confirmation que ma condition est bonne. Cela ne signifie évidemment pas que j’arrive sur la Vuelta en pensant pouvoir gagner cinq étapes [rires].


On vous présente depuis longtemps comme un grand talent. Qu’est-ce qui explique le cap que vous semblez avoir franchi cette saison ?

Je pense que cela remonte déjà à cet hiver. J’ai effectué une très bonne préparation et j’ai pu montrer une belle condition en Australie. Cela m’a apporté de la confiance et m’a confirmé que, lorsque tout se passe bien, je suis capable d’obtenir de bons résultats sur de grandes courses.

Avant le Tour de Pologne, après les championnats nationaux, j’ai complètement coupé pendant huit jours. J’avais vraiment besoin de récupérer et de repartir de zéro. Ensuite, j’ai effectué trois semaines de stage en altitude dans un excellent groupe. C’était probablement mon meilleur stage en altitude jusqu’à présent.


Au Tour de Pologne, j’ai aussi découvert ce que cela signifiait de courir réellement pour un podium ou une victoire au classement général. Pendant quatre journées difficiles consécutives, j’étais toujours présent. Après les deux premières, j’ai compris que je jouais probablement le plus grand résultat de ma carrière. C’était un peu stressant, mais je pense avoir beaucoup progressé grâce à cette expérience.


Marco Brenner était vu comme un immense talent en sortant des juniors / Velomotion
Marco Brenner était vu comme un immense talent en sortant des juniors / Velomotion

Cette victoire enlève-t-elle aussi une certaine pression avant la Vuelta ?

Oui, clairement. Mon approche de ce Grand Tour est différente. Si tout se passe normalement, ma condition ne devrait pas être très différente de celle que j’avais une semaine auparavant.

Mais avoir cette victoire au Tour de Pologne en poche me permet aussi d’aborder la Vuelta avec moins de pression mentale. Nous sommes professionnels et nous voulons toujours obtenir le meilleur résultat possible, mais je ne vais pas me mettre une pression énorme pour absolument décrocher un résultat sur une étape.


Quelles seront alors vos ambitions sur cette Vuelta ? Avez-vous déjà un objectif précis au classement général ?

Non. En tant qu’équipe, nous avons décidé de viser avant tout les victoires d’étape. Je pense qu’il n’y aura pas énormément d’opportunités pour les échappées durant la première semaine. Ensuite, en montagne, je veux vraiment me tester et voir jusqu’où je peux aller.


Au Tour de Pologne, vous avez surtout démontré votre capacité à répéter les performances plusieurs jours de suite. Était-ce important pour vous ?

Oui. C’était la première fois que je devais réellement être performant plusieurs jours consécutifs pour obtenir un classement général de ce niveau.

Dans le passé, il s’agissait souvent d’une ou deux journées. Même en Australie en début de saison, nous n’avions finalement eu qu’une seule journée vraiment difficile puisque l’autre avait été annulée en raison de la chaleur.

En Pologne, le défi était donc de réussir à performer pendant quatre jours consécutifs. Et la conclusion a été très positive : lorsque j’arrive sur une course avec une bonne condition, je suis capable de maintenir mon niveau plusieurs jours de suite.


Vous avez également réalisé un excellent contre-la-montre. Que vous apporte un coureur aussi expérimenté que Stefan Küng ?

J’ai passé trois semaines en altitude avec Stefan. C’était la première fois que nous avions réellement l’occasion de passer autant de temps ensemble dans un petit groupe.

Il a eu une très bonne influence sur tout le groupe. Il apporte de la bonne humeur, mais surtout énormément d’expérience. On sent qu’il veut aider. Lorsqu’il voit de jeunes coureurs qui posent des questions et qui veulent réellement apprendre, il est prêt à s’investir.

Pendant la course, il m’a beaucoup aidé à rester calme dans cette situation qui était nouvelle pour moi. Il m’a également donné quelques conseils pour le contre-la-montre, d’autant plus qu’il avait déjà disputé le même parcours l’année précédente.


Marco Brenner a pris la tête du CG du Tour de Pologne lors du chrono de cloture
Marco Brenner a pris la tête du CG du Tour de Pologne lors du chrono de cloture

Vous avez prolongé votre contrat avec Tudor malgré l’intérêt d’autres équipes. Pourquoi avoir choisi de rester ?

Depuis mon arrivée dans l’équipe avant la saison 2024, j’ai rapidement senti que je pouvais à nouveau montrer de belles choses. J’ai surtout trouvé un environnement dans lequel je me sens très bien avec toutes les personnes qui m’entourent.

C’est une structure très familiale, mais qui reste en même temps très innovante. Je m’y sens vraiment bien et j’avais simplement envie de poursuivre l’aventure quelques années supplémentaires.


Au-delà des résultats, qu’aimeriez-vous apprendre sur vous-même pendant cette Vuelta ?

J’ai déjà disputé la Vuelta en 2022, puis le Giro l’année dernière, que j’avais malheureusement dû abandonner peu avant l’arrivée à cause de ma chute.

Cette année, mon grand objectif serait simplement de réussir à maintenir un bon niveau de performance pendant trois semaines. Je veux pouvoir arriver au terme de la course en me disant que j’ai été solide et régulier durant l’ensemble des trois semaines.


Justement, comment avez-vous vécu cette chute sur le Giro et la période qui a suivi ?

Ce n’était vraiment pas facile. J’ai dû rester longtemps sans vélo et je n’ai absolument rien fait pendant plusieurs semaines. J’ai ensuite commencé ma rééducation avant de reprendre progressivement l’entraînement en fin de saison et de participer à quelques courses.

Physiquement, j’avais retrouvé un très bon niveau. Mentalement, en revanche, c’était plus compliqué, notamment dans les descentes et les passages techniques puisque mon accident s’était produit dans ce type de situation.

J’ai donc travaillé là-dessus pendant l’hiver avec un psychologue du sport. Cela m’a énormément aidé. Sans cet accompagnement, cela aurait probablement été beaucoup plus difficile. On voit régulièrement des coureurs rencontrer des difficultés après un accident de ce type. Pouvoir en parler avec quelqu’un est vraiment bénéfique.


Vous avez longtemps été considéré comme l’un des grands talents du cyclisme allemand. Cette victoire au Tour de Pologne correspond-elle à ce que vous imaginiez lorsque vous êtes passé professionnel ?

J’ai toujours dit que je pensais pouvoir, à l’avenir, jouer les premiers rôles sur des courses par étapes d’une semaine. Cette victoire est donc une confirmation.

Pour les Grands Tours, je dois encore découvrir ce dont je suis capable. Mais je pense avoir le niveau pour, je l’espère, gagner une étape. Le Tour de Pologne m’a surtout confirmé que lorsque tout est réuni — une bonne préparation, une bonne course, une excellente performance collective et le soutien de l’équipe — je suis capable de gagner une course de ce niveau.


Et si, après une semaine de Vuelta, vous êtes encore placé au général, par exemple dans le Top 15 : pourriez-vous revoir vos ambitions ?

Je pense que la première semaine sera assez compliquée pour les échappées. Après une semaine, ce sera à la direction sportive de faire le point et éventuellement de décider de changer notre approche.

Mais nous prenons le départ avec un objectif très clair : gagner une étape avec l’équipe.


Cela signifie-t-il que vous n’allez pas volontairement perdre du temps durant la première semaine pour obtenir davantage de liberté dans les échappées ?

Sur le premier contre-la-montre, je vais clairement tout donner. Ensuite, nous verrons. La deuxième étape est vallonnée, donc ce n’est de toute façon pas vraiment une journée où l’on cherchera à perdre du temps.

Pour les journées suivantes, nous verrons comment la course évolue. Ce sera aussi aux directeurs sportifs de décider : peut-être qu’à un moment ils me diront que c’est une bonne journée pour perdre du temps, ou au contraire qu’il vaut mieux rester placé. Je suivrai leurs indications.


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