• Titouan Lallemand

L'art du coup de bordure

Mis à jour : oct. 8

Le Tour de France n'est jamais de tout repos. Les premières étapes sont, malgré le plat apparent, très difficile. Il faut toujours être sur ses gardes et traîner à l'arrière du peloton peut être risqué les jours de vent car des coups de bordure viennent régulièrement pimenter la course lors des étapes de plaine. Des leaders se font souvent piéger, à l'image de Thibaut Pinot l'an dernier.


La bordure est un art. Le timing, l'effet de surprise sont des éléments clés de la réussite, tout comme la préparation, avant le départ. Une bordure réussie est la combinaison de plusieurs facteurs que nous allons voir ensemble. Décryptage.


Qu'est ce qu'un coup de bordure :


Un coup de bordure, c'est une accélération d'une ou plusieurs équipes dans un passage très venteux de la course, à découvert. Le vent puissant, de côté de 3/4 dos ou 3/4 face, incite les équipes à se placer de l'autre côté de la route, afin que personne ne soit protégé au delà de la 10ème place.


Les coureurs qui mènent le peloton se disposent en éventail, à mi-hauteur de l'équipier qui les devancent afin de se protéger et se relaient les uns après les autres. Les coureurs du peloton se retrouvent ainsi en file indienne et donc à découvert. Ils doivent fournir un effort intense pour garder les roues des coureurs qui se relaient. Très vite, un coureur perd la roue et là ... la bordure est créée. Un petit groupe prend les devants et tous les autres dans la roue du coureur qui a lâché se retrouvent décrochés. Le temps de se réorganiser, les retardataires ont déjà perdu des dizaines de secondes précieuses.


Comment préparer sa bordure :


L'équipe la plus douée dans le domaine est sans doute la Deceuninck-Quick Step. L'équipe belge, spécialiste des classiques flandriennes (courses pavées), tente régulièrement de piéger ses adversaires dans une bordure, avec une réussite impressionnante.


La préparation de la bordure commence au départ par une bonne reconnaissance du parcours, d'une bonne analyse du sens du vent et d'un bon briefing d'avant course. Toutes les équipes savent que sur certaines étapes, les chances d'un coup de bordure sont élevées mais tout le monde ne peut pas être à l'avant. Et tout le monde n'a pas la même science de la course.


Au delà de la préparation, il faut avoir de très bon rouleurs, puissants, pour que la réalisation soit à la hauteur des attentes. Certaines équipes sont composées essentiellement de grimpeurs, ce qui les affaiblit dans ce genre de situation. Un petit gabarit comme Bardet ou Quintana n'a pas la même puissance qu'un Sagan, Gilbert, ou Asgreen. Car il va falloir rouler fort, très fort, vent de 3/4 face.


Ensuite, il faut être prêt, en ordre de marche, tout en essayant de surprendre ses adversaires. Le timing doit être excellent pour pouvoir piéger un maximum de coureurs. La plupart du temps, les zones idéales pour accélérer sont à la sortie d'un rond point, des villes, lorsque les maisons ne font plus barrage au vent ou dans les champs, lorsque plus aucun arbre ne borde la route sur plusieurs kilomètres. La preuve en vidéo ci-dessous.

A ce moment il faut rouler à bloc, sans se poser de question, tout en s'assurant que son leader pour le général, si il y en a un, est dans les roues. Avoir un leader comme Roglic, Valverde ou Froome dans ce genre de situation est plus facile a gérer car ils peuvent eux même prendre des relais. Il faudra alors continuer à rouler, parfois pendant plus de 50 kilomètres, si la bordure est une réussite. Dans ces cas, les retardataires ne cumulent pas des secondes mais bien des minutes à l'arrivée...


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Par Romain & Titouan

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