Julian Alaphilippe : Cœur Irisé

Bis repetita pour Julian Alaphilippe, dont le mariage avec ce beau maillot continuera encore pendant un an. Après 23 ans d'attente, voilà la France double championne du monde grâce à son redoutable puncheur au cœur irisé.

Rien ne sert de courir trop vite, il suffit de partir à point. Cet adage, si populaire, ne fonctionne pas du tout avec Julian Alaphilippe. Déchaîné, le Français a enchaîné les attaques avant d'enfin trouver une ouverture, définitive, vers son deuxième titre de champion du monde, d'affilé. Épatant.


Un champion du rendez-vous


Il y a certains coureurs qui sont toujours au rendez-vous le jour J. Alaphilippe est l'un d'entre eux. En forme, sans être époustouflant, sur le Tour de Grande-Bretagne, il a su se préparer pour LA course de fin de saison. Sa course. Dans une après-midi que beaucoup pensaient réservée à la Belgique, Julian a déclenché un peu de haine et énormément de passion de la part du public belge, transperçant la foule en danseuse, avec son déhanché si atypique. Thomas Voeckler en serait presque jaloux. Il y a de quoi. Ce style fougueux, combinaison de force et d'explosivité, lui aura une nouvelle fois permis de prendre la mesure de ses adversaires du jour. Mais cette fois, plus que l'an dernier, la tactique aura eu un rôle important dans ce final.


Un travail d'équipe, mais pas que


Ne vous y trompez pas, aucune équipe n'a sous-estimé l'équipe de France et ce n'est pas les tentatives de Thomas Voeckler, en maillot de bain, qui ont fait gagner la France. C'est plutôt grâce à ce sens du sacrifice, ce travail d'équipe généreux qu'a offert l'équipe de France, active tout au long de la course, pour que dans le final, le peloton soit bien amaigri. Derrière, si la tactique fut bonne, ce sont évidemment la jambes d'Alaphilippe qui ont offert au tricolore le titre suprême, pour la deuxième fois. Julian était fort et sans lui, la France n'aurait sans doute pas gagné. Cependant, la stratégie collective a été inévitablement plus rodée que certaines équipes, dont l'Italie ou la Belgique, grande favorite. Rouler sur Remco Evenepoel n'a sans doute pas été l'idée de l'année tout comme répondre à toute les attaques. A trop vouloir montrer sa force, on finit par s'affaiblir, et c'est un peu ce qui est arrivé à la Belgique, chez elle. On notera aussi que certains coureurs, comme Valgren ou Colbrelli, était sans doute très forts et capables de suivre mais sans oreillette, un instant d'hésitation et hop, tout s'envole. Qu'est-ce qu'on aime les courses sans oreillettes, mais cela sera pour un autre jour.


Une année en arc-en-ciel, acte II


La fête a battu son plein cette nuit côté français, et on peut le comprendre après un tel récital. La France peut fêter son titre, mais aussi être reconnaissant et fier d'avoir l'un des meilleurs coureurs de sa génération porter les couleurs prestigieuses du champion du monde. Espérons que cette année, il puisse lever les bras en gagnant, sur Liège-Bastogne-Liège, et qu'il puisse courir plus libéré, avec le cœur.


"La plus belle victoire est de vaincre avec son cœur". Jean de la Fontaine

A 29 ans, il reste encore de belles années à Julian Alaphilippe pour étoffer son palmarès, déjà le plus beau des coureurs français en activité. Avec cette victoire, il remonte à la 9e place de notre classement des meilleurs coureurs du 21e siècle, dépassant Quintana et Pogacar. La trentaine lui offrira-t-elle le droit de rêver à encore mieux ? Nous sommes impatients de le découvrir.






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