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Interview de Guillaume Martin (Cofidis) : "Sur le Tour de France 2024, je prendrais la course comme elle vient »

Nous avons eu la chance d'interviewer Guillaume Martin lors de son stage de préparation au Tour de France, quelques jours avant la Mercantour Classic. Il nous parle de sa saison, qui ressemble comme deux goûtes d'eau à celle de l'an dernier, que ce soit en bien comme en mal, mais aussi de la saison 2024 de Cofidis, difficile jusqu'à mi-avril.

interview Guillaume Martin avant le Tour de France 2024

En stage à Tignes avant le Dauphiné, Guillaume Martin nous a accordé un peu de temps avant de rejoindre le massage, rituel important pour chaque coureur. Le Français vise le Tour de France 2024 ainsi que la Vuelta mais doit aussi gérer sa fin de contrat avec Cofidis. Ce qui n'a pas l'air de l'inquiéter outre-mesure.


Comment juges-tu ton début de saison ?

Comme l'an dernier, j'ai eu le Covid en début de saison, ce qui m'a retardé dans ma préparation. C'était difficile sur le Tirreno et Tour de Catalogne, mais il y a eu ce point de bascule lors de la dernière étape où j’ai fait 3e. D'un coup, les jambes étaient bonnes. Ensuite j’ai eu un beau bloc jusqu’en Romandie mais j’ai eu d'autres soucis qui m’ont empêché d’être bien sur cette course. Dans l’ensemble, j’étais en forme sur les Ardennaises et lors des courses en Franche-Comté. La première partie de saison a été plus contrastée. Ce n’était pas vraiment régulier, mais je n’ai pas été transparent non plus.


C’est vrai que cela ressemble beaucoup au début de saison de l’an passé. Comment te sens-tu pour la suite, vas-tu changer des choses dans ton programme ?

Ce sera exactement pareil que l’an passé. Je suis actuellement en stage, et j’ai vraiment le même programme que les autres coureurs qui préparent le Tour : coupure d’une semaine après la première partie de saison, puis stage en altitude pour une dizaine de jours, et reprise sur le Mercantour.


Quel est ton programme sur le stage ?

Les premiers jours, surtout en altitude à Tignes, on fait avant tout du foncier. Là on commence à faire plus d'intensité (mi mai). Sachant que j'ai couru y a pas longtemps, que la fin de la Vuelta c'est encore loin, donc je pense qu'il ne faut pas trop forcer. Je suis quelqu'un qui revient très vite en forme donc je ne vais pas en faire plus que de raison.


En termes de chiffres et de sensations, penses-tu être au même niveau que l’an passé ?

Oui, c’est un peu tôt pour le dire, mais à l’approche des Ardennaises, j’étais même meilleur que l’an dernier. Là, actuellement, je me sens bien, dans le même ordre de niveau.


Tu arrives dans la partie la plus intéressante de ta saison, avec le Tour, où tu parviens régulièrement à atteindre le top 10. Que vises-tu cette année, top 10 et victoire d’étape ?

On verra, je ferai encore la Vuelta en plus. Je vais prendre la course comme elle vient. Ça dépendra des premières étapes, voir si je suis piégé pour x ou y raison. Je ne veux pas me mettre de pression pour le général, je vais voir le scénario des premiers jours.


Le Galibier arriver dès le 4e jour, donc tu devrais être très vite fixé sur ton niveau.

Oui complètement. Ça peut toujours évoluer sur 3 semaines, mais les deux premières étapes sont très piégeuses, donc il faudra vite être dans l’allure.


De façon plus générale, Cofidis a connu un début de saison compliqué, mais on remarque on vrai élan positif depuis début avril. Comment expliques-tu ces premiers mois ?

Je pense qu’il y a des phases dans la vie d’une équipe ou de sportifs. Un cercle vicieux s’est enclenché, avec de la malchance et notamment pas mal de chutes, j’en ai fait partie entre autres. Mais on ne s’est pas affolé, la roue semble tourner dans le bon sens maintenant. Il ne fallait pas trop s’enthousiasmer l’an passé après deux victoires sur le Tour, mais il ne fallait pas trop s’alarmer cette année quand ça allait mal.


Entre toi en Franche comté et Axel Zingle, vous étiez effectivement plusieurs fois proches de l’emporter. Comment gères-tu ce genre de situation par rapport à ton rôle dans l’équipe ?

Je fais partie des coureurs importants de l’équipe, mais je ne suis pas manager ou membre de l’équipe de direction, donc mon rôle est assez limité. Je peux apporter un peu de calme ou l’expérience que je commence à avoir, mais les manettes sont surtout entre les mains de la direction sportive.


La dynamique positive de l'équipe, suite aux victoires, notamment celle de Thomas sur le Giro, fait-elle du bien au moral ? Est-ce que tu la ressens dans le groupe du stage ?

C'est dur à dire. Chacun est dans propre tunnel. Nous (le groupe en stage) on est concentré sur le Tour de France 2024. On ne faisait pas la gueule à table parce qu'il n’y avait pas de victoire et c'est pas parce qu'il y a des victoires que tout le monde est euphorique. On est professionnel et on fait notre travail tout simplement.


Par rapport à la course aux points, quel est son impact sur ta façon de courir?

Sur les classement généraux non, car ils ne sont pas tellement rétributeurs en points. Le 8e de la Catalogne aura moins de points que le 2e de Paris-Camenbert alors que c'est plus facile de faire 2e de Paris-Camembert. Après c'est sûr qu'il y a une reflexion par rapport à ça et la manière de courir de l'équipe a changé par rapport à ca. Je ne sais pas si c'est bien ou pas mais ces derniers temps, on parle de la sécurité des coureurs, et ce genre d'obligation donne à une 10e place une importance énorme.


Sur la Flèche Wallonne, on a vu énormément d'abandons suite à la météo, dantesque ce jour là. Est-ce que l'importance des points t'incite encore plus à t'accrocher à ce moment où Cofidis est dans le dur ?

Non non. Je m'accroche parce qu'il y avait un beau résultat à aller chercher. La Flèche Wallonne est une grande course et puis je me bats toujours jusqu'au bout.


Tu arrives en fin de contrat, cela fait 5 saisons que tu es chez Cofidis. Où est-ce que tu en es?

En tout cas, je suis désolé, mais je ne vais pas en discuter ici [rires]. Je vais devoir faire un peu de langue de bois. A l'heure d'aujourd'hui, je ne sais pas si je serais encore chez Cofidis l'an prochain. Je suis dans une phase où je discute évidemment avec mon équipe mais aussi d'autres à l'extérieur.


Est-ce que tu aimerais que ta situation soit décidée avant le Tour de France?

En tout cas, je pense que je n'aurais pas pris de décision avant le championnat de France. Après, je peux mettre plus de temps, je ne suis pas pressé. Ça a déjà été le cas dans ma carrière, notamment avec Wanty où j'avais prolongé après le Tour. Je n'ai pas de deadline précise.



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