• Titouan Lallemand

Billet du Tour : En "casse-patate"

Ce début de Tour de France 2021 prend un tournant dramatique. Depuis le départ, de grosses chutes animent chaque jour le Tour. Le parcours, les spectateurs mais aussi les équipes, tout le monde joue un rôle dans ce drame. Billet sur un Tour de foire.


La Grande boucle sillonne la France en quête de nouvelles routes et nouveaux paysages, afin d'émerveiller ceux qui la suivent. Ce départ de Bretagne, région magnifique de France, sonnait donc comme un Tour de France aux allures de romance. Il n'en est rien, bien au contraire. Si les paysages, en effet somptueux, bercent les téléspectateurs, les routes parfois étroites et dangereuses mettent en danger les coureurs, tout comme la bêtise de certains spectateurs. Mais ce n'est pas tout, la tension monte d'année en année et l'importance du Tour prend de l'ampleur. En trois jours, la quasi totalité des coureurs a touché le sol, et non sans douleur. Des mois de préparation anéantis en l'espace d'un instant. A une pancarte près.


De Tony Martin à Roglic, les coureurs de la Jumbo se relaient dans la malchance, à l'image de l'ensemble du peloton, qui n'en finit plus de tomber. Victime tantôt de la bêtise d'une spectatrice et tantôt de routes escarpées dans lesquelles le peloton mène bon train. Le risque en vaut-il la chandelle ? Il y a des limites. Le spectacle ne doit pas prédominer face à la santé des coureurs mais la pression non plus. Car au-delà du parcours, c'est bien la pression inhérente du métier, particulièrement sur le Tour, qui rend la course folle et parfois dangereuse. L'importance de briller sur la plus grande course du monde rend les victoires tout aussi glorieuses que les échecs dramatiques.


Personne ne peut se réjouir d'un tel scénario, à commencer par Christian Prud'homme, le directeur du Tour, dont le travail est si bon depuis tant d'années et qui a fait un bien fou à la Grande Boucle. Le Tour de France est beau, le Tour de France est grand mais le Tour de France vit grâce aux coureurs, alors respectons-les.


Arrêtons avec les oreillettes, les arrivées en descentes, les virages à 100 mètres de l'arrivée au sprint, et avec les routes hyper étroites pour un peloton de 180 coureurs mais conservons l'esprit sportif, qui doit tenir. Allons sur le bord des routes pour encourager les coureurs, plutôt que pour passer à la télé. Le cyclisme est déjà assez dangereux sans cela.

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