UAE Tour 2022 : Présentation et favoris

Première course World Tour du calendrier pour la deuxième année de suite, l’UAE Tour fait désormais figure de passage obligé pour les meilleurs sprinteurs et grimpeurs du peloton. Un gain d’importance fulgurant pour cette course qui fêtera en 2022 sa 4e édition seulement.

C’est d’abord l’histoire d’une querelle territoriale qui s’étend sur plusieurs terrains. Rivaux historiques et politiques, les Emirats Arabes Unis, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont trouvé, depuis une quinzaine d’années, le sport comme terrain d’expression de leur tout puissant soft power. Après le football ou le sport automobile, le cyclisme fait figure de proie idéale pour gagner en exposition à moindre coût. Avec cette stratégie, les EAU sont en avance sur leur concurrent, avec leur course nationale, l’UAE Tour, qui s’élance dimanche. Une épreuve devenue incontournable en l’espace de quelques années seulement et qui donne la part belle à la fois aux sprinteurs et aux meilleurs coureurs de courses à étapes.


Histoire de l’épreuve :


Tout débute en 2014, avec l’inscription au calendrier UCI de deux courses par étapes sur le sol émirati : le Dubaï Tour en 2014 puis le Tour d’Abou Dabi un an plus tard. Deux courses de catégories 2.1 au départ puis vite surclassées qui attirent de belles têtes d’affiche : les sprinteurs Mark Cavendish, Marcel Kittel ou Elia Viviani pour la première, les grimpeurs ou puncheurs Esteban Chaves, Fabio Aru ou Alejandro Valverde pour la seconde. Un gain de renommée et d’attention régulier qui permet aux Emirats de rapidement prétendre au prestige du World Tour en 2019. Initialement prévue comme étant la seconde course du calendrier dans cette catégorie, après le Tour Down Under, en janvier, l’UAE Tour, dans sa nouvelle dénomination, est depuis deux ans, en raison de l’annulation de la course australienne, la véritable rentrée des mastodontes du peloton. De quoi la faire entrer un peu plus dans la hiérarchie du cyclisme et imposer les Emirats Arabes Unis, déjà sponsors de l’équipe UAE Emirates Team de Tadej Pogacar, dans le paysage cycliste mondial.


Le parcours 2022 :


Le millésime 2022 ne devrait pas offrir de grandes nouveautés pour ce qui est du parcours. Les fondamentaux sont respectés, avec sept étapes dont deux de montagne, un contre-la-montre et 4 étapes réservées aux sprinteurs. Le parcours mettra en valeur l’ensemble du territoire, notamment Abu Dhabi et Dubaï, avec pour bouquet final la désormais traditionnelle ascension de Jebel Hafeet. De quoi de nouveau attirer les meilleurs sprinteurs mais aussi grimpeurs qui souhaitent vite marquer les esprits.


Étape 1 : Al Ain Water Stage - Madinat Zayed - Madinat Zayed (185 km) - Plaine


Étape 2 : Étape International Holding Company - Île Hudayriyat - Brise-lames d'Abu Dhabi (173 km) - Plaine


Étape 3 : ITT Ajman (9km) - Contre-la-montre

Étape 4 : Fort de Fujairah - Jebel Jais (181 km) - Montagne

Étape 5 : Étape de Marjan - Corniche de Ras al Khaimah - Île d'Al Marjan (182 km) - Plaine


Étape 6 : Étape de l'Expo 2020 (180 km) - Plaine

Étape 7 : Étape Mubadala - Al Ain - Jebel Hafeet (148 km) - Montagne


La météo :


L’UAE Tour est la parfaite conclusion d’un mois de février exotique. Alors que l’Europe sort de l’hiver avec une météo très incertaine, entre la pluie et le froid, les équipes World Tour aiment s’exiler dans les pays chauds. Les Pays du Golfe sont une destination optimale avec un soleil constant et des températures aux alentours de 25°C. Après le Saudi Tour en début de mois et le Tour d’Oman mi-février, les coureurs peuvent préparer leur condition et leur bronzage dans le désert de la péninsule arabique avant de s’affronter sur les routes italiennes, belges ou françaises.


L’édition précédente (2021)


En trois éditions, l’UAE Tour affiche un palmarès digne des courses les plus prestigieuses : Primoz Roglic devant Alejandro Valverde et David Gaudu en 2019, Adam Yates devant Tadej Pogacar et Alexey Lutsenko en 2020, avant que le jeune Slovène ne prenne sa revanche sur le Britannique l’an passé. L’édition 2021 fut d’ailleurs tout bonnement exceptionnelle : de Mathieu Van der Poel à Tadej Pogacar, en passant par les sprinteurs Sam Bennett et Caleb Ewan, ou encore Filippo Ganna : les meilleurs du monde se sont imposés aux Emirats.


La diversité des profils a effectivement permis d’attirer un plateau de choix, mais aussi de mettre en lumière plusieurs constats : Pogacar, vainqueur en costaud au sommet de Jebel Hafeet, était bien le meilleur grimpeur de 2021. Mais on était loin de penser que Jonas Vingegaard, vainqueur de la 5e étape à seulement 21 ans, serait son principal adversaire. Sa victoire en haut de Jabal Bil Ays fut en tout cas impressionnante, mais pas suffisante pour empêcher l’insatiable leader d’UAE Team Emirates de poser son nom au palmarès de la course. Course chère à son sponsor, vous l’aurez compris, et qui n’en attend pas moins pour 2022.


Les favoris :


**** Pogacar, A.Yates


*** Vlasov, Almeida

** Bardet, Dumoulin, Mader, Bilbao


* De La Cruz, Tiberi, Vanhoucke, Hindley, Konrad


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