Tour des Flandres : Ils ont créé la surprise

Les Flandriennes sont parmi les courses les plus dures de la saison mais elles n'en sont pas pour le moins tactiques. C'est justement ce côté stratégique qui a permis à certains outsiders de créer la surprise, alors qu'on attendait des Cancellara ou Boonen. Décryptage de ceux qui ont créé la surprise sur le Tour des Flandres/Ronde van Vlaanderen.

Au 21e siècle, ils ont été finalement nombreux à gagner alors qu'on ne les attendait pas. Evidemment, ces coureurs figuraient dans la liste des candidats potentiels, mais plus pour le podium ou les places d'honneurs que pour la victoire.


Stefen Wesemann sur le Tour des Flandres 2004 :


Souvent placé dans le top 10 sur Paris-Roubaix, Stefen Wesemann n'a jamais vraiment brillé sur le Ronde, que ce soit avant et après son succès de 2004. L'Allemand n'a même jamais figuré dans le top 10 du Monument belge excepté lors de sa victoire. Cette année-là, sous le maillot de la T-Mobile, il profite du marquage des favoris : "Je me suis concentré sur mon plan qui consistait à marquer Johann Museeuw. Je l'ai bien observé. Il était costaud. J'attendais son attaque, mais elle jamais n'est jamais venue. Alors j'ai attendu le Mur de Grammont pour passer à l'action". Echappé avec Leif Hoste et Bruylandts, Wesemann l'emporte dans un sprint à trois et décroche la plus belle victoire de sa carrière. Son seul Monument.


Alessandro Ballan sur le Tour des Flandres 2007 :


Régulièrement cité parmi les favoris pendant plusieurs années, l'Italien a tourné autour du podium. 6e en 2005 et 5e en 2006, il saute l'étape du podium pour directement l'emporter. Si son titre est inattendu, c'est parce que l'on sort de deux années de domination de la pépite belge, Tom Boonen, immense favori à sa propre succession. Tommeke tient son rang puisque c'est lui qui passe le premier à l'offensive dans le Mur de Grammont mais très vite, il comprendra qu'il n'a pas les jambes pour jouer la gagne. Ballan contre et n'est suivi que par Leif Hoste, encore lui. Décidément, chaque surprise est liée à Hoste ? Déjà en position de gagner en 2004, le coureur de la Lotto est attendu mais l'Italien le déborde sur la ligne. Cela sera là aussi le seul et unique Monument dans la carrière de Ballan, qui remportera néanmoins le mondial 2008 par la suite.


Stijn Devolder sur le Tour des Flandres 2008 :


Si sa victoire en 2009, la deuxième sur le Ronde, n'était pas une surprise, la première, elle, était inespérée. Sa meilleure place en six participations était une 21e place en 2004. Sur Paris-Roubaix une 18e place en 2007. Le Belge était plus vu comme un spécialiste du contre-la-montre mais son transfert au sein de la Quick-Step en 2008 a visiblement changé les choses. Il construit sa victoire en plaçant une attaque soudaine à 40 kilomètres de l'arrivée. Personne ne le suit. Forcément, qui est ce gars qui part seul ? Il est cependant rejoint par trois hommes, trois outsiders dont George Hincapie, son ancien équipier. Mais le champion de Belgique de l'époque a des jambes de feu et fausse compagnie à ses compagnons d'échappée à 29 kilomètres de l'arrivée. Personne ne le reverra malgré une bonne organisation de la poursuite. 15 petites secondes suffiront pour vivre l'une des plus grandes surprises du 21e siècle sur un Monument.


Nick Nuyens sur le Ronde 2011 :


Vainqueur en 2010, Fabian Cancellara est logiquement favori tout comme Tom Boonen. Alors que Sylvain Chavanel est échappé, son équipier Boonen place une accélération avant d'être contré par Fabian Cancellara. Ce dernier revient sur le Français avec notamment Nuyens dans la roue. Très fort, Chavanel se refait une cerise dans la roue du Suisse et parvient à suivre une nouvelle attaque de Cancellara à trois kilomètres de l'arrivée, tout comme Nuyens. Se dispute alors un sprint à trois et Nuyens va profiter que Chavanel soit bloqué par Cancellara pour franchir la ligne en premier et remporter le Ronde 2011. Cela faisait trois ans que le coureur de la Saxo Bank n'était pas rentré dans le top 10 d'un Monument. Il s'agit d'ailleurs de sa dernière victoire en carrière, lui qui en compte 20.

Les deux grands favoris, Cancellara et Boonen finissent respectivement 3e et 4e et le pauvre Chavanel 2e.


Alberto Bettiol sur le Tour des Flandres 2019 :


Très honnêtement, Bettiol semblait voler en cette année 2019. 4e de l'E3, il caresse souvent les pédales mais ne parvient pas à convertir. Mais sur le Ronde, son attaque est si tranchante que personne ne parvient à le suivre. Le coureur d'EF vole tout simplement. Personne ne le reverra malgré un groupe de 17 coureurs à sa poursuite. "J'ai fermé les yeux et j'y suis allé. Quand je suis arrivé au sommet, j'ai regardé derrière moi, et j'ai vu que j'avais fait un vrai écart. J'ai continué, j'ai appuyé. Ensuite ç'a été les 14 km les plus longs de ma vie ! ». C'est à ce jour sa plus grande victoire bien sûr, mais aussi son seul top 10 sur un Monument dans sa carrière. Il est d'ailleurs loin de briller depuis ce succès sur les Flandriennes mais annonçait en début de saison qu'il n'avait plus aucune excuse en 2022. Pour le moment, il est toujours loin du compte et sa victoire en 2019 reste un exploit aussi grand que surprenant.

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