• Romain Bougourd

Etape 3 : Sur les pas de Napoléon vers Sisteron

Direction la Haute Provence pour le Tour de France lors de cette 3e étape vers Sisteron, réputé pour sa citadelle et traversé par l’empereur déchu en 1815.

Sisteron et sa citadelle depuis les rives de la Durance.

C’est un début de Tour totalement provençal que découvriront les coureurs cette année. Et malgré le report à la fin de l’été, le soleil devrait être au rendez-vous de ces premières étapes de la Grande Boucle. Après deux journées autour de la métropole niçoise, le peloton s’élancera vers le nord-ouest pour rejoindre Sisteron, une petite merveille de 7500 âmes. « Les coureurs pourront être inspirés par les senteurs de Grasse en quittant l’arrière-pays niçois. Ils emprunteront ensuite la Route Napoléon, avec beaucoup moins d’obstacles que l’Empereur à son retour de l’île d’Elbe. Le final plat en vue de la Citadelle de Sisteron ne devrait pas contrarier les plans des équipes de sprinteurs », décrivait Christian Prudhomme lors de la présentation de la nouvelle édition du Tour. Les velléités d’échappées triomphantes pourraient être annihilées par les trains de sprinteurs, qui vont tout faire pour s’offrir la deuxième bataille du sprint, après celle prévue lors du Grand Départ, à Nice. Ils suivront donc la route Napoléon, que l’empereur déchu emprunta entre février et mars 1815 après son exil sur l’île d’Elbe. Avec plus de deux mille hommes, il choisit de rejoindre Grenoble en évitant les troupes royalistes de Louis XVIII placées en Basse Provence.


Un investissement touristique rentable


Il parcourt 325 kilomètres depuis Golfe-Juan jusqu’en Isère, en passant par Castellane, Digne-les-Bains ou encore Sisteron, avant d’arriver à Grenoble en traversant le massif du Vercors. Depuis 2015, de grands sentiers de randonnée ont été inaugurés pour les marcheurs et cavaliers souhaitant remonter le temps et marcher dans les pas de l’empereur. Pour les premiers, la marche impériale s’étend sur 165 kilomètres entre Grasse et Sisteron. C’est bien ce parcours que suivront les coureurs du Tour cette année, pour franchir la ligne d’arrivée dans « l’un des plus beaux villages de France », d’après Cyril Rouvier, directeur des sports à la mairie de Sisteron. Etape régulière du Paris-Nice depuis une dizaine d’année, en 2008, 2012 et 2018 notamment, Sisteron n’a accueilli qu’une seule fois la Grande Boucle, en 2010, mais uniquement au départ de l’étape remportée au sprint par le Britannique Mark Cavendish. Et déjà à l’époque, l’événement fut un grand succès pour la cité médiévale : « l’étape du Tour d’il y a dix ans nous a apporté une clientèle touristique pendant 3 ans, c’est assez exceptionnel pour nous », confie Cyril Rouvier, qui en espère tout autant cette année, malgré la crise sanitaire traversée.


Vue de Sisteron depuis la citadelle.

Il faut dire que cette fois, Sisteron sera à la fois ville d’arrivée de la 3e étape et ville départ de la 4e. Avec l’aide de la communauté de commune du Sisteronais Buëch et du conseil départemental, la ville a investi 200 000€ pour célébrer la course cycliste, auxquels s’ajouteront 50 000€ de frais d’organisation. Un investissement très important mais bénéfique. « Il est difficile de calculer les retombées exactes, mais rien que médiatiquement, c’est exceptionnel. Nous avons calculé que pour avoir un temps d’antenne qui met autant en avant la ville, il faudrait payer plus d’un million d’euros en publicité », détaille Cyril Rouvier, qui précise que le Tour reste la seule manifestation susceptible d’attirer autant le regard médiatique, avec le rallye de Monte-Carlo.


Une ville historique, de Vauban à Napoléon


Pourtant, la petite ville a de quoi séduire les touristes en quête d’évasion et de découvertes historiques. Des découvertes archéologiques datant de la Préhistoire et de l’Antiquité ont en effet été réalisées sur le territoire de la commune. Se promener dans la vieille ville aux murs médiévaux et au paysage radieux permet de se rendre, par un escalier souterrain construit au XIXe siècle, dans le véritable site remarquable de la ville, sa citadelle. Construite au XIIIe siècle, elle garde des traces de différentes époques architecturales, notamment une poudrière conçue par Vauban, maréchal de France sous Louis XIV, en 1692. Surplombant la ville du haut de son rocher, la citadelle, classée monument historique, offre une vue imprenable sur la Durance, qui coule au pied de la ville, la vallée et les montagnes. De quoi justifier le surnom de Sisteron, la perle de Haute-Provence, mais aussi donner de bonnes idées aux spectateurs du Tour, qui pourront admirer l’arrivée de l’étape sous un angle original.




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Par Romain & Titouan

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