Tour de France 2022 : les tops et les flops de Vélofuté

Après 3 semaines d'émotion et de spectacle, la Grande Boucle s'est terminée dimanche avec le sacre de Jonas Vingegaard. Une apothéose pour le cyclisme danois, à l'honneur depuis le Grand Départ de Copenhague. Voici les tops et les flops de trois semaines de bonheur, pour nous les suiveurs.


Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait le Tour de France acquis à la cause de Tadej Pogacar, double tenant du titre et insolent de domination tout au long de l’année, avec déjà 2 Monuments à son palmarès. On imaginait un nouveau duel 100% slovène, un bel affrontement VDP vs WVA, et un Fabio Jakobsen dominateur sur les sprints massifs, sur la lignée de sa saison impressionnante. Mais toutes ces hypothèses ont volé en éclat, et c’est une Grande Boucle pleine de surprise qui s’est achevé ce dimanche à Paris. Voici donc nos tops et nos flops d’un millésime 2022 exceptionnel.


Nos tops :

  • La Jumbo-Visma

6 victoires d’étapes avec trois coureurs différents, trois maillots distinctifs ramenés à Paris (jaune, vert, pois), et un sentiment d’invincibilité grandissant : la Jumbo-Visma a dominé ce Tour de la tête et des épaules. Du coup tactique flamboyant de Cap Blanc-Nez à l’étape d’Hautacam, la JBV a parfaitement illustré sa philosophie du « cyclisme total », terminologie empruntée au glorieux compatriote des Néerlandais Johann Cruyff. Pour résumer : 2 victoires en haute montagne, 2 sur un parcours accidenté, 1 en sprint massif et un chrono. Domination totale.

  • David Gaudu

C’est sûrement la plus agréable surprise de ce Tour de France. Alors qu’on pensait qu’il s’orienterait avant tout vers des classiques pour puncheur, David Gaudu a été intronisé leader indiscutable de la Groupama pour ce Tour de France. Beaucoup doutait de la véracité de cette information, d’autres ne le pensaient pas capables de tenir le rythme sur 3 semaines. Mais il s’est accroché, est monté au train pour ne pas exploser, quitte à lâcher les roues des meilleurs tôt dans l’ascension. Mais à l’image de sa montée du Granon, un modèle de gestion, il a tenu bon et mérite cette 4 place très prometteuse pour l’avenir.

  • Le spectacle au rendez-vous

Si le Grand Départ a déçu de nombreux suiveurs, la suite du Tour a été un véritable plaisir : entre le coup des Jumbo à Cap Blanc-Nez, l’étape dantesque vers Arenberg ou les ascensions accélérées du Télégraphe puis du Granon, difficile de faire une pause, c’est allé à 100 à l’heure. Un chiffre illustre d’ailleurs cette impression : 42,03 Km/h, soit la vitesse moyenne la plus élevée de l’histoire de la Grande Boucle. Au-delà de la vitesse, des attaques de partout et des leaders qui se découvrent, à l’image d’un Pogacar sur le devant de la scène du début à la fin. On ne s’est pas ennuyé et si toutes les éditions pouvaient être semblables à celle-ci, on signerait directement.

  • Le cyclisme danois

C’est une des nations montantes du cyclisme, aux côtés de la Slovénie : le Danemark était la grande star de cette édition avec un Grand Départ depuis Copenhague. Si les trois étapes danoises n’ont pas offert des bagarres de haute voltige, elles ont permis de voir des marées humaines magnifiques et une passion hors norme. Pour récompenser leur public, les 10 Danois ont réussi leur Tour : 4 victoires d’étapes (Vingegaard x2, Cort Nielsen et Pedersen) et le général du Tour, bref, une razzia.

  • Philipsen, plus titré des purs sprinteurs

On l'attendait, après avoir échoué sur le Tour de France 2021, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Philipsen n'a pas déçu. Sorti plus frais de la montagne grâce à de meilleures aptitudes que les autres, le coureur d'Alpecin Deceuninck a dominé le sprint des Champs Elysées. En plus de sa victoire à Carcassone, Philipsen finit donc avec 2 victoires d’étape et la 2e place au classement par points.


Nos flops :

  • Les équipes invitées (B&B, Total Energies)

On les attendait aux avant-postes sur chaque étape réservée aux baroudeurs, et avec de belles performances en montagne : il n’en a rien été. Une échappée rapidement avortée au Danemark, et d’autres mouvements peu concluants, bref, B&B et Total Energies n’ont pas « montré le maillot » autant que d’habitude. Heureusement que Peter Sagan et Luca Mozzato ont réussi quelques top 10 au sprint, pour ramener quelques points UCI.

  • Mas et la Movistar

Dans une saison particulière avec la lutte pour le maintien en World Tour, Movistar comptait sur Enric Mas et un top 5 sur la Grande Boucle pour prendre de l’air. Pari manqué : loin du compte en montagne, Mas a dû abandonner, positif au Covid. Peut-être la raison de ses contre-performances, mais il va falloir être au rendez-vous de la Vuelta sous peine de connaître une fin de saison compliquée. Petite satisfaction, le Tour de l’Américain Matteo Jorgenson, deux fois 2e et avec une belle 21e place finale.

  • La Bahrain

Elle était la meilleure équipe du Tour 2021, avec 3 victoires d’étape en prime. Mais la Bahrain Victorious a surtout fait parler d’elle pour les deux descentes de police dans leur hôtel, en 2021 et juste avant le départ du Tour cette année. Si rien n’avait été jugé anormal par les autorités, les soupçons n’avaient plus lieu d’être cette année : 0 victoire, personne dans le top 20, et un sentiment que les coéquipiers de Matej Mohoric n’étaient pas dans le coup. Un Tour à oublier.

  • Daniel Martinez

C’était une des questions au départ du Tour : qui de G. Thomas, A. Yates ou D. Martinez mènerait les Ineos Grenadier vers un habituel podium sur les Champs ? Si officiellement, le Gallois était le leader après son succès en Suisse, nombreux voyaient en Martinez la plus grande chance pour les Anglais. Mais le Colombien ne fut que l’ombre de lui-même, étant même incapable d’accompagner ses leaders en haute montagne. Heureusement pour les Britanniques, le leader désigné, le « G », a tenu son rang et poursuit la tradition Ineos, 8 fois sur le podium lors des 10 dernières années.


  • Caleb Ewan

Malchanceux, encore une fois, Ewan poursuit sa saison noire. Déjà bredouille sur le Giro, l'Australien n'a pas pu lever les bras. Pire, il n'a jamais été en mesure de disputer un sprint massif. Un bilan catastrophique pour celui qui devait sauver la Lotto Soudal de la relégation. On espère qu'il se relèvera vite. Courage Caleb.

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