• Titouan Lallemand

Tour de france 2021 : Récompense à l'attaque

Cette première semaine, particulièrement animée, et courue dans des conditions assez chaotique, a été marquante à bien des égards. Elle aura cependant récompensé l'offensive, à travers le chaos. Décrytpage d'un Tour de France 2021 unique en son genre.



Cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas connu un Tour de France aussi débridé. Si les conditions climatiques ont naturellement joué un rôle, le déroulement des premières étapes a rendu la course difficile à contrôler, aidant ainsi les coureurs offensifs à se mettre en valeur.


Un Tour de France de romance


Ce Tour de France a pris des allures de romance tant les histoires sont belles. Champion du monde en titre, le Français Julian Alaphilippe a remporté la première étape et conquis le maillot jaune, son grand objectif. Dès le lendemain, c'est Mathieu van der Poel qui fait coup double et parvient à faire ce que son grand-père, Raymond Poulidor, n'a jamais réussi, soit porter le maillot jaune. Un magnifique hommage à celui qui avait conquis le cœur des Français sur le Tour il y a tant d'années.


Si ce scénario était cependant attendu, voir Mark Cavendish remporter deux étapes fut une réelle surprise. Avec 32 victoires, le voilà à seulement deux succès du record d'Eddy Merckx. Décidemment, Deceuninck Quick-Step a le pouvoir de rendre les choses impossibles, possibles.


Des conditions difficiles


Il faut le dire, ce week-end alpestre a marqué les organismes. Avec plus de 8000 mètres de dénivelé en deux jours, courus sous la pluie et dans le froid (6 degrés à Tignes), les coureurs ont fait preuve d'une belle force de caractère, montrant que ce sport est unique. Car si la chaleur devrait arriver cette semaine, la pluie accompagne les coureurs depuis le départ de Bretagne. Sans être présente tous les jours, la menace est pesante. Des conditions difficiles qui ont favorisé certains coureurs. La chaleur devrait maintenant profiter à d'autres et ce changement climatique pourrait être aussi douleureux pour le corps.


Chute à l'avant du peloton


Cette phrase, rendu célèbre par Patrick Chassé, commentateur du jeu Pro Cycling Manager, n'aura jamais été aussi lourde de sens que cette année. Des chutes à répétition, notamment lors des trois premiers jours de course, ont marqué au fer rouge de nombreux coureurs et équipes. Les trois quarts du peloton ont dû toucher terre. C'est d'ailleurs à cause de ce nombre trop important de chutes que nous avons sorti notre billet : "En casse-patate".


Meurtries, de nombreuses équipes se retrouvent réduites en nombre ou en forces vives. C'est le cas de la Jumbo, qui a perdu Roglic au matin de la 9e étape et vu la totalité de ses coureurs toucher le sol. Pas une équipe n'est passée à travers et c'est probablement à cause de cela que la course est devenue si imprévisible et incontrôlable. Seule la formation du leader paraît en mesure de faire régner l'ordre. Et elle n'y a pas forcément intérêt tant l'avance de son leader est considérable. Attention à un scénario à la Pereiro en 2006.


Attaque à l'avant du peloton


Les écarts, rendus immenses à cause des chutes, mais aussi par la démonstration de Tadej Pogacar, qui en deux étapes a plié le Tour, rendent aux coureurs leurs caractères offensifs. A chaque fois que cela fut possible, Richard Carapaz a tenté. S'il n'est finalement pas beaucoup plus fort que ses adversaires directs, le leader de l'équipe Ineos Grenadier n'arrête pas d'essayer pour autant. Un trait de caractère très apprécié des suiveurs. Mais c'est surtout la présence de coureurs bien placés au général, dès la première semaine, qui rend ce Tour unique.


Par son scénario exceptionnel, la course est plus ouverte que jamais, que ce soit pour le podium ou le top 10. Et comme peu d'équipes ont les moyens de contrôler, bon nombre de coureurs se sont glissés dans l'échappée matinale. C'est notamment le cas de Ben O'Connor, qui a réussi le pari de remporter l'étape, mais aussi de remonter à la deuxième place au général. Guillaume Martin a lui réussi à intégrer le top 10 (9e), à 7 minutes de Pogacar ! Avec un tel retard, le Slovène ne paniquera pas si le Français réintègre une échappée dès mercredi.


Le chaos à tous les étages


Au matin de la première journée de repos, le 14e au général est pointé à 20 minutes de Tadej Pogacar. Encore plus impressionnant, le 3e au général est à plus de cinq minutes. Ben O'Connor, sans son échappée folle, serait lui relégué à au moins six minutes. Avec de tels écarts, on imagine et on espère le chaos pour tenter de remonter au classement. Une lutte terrible à suivre entre la 2e et 10e place.


Au maillot vert, l'élimination se fait par l'arrière. Entre Ewan qui a abandonné sur chute, Merlier et Démare hors délais, la lutte pour le maillot vert semble plus ouverte que jamais et surtout, n'est pas terminée. Le maillot vert semble une jambe au-dessus du lot lors des sprints mais la menace d'une arrivée hors délais plane pour le Cav. Derrière, Colbrelli et Matthews, les plus forts en montagne, espèrent un faux pas du Britannique tandis que Sagan, qui serait lui aussi dans le coup sans sa chute avec Ewan, espère faire un comeback comme sur le Giro 2021. Attention, Bouhanni ou Philipsen ont aussi une belle carte à jouer. Avec encore cinq arrivées au sprint, l'affaire est loin d'être réglée.


Pour le maillot à pois, Quintana a pris un léger avantage, mais va devoir se méfier de Woods, Poels ou encore Guillaume Martin. On espère voir enfin une bataille à la hauteur de ce beau maillot à pois à rouge. Il reste de nombreux points à distribuer. Rien n'est joué.


262 vues

Posts similaires

Voir tout