T. De Gendt : « Le maintien dépend des classiques»

Entouré de jeunes pousses dont la plupart disputent leur premier Grand Tour, nous avons rencontré un Thomas De Gendt détendu avant le départ de la Vuelta. Pourtant en pleine lutte pour le maintien, le meilleur baroudeur du siècle reste optimiste et clame sa fidélité au collectif belge.




Thomas De Gendt est un vieux briscard du peloton. A 35 ans, le Belge est sur la fin d’une carrière riche, en succès, en émotions et en déceptions. Malgré son expérience, il découvre cette saison un scénario inédit : celui de la lutte pour le maintien en World Tour. Une lutte passionnante mais éreintante pour les équipes engagées, d’autant que la Lotto Soudal est pour le moment relégable, à la 19e place. « En cette fin de saison, nous essayons de marquer des points tous les jours, à chaque occasion. Cela passe par des victoires d’étapes, de bons classements généraux mais surtout des places sur les classiques », nous confiait le natif de Saint-Nicolas, dans le Nord de la Belgique.


C’est peu dire que l’important sera surtout les classiques : emmenée par un Arnaud De Lie en grande forme et un collectif performant et expérimenté, la Lotto s’alignera sur 15 classiques .1 et .Pro pour obtenir son salut. « Le maintien ne dépend pas vraiment de l’équipe sur la Vuelta, mais de celle des classiques. Ici, nous sommes plutôt détendus », affirmait-il avant le départ. Il faut dire qu’avec cinq coureurs de moins de 25 ans et deux de 26 ans, la Lotto Soudal s’avance avec une équipe jeune, très jeune. « J’ai fait trois fois plus de Grands Tours que le reste de l’équipe, donc je vais sûrement pouvoir les aider », plaisantait De Gendt. Vrai : il a pris le départ de 22 GT, contre 8 pour le reste de l’équipe.


Le meilleur baroudeur du siècle


Pour autant, les Belges ne viennent pas en Espagne sans espoir. « Nous venons avec beaucoup d’ambition et avec l’objectif de remporter des étapes. C’est mon but premier », affirmait, d’un ton confiant, Maxim Van Gils quelques minutes plus tôt. Vainqueur sur le Saudi Tour en début d’année, le Belge de 22 ans a un potentiel à faire valoir, et saura profiter des conseils de son aîné de 13 ans. « Je vais essayer de conseiller les jeunes coureurs, notamment Maxim, même s’il est bien meilleur que moi au sprint. Je pourrai surtout aider les jeunes à partir de la 2e semaine, car la plupart d’entre eux ne connaissent pas ce type d’enchaînements », ajoute De Gendt. Et qui de plus légitime que lui dans ce rôle ?


En 14 années chez les professionnels, l’ancien de Vacansoleil-DCM s’est construit un fabuleux palmarès, au point d’être élu meilleur baroudeur du siècle dans notre classement dédié. 17 victoires dont 15 en WT, des étapes sur les 3 Grands Tours, bref, son armoire à trophées est bien remplie. « Sur les 10 plus grandes courses par étapes du calendrier, j’ai gagné partout sauf au Pays-Basque et sur Tirreno. J’en suis extrêmement fier, et mes deux rêves inaccessibles auraient été de gagner Liège et les Mondiaux. Mais cela reste un rêve », avoue le Belge.


S’inspirer de la Vuelta 2017


S’il ne se considère plus comme l’un des meilleurs baroudeurs du peloton - « c’est une question d’époque, j’ai succédé à Voeckler, Voigt mais aujourd’hui il y a Mohoric ou Wellens » - le barbu brun ne pense pas encore à raccrocher. Concentré sur la lutte pour le maintien, il n’envisage d’ailleurs même pas de quitter la maison en cas de relégation. « Nous serions tous très tristes, mais tous les coureurs sont attachés à l’équipes, et la grande majorité veut rester ici, même en Pro Tour. Et même en cas de relégation, nous pourrions courir les Grands Tours au moins l’an prochain », explique-t-il.


Effectivement, en cas de descente, Lotto démarrerait 2023 en tant que meilleure ProTeam et serait invitée à chaque course WT. Le vétéran belge aura donc de toutes façons l’occasion de compléter sa collection de bouquets l’an prochain. En attendant, il croit fort en de belles performances sur cette Vuelta. « En 2017, nous étions venus avec le même type d’équipe, des jeunes coureurs en cherche d’expérience et de développement. Beaucoup se demandaient ce qu’on venait faire là, mais je crois qu’on a plutôt bien marché », sourit-il. Avec 4 victoires d’étapes, dont une pour De Gendt, Lotto avait fait parler sa science de la course. 2022 ressemblera-t-elle à 2017 ? Les Belges en auraient en tout cas bien besoin.

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